‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 189 sur 282 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

le plus exposé. Cependant, Ornano ignorant ces dispositions , ou ne les jugeant pas capables de foire avorter ^on projet, s'avançait à la tête de cinq régiments de milices du Languedoc, et envoyait devant lui un détachement composé d'infanterie et de cavalerie, qui, passant par le grau de Leucate1, arriva, deux heures avant le jour, sous la porte d'Elne , dans l'intention de la faire sauter au moyen d'un pétard. Trouvant tout disposé k la bien recevoir, cette troupe n'osa rien entreprendre, et se rabattit sur Canet, qu'elle manqua aussi. Au bout de trois jours, les Français se retirèrent, saccageant Torreilles, Saint-Hippolyte, Saint-Laurent, et brûlant Villelongue. Ce dernier village fut plus maltraité qup les autres, parce que les Français apprirent que le premier avis de leur marche nocturne avait été donné de cet endroit. En effet, un Gentilhomme nommé Marcel Forner, qui l'habitait, les ayant vus passer, et s'étant assuré qu'ils allaient traverser la Tet , partit à toute bride , le long de la rive gauche, pour prévenir le Gouverneur de la ville. Le 12 mars de l'année suivante, cinq cents Calvinistes attaquèrent Vinça; mais ils furent repoussés par les habitants : huit cents hommes qui insultèrent Mosset, ne furent pas plus heureux, et, ayant voulu prendre leur revanche sur Eus, ils échouèrent de même. Dans le mois de uaai, trois mille hommes entrèrent du Comté de Foix en Cerdagne ; mais, battus dans la vallée de Carol par les gens du pays accourus de toutes parts, ils durent se retirer avec précipitation. Le 14 du même mois, une entreprise plus sérieuse fut faite sur 111e : trois mille hommes arrivés

1 Ce passage, souvent très praticable en été, et dont l'occupation de Leocate assurait rentrée aux Français , n'était défendu, du coté du Roussillon , que par une lour ruinée , appelée ta Tour del Grau. Les Cortés de 1585 avaient alloué 30.000 écus pour y construire un Tort château; mais on ne donna aucune suite à ce projet.

sous les mars de la Tille, en firent sauter une tour an moyen d'une fougasse, et pénétrèrent jusqu'à l'église, oè les habitants s'étaient retranchés. Le combat fut opiniâtre et dura deux heures ; les assaillants , exposés aux coq* partis du retranchement, aux pierres et aux tuiles lancées des toits par les femmes et les enfants, furent obligés de se retirer en désordre, laissant les rues jonchées de leu» morts, et sans attendre les troupes Tenant de Perpignan sa secours de la Tille. Le seul avantage retiré par les Français de toutes ces entreprises, fut la prise du château d'Opol tombé entre leurs mains le 19 mars de cette année. Ib cherchèrent à s'y maintenir, en le fortifiant. La pan \ 598. conclue à Verrins , le 2 mai 1 598 , entre la France et l'Espagne, mit fin sur la frontière du Roussillon \ des hostilités qui la désolaient sans aucun résultat. Philippe D ne survécut pas long-temps à ce traité , et mourut le 13 septembre 1 598. La Couronne d'Espagne passa h son tk Philippe III.

En rentrant sous la domination aragonaise, en 1485, le Roussillon parut regretter le Gouvernement français: et, cependant, dans le siècle suivant, il ne cessa de donner des preuves de son dévouaient k la Monarchie espagnole. La gloire du règne de Charles-Quint contribua beaucoup à ce changement : il fut opéré , surtout, par le soin que ce Monarque et son fils Philippe 11 , prirent de resserrer les liens qui attachaient l'Espagne h la Catalogne. C'est probablement dans ces vues qu'en 1585, Philippe II ordonna qu'en Catalogne, Roussillon et Cerdagne, pays formant une seule province, et gonieftéft par les mêmes lois, on se servit des poids et mesures usités à Barcelone, et on formât, dans chaque Vigaerie, une commission, de trois personnes, chargée de réduit en poids et mesures de la capitale les poids et mtsoR*

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