‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 19 sur 282 · SECONDE PÉRIODE · texte numérisé non relu

SECONDE PÉRIODE

DOMINATION ROMMNE,.

Neuf ans après l'établissement de la colonie de Nar- 409aT.J.-< bonne, un essaim de Barbares, venus du Nord (les Cambres, les Teutons) auxquels s'étaient joints quelques peuples gaulois , se jetèrent sur la province romaine des Gaules. Il n'entre pas dans notre sujet de raconter les défaites sanglantes des Romains sous les ordres de Sillanus, d'Aurélius, de Cassius, de Popilius, de Cépion, de Mallius, ni les exploits de Marius et de Sylla. Nous nous contenterons de dire que les Volces-Tectosages cherchèrent à tirer parti de l'invasion des Barbares, pour secouer le joug de la République, en s'unissant à eux. Les Cimbres, après leurs victoires, laissèrent les Teutons et leurs nouveaux alliés opposés aux débris des armées romaines, et pénétrèrent en Espagne; mais n'ayant pu s'y établir, à cause de la résistance que leur opposa le Préteur Marcus Fulvius, secondé par les Celtibériens, ils rentrèrent dans les Gaules. Les auteurs ne nous ont laissé qu'un récit très succinct des événements de cette guerre, antérieurs à la victoire de Marius. Ils nous assurent seulement que les Cimbres maltraitèrent beaucoup les

83 a?. J.-c. amis et les alliés des Romains. Serait- il surprenant qu'Illibéris, surtout si elle était en effet colonie espagnole, fût du nombre des villes qui restèrent fidèles a la République, et que, s'étant trouvée deux fois sur le chemin des Barbares, ils l'aient complètement ruinée? On ne saurait mettre en doute que cette ville éprouva, vers ce temps , quelque catastrophe , dont elle ne s'est plus relevée. Qualifiée du nom d'Oppidum (ville) par Tite-Livc, parlant du passage d'Annibal, Mêla ne lui donne plus que le nom de Vicus, et ajoute que ce bourg n'offrait que de bien faibles traces de sa grandeur passée et de son ancienne opulence.

Dans une capitale agitée par les factions, qui voyait souvent combattre à ses portes les armées des deux partis opposés, on s'occupait très peu d'une province éloignée. La guerre suscitée en Espagne par Sertorius, rappela les Romains vers les Pyrénées. Ce grand capitaine, apprenant que l'armée de Scipion, dont il se trouvait détaché, avait abandonné ce général pour se ranger sous les drapeaux de Sylla, et prévoyant la ruine de son parti en Italie, se décida a gagner l'Espagne, dont il avait été nommé Propréteur. Arrivé en Roussillon avec peu de troupes, il trouva les passages des montagnes gardés par les Espagnols. Ne pouvant s'en emparer de vive force , il y réussit au moyen d'un traité. Bien convaincu qu'il serait attaqué dans sa province, aussitôt que Rome obéirait à Sylla, il se prépara à la guerre, en s'attachant les habitants du pays, en levant des troupes, et faisant des approvisionnements d'armes et de munitions de toute espèce. Il confia la défense des délilés des Pyrénées, dont il connaissait toute l'importance, à Livius Salinator, a qui il donna un corps de six mille hommes. Sertorius ne s'était pas trompé : Sylla se pressa d'envoyer en Es-

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