‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 190 sur 282 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

usités dans le pays. Malheureusement, cette ordonnance eut, suivant toutes les apparences, le sort de beaucoup d'autres, dont l'utilité n'est pas contestée, mais dont on ajourne sans cesse l'entière exécution. Ces princes ne négligèrent pas non plus d'employer les hommes de mérite nés en Roussillon; de ce nombre furent : 1° le moine augustin Gaspar Py, mort & Perpignan, sa patrie, après avoir été confesseur de Charles-Quint ; 2° François Giginta, jurisconsulte, mort en 1569, régent de la Royale Audience de Barcelone. (Charles-Quint lui donna cette place , en récompense des sacrifices qu'il avait faits pour la défense de Perpignan en 1542); 3° Antoine Ros, savant jurisconsulte , mort à la fin du xvi* siècle, membre du Conseil Royal d'Aragon ; 4° Côme-Damien Hortola , que ses profondes connaissances dans le droit, la théologie et les langues anciennes, avaient fait choisir par Philippe II pour assister, comme Député de la Catalogne, au Concile de Trente.

La paix conclue en 1598 ne fut point troublée durant le règne de Philippe III. Les deux Puissances, long-temps rivales, parurent vouloir, en 1615, rendre cette paix durable, au moyen de la double alliance contractée entre les deux 'maisons régnantes. En effet, Louis XIII épousa la fille du Roi d'Espagne , dont le fils , depuis Philippe IV , épousait sa sœur Elisabeth. Mais la paix et même ces alliances n'empêchèrent point les deux Gouvernements de sfe susciter tous les embarras possibles, soit en donnant sous main des secours à leurs ennemis, soit en fomentant le mécontentement de leurs sujets respectifs. La politique de cette époque fournirait une abondante matière à l'écrivain qui se proposerait de décrire les intrigues des deux cabinets ; mais elle ne pouvait faire du Roussillon le théâtre d'événements de quelque importance. Aussi n'avons-

nous presque rien à dire sur l'histoire de ce pays depuis 1598 jusqu'en 1652. Contentons-nous donc de recueillir quelques faits locaux.

En 1602, l'Évéché et le Chapitre d'Elne, quoique conservant leur ancienne dénomination, furent transférés à Perpignan. Le 5 février 1605, il tomba dans la province une quantité extraordinaire de neige : on ne pouvait alto, disent les mémoires du temps, ni à pied ni k cheval dans les rues de Perpignan, couvertes partout de six palais (1 mètre 50) de neige. Les années 1609 et 1613 furent remarquables par une sécheresse extrême1. Le 14 juin 1614, il tomba a Perpignan une grêle si épouvantable, que la consternation y fut universelle : les annales duRoassillon et celles des notaires, dont les actes avaient alors une extension si précieuse pour l'histoire , n'offrent rien de pareil dans les temps antérieurs. Philippe III mourut le 51 mars 1621. A cette nouvelle, et par Tordre des Consuls, les boutiques furent fermées pendant neuf jouis; le cinquième, tous les crieurs publics, revêtus de manteaux noirs, et suivis des corps des métiers, parcoururent les rues de la ville, annonçant la mort du Roi au son des tambours et trompettes. Le neuvième jour, on devait célébrer un service pompeux; mais il fut différé,* parce que les Consuls, voyant arriver à l'Hôtel -de- Ville, où ils l'attendaient, le gouverneur D. Gabriel de Xatmar, précédé de deux massiers, droit qu'ils prétendaient leur appartenir exclusivement, refusèrent d'aller h la cérémonie. Elle eut lieu le lendemain, dans l'église de Saint-Jean : l'Évéque y

1 L«s Consuls ayant envoyé à l'alita)? de Sainl-Martm-du-Canigou prendre le» ithftfde saint Galdérir, les habitants dp Villefranrho s'opposèrent au paMagc. Grande run - Perpignan ; ou déploie lY-lendard de la ma armada : les corps rite métier, les Cherahm *

Saint-Onr^, se portent sur YiUefumne ; uu combat Rengage; il y eut de part et fvft' dés mnrt* et de> blessés; les IVrpi^n.mns l'emportent , ri la rha*.<c île saint lrtl*lérK b nui! entrée lri"itipliali> dan* leur ville-.

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