CHAPITRE QUINZIÈME
convention conclue le 20 février 1641 , et à livrer, en 1041. conséquence, Barcelone aux Français. Les troupes espagnoles , disséminées dans le Roussillon , et la presque totalité de la population de la province, suivirent leur exemple; de sorte que la garnison de Perpignan, trop faible pour tenir la campagne, se trouva dénuée de vivres. Pour la faire subsister, on fut réduit, dans le mois de mars, à enlever aux habitants toutes leurs provisions, ne leur laissant qu'une charge de blé par ménage. Le 19 mai, vingt-deux galères, chargées de grains, entrèrent à Collioure, et on dirigea cet approvisionnement sur Perpignan, d'où l'on retira des troupes de diverses nations, pour les transporter en Catalogne sur ces galères : les Espagnols comptaient y frapper de grands coups. Ces deux opérations furent exécutées fort à propos; car, déjà le 3 juin, quatorze mille Français entrèrent en Roussillon par la Salanque, et se présentèrent, le 5, devant Canet, dont la garnison, forte de cent cinquante hommes, après avoir fait mine de vouloir se défendre , se rendit prisonnière de guerre, et Ait conduite en France. Maîtres de ce fort, les Français marchent sur Elne ; font une suspension d'armes avec la garnison , et s'avancent vers La Roca-d'Albère. La garnison de ce château, composée de Wallons et d'Italiens, le rendit le 13, moyennant la liberté de se retirer à Perpignan, avec armes et bagages. Le siège d'Elne commença le 14; la ville se rendit le 28, et douze cents Napolitains, qui s'y trouvaient, prirent parti dans les troupes françaises ou catalanes. A peine maîtresse d'Elne, cette armée eut ordre de marcher au secours des Catalans occupés au siège de Tarragone. Elle partit, en effet, laissant seulement en Roussillon quelques compagnies d'infanterie et de cavalerie françaises ou catalanes, chargées de garder Thuir, Millas, Elne, Canet, Claira et Rive-
galtes. Deux Roussillonnais, D. Gaspard de Llupia etD. N. de Villanova, commandaient, l'u^ à Thuir, l'autre à Mi 11 as. La garnison de Perpignan, entourée d'ennemis, ne pouvait se procurer des vivres qu'en faisant des coursa; qu'en livrant de petits combats, où elle perdait toujours*! monde. Des partis s'approchaient souvent de ses murailles. d'où on devait les repousser au loin. L'impuissance où l'on se trouvait, des deux côtés, d'entreprendre quelque chose de décisif, prolongeait ainsi une guerre ruineuse pour le pays, dont tous les villages étaient successivement pillés, les uns pour avoir été fidèles au Roi d'Espagne , les autres pour avoir embrassé la cause des rebelles.
Pour ne point fatiguer le lecteur, nous nous contenterons de mentionner les affaires les plus considérables: cela suffira pour donner une idée de la manière dont se faisait cette guerre.
Le 13 septembre 1641, les Français et les Catalans, voulant enlever les chevaux de la garnison, qui p&turaieat auprès du Vernet, celle-ci lit une sortie, et les poussa jusqu'à Rivesaltes; mais, ayant voulu les y attaquer, elle perdit cent cinquante hommes, et fut obligée de se retirer. Le 26 du même mois, il y eut une vive escarmouche, entre un parti sorti de Perpignan et la garnison de Canet. qui perdit cent hommes, et fut repoussée jusque dans son château. Le 16 octobre, les Français, venus de Bages, joints aux Catalans, sortis d'Elne, tombèrent sur un poste de cavalerie placé k la tuilerie dm Jorda, près de la ville; tuèrent quelques cavaliers, en prirent une vingtaine, et se retirèrent sans avoir souffert aucun mal du canon tin? de la citadelle. Ce jour-la même, uu fort détachement partit de Perpignan, à neuf heures du soir; marcha sv Hages; enleva le cantonnement; saccagea le village, et l'ut de retour, le lendemain, à cinq heures du matin. t>