CHAPITRE QUINZIÈME
s'avançait vers les Pyrénées, avec quinze mille hommes de pied et quatre mille chevaux qu'il passa en revue, a Lyon , dans les premiers jours de février. Le Maréchal de la Meilleraye commandait cette armée , ayant pour Lieutenant-Général Turenne, et pour Maréchaux de Camp, d'Espenan, d'Argicourt et de Tréville. Le Roi arriva a Narbonne le 10 mars; le 12, le Maréchal fit attaquer Argelès, où trois cents Espagnols se rendirent prisonniers de guerre, après avoir essuyé cent soixante coups de canon. Tandis que les troupes déjà établies en Roussillon continuaient à bloquer la capitale, la Meilleraye s'avança vers Col Hou re, et l'investit le 16 mars. Le Marquis de Mortara y commandait une garnison de trois mille hommes : il en avait établi deux mille sur les hauteurs environnant la place, au pied desquelles était postée l'avant-garde française, formée par le premier bataillon des Gardes, que commandait Fabert. Le Maréchal faisant grand cas de cet officier, lui fit dire de venir lui parler; mais Fabert, ne pouvant lui pardonner d'avoir, en sa présence, donné aux Gardes le nom de chanoines de l'armée, parce que depuis deux ans ils suivaient la Cour, s'obstina à ne point quitter .son poste, et répondit: «Qu'il était, avec son « bataillon, prêt à exécuter tous les ordres qu'il voudrait lui c<envoyer.x> La Meilleraye, comprenant, sans peine, le motif de son refus , alla lui-même le trouver, le priant d'oublier ce qui s'était passé, et de ne point en garder rancune; il ajouta : « Je tiens fort à connaître votre avis; quel est-il? « — C'est d'attaquer, répond Fabert. — Hé bien, marche, a dit le Maréchal, et prenez la tête de l'attaque.» Les Espagnols furent chassés de la position après un combat très vif; les Gardes françaises emportèrent l'épée k la main un petit fort défendu par cent Espagnols; les Gardes suisses enlevèrent de même le fort neuf, encore plus rapproché
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de la place. On ouvrit la tranchée, la nuit du 17 au 18, do côté de la tour de Sainte-Thérèse1. La nuit suivante, la assiégés firent une sortie, qu'ils ne poussèrent pas très vigoureusement. Le lendemain, six cents fantassins, soutenus par cent cinquante cavaliers, attaquèrent la tranchée, et en chassèrent les assiégeants, qui la reprirent sans donner aux Espagnols le temps d'emmener six pièces de canon, dont ils s'étaient emparés. Le 24, les Gardes françaises et suisses, soutenues par le régiment de Champagne, prirent la tour Sainte-Thérèse de vive force ; les troupes qui h défendaient furent passées au fil de l'épée. Tous les efforts des Espagnols pour secourir Collioure, avaient échoué: trois brèches étaient ouvertes; et, cependant, on avait jugé l'assaut impossible, avant d'avoir détruit une tour qui avait des vues sur les brèches. On essaya de la faire sauter par la mine. L'effet n'ayant pas répondu k l'attente, les assiégeants se décidèrent k attaquer les trois brèches à la fois: elles furent emportées en moins d'une heure. Les assaillants ne perdirent que douze hommes, parce que la garnison se retira au château, après avoir fort mollement combattu. Tous les ouvrages étaient plongés ou pris de revers des hauteurs de la tour Sainte-Thérèse , dont les bombes ayant détruit la citerne, le manque d'eau obligea les assiégés à capituler le 11 avril : les Français y entrèrent le 15. Collioure pris, le Maréchal resserra le Mocss de Perpignan. Louis XIII se rendit devant la place le 33 avril, et établit son quartier dans la métairie de Jean Paul1, tout près du village de Saint-Estève : il avait avec lui, les Gardes françaises et suisses, les chevau-légers de la garde, les chevau-légers et les mousquetaires du Cardinal. Le Maréchal campa dans un vallon , auprès de l'aqueduc du
I G'tif t'.mi fut ciiglolnV dans la construction du Miradou , en Itï7f . • K1k> ap|Mrti>»iii mamtciunt à la nifrf de l'auteur de cet oanife.