CHAPITRE QUINZIÈME
ruisseau royal, avec le lieutenant-général de Turenne, ayant sous ses ordres le» régiments d'infanterie de Champagne, d'Effiat, de Béarn, d'Espenan, les compagnies royales, et environ six cents chevaux; le Maréchal de Schomberg commandait les troupes du blocus, dans la partie au nord, dont les régiments d'Enghien et de la Meilleraye, cavalerie, furent postés k Pia : Enghieo , Conti et Polignac, infanterie, avec Brissae et Céran , cavalerie, s'établirent a Bonpas, chargés d'étendre leurs postes jusqu'à la tour de Castell-Rossellô , où venait aboutir la droite du corps de la Meilleraye ; le régiment italien de Mazarin fut placé entre Bonpas et Saint-Estève. L'armée était forte de vingt-deux mille hommes d'infanterie, et de quatre mille de cavalerie, y compris treize cents gentilshommes volontaires , commandés par le Duc d'Enghien , depuis grand Condé. Décidés k prendre la ville par famine, les assiégeants formèrent une circonvallation, qui, partant de la hauteur du moulin au midi, suivant la crête des collines jusqu'au chemin d'Espagne, traversait la Basse et la Tet, au moyen d'estacades; allait de Malloles à Saint* Estève , de 1k k Bonpas , et par un retour, venait se rat* tacher k Castell-Rosselltf ; la cavalerie occupait l'espace entre la tour et la route de Collioure. Voulant abréger les lenteurs d'un blocus, on proposa au Gouverneur, marquis Flores d'Avila, une capitulation honorable, lui offrant même de permettre k un de ses officiers de parcourir les cantonnements de l'armée, afin qu'il pût rendre compte au Roi d'Espagne de l'impossibilité de défendre long-temps la place contre une armée aussi formidable, et obtenir l'autorisation de la rendre, pour sauver la garnison : le Gouverneur rejeta ces propositions. Il s'aperçut, d'ailleurs, de bonne heure, par l'espèce des travaux exécutés contre la place , qu'on voulait la réduire par un blocus rigoureux ,
et non par un siège en règle ; il ne songea donc qu'à épargner ses provisions, et qu'à maintenir sa garnison en bon état, la ménageant autant que possible, afin de pouvoir s'en servir avec énergie, si la flotte espagnole, souvent en vue de la côte , parvenait k opérer un débarquement pour jeter un secours dans la place. Il se contentait d'inquiéter les lignes ennemies avec son artillerie, et de fatiguer les assiégeants par des sorties fréquentes, mais faibles, et conduites avec circonspection. Vers les premiers jours de juin, le Roi de France étant tombé malade, se retira à Narbonne : les Maréchaux de la Meilleraye et de Schomberg restèrent chargés du siège. Perpignan, bloqué depuis plusieurs mois, commençait k manquer de vivres. Les efforts de la flotte espagnole , pour aborder la côte , soutenaient la constance de Flores d'Avila; mais, toujours repoussée par les vents, elle fut obligée de se réfugier aux iles Baléares. Alors le Gouverneur, perdant lout espoir, proposa , le 29 août , de rendre la place le 9 septembre , s'il ne recevait , avant cette époque , un secours de deux mille hommes d'infanterie, mille chevaux et deux cents charges de vivres. On accepta ses propositions, et le secours n'étant pas arrivé, il rendit, le jour convenu, la ville et la citadelle. On y trouva un arsenal des mieux fournis : il contenait des armes pour vingt mille hommes, cent vingt pièces de canon , trois cents milliers de poudre, etc. Le siège de Salses fut aussitôt entrepris, et le gouverneur, D.Henriqucz de Quiroga, après s'être vaillamment défendi jusqu'au 25 septembre, proposa de rendre ce fort le 29, s'il n'était pas secouru, ce qui eut lieu en effet. Les deux garnisons de Perpignan et de Salses obtinrent les honneurs de la guerre, et furent conduites en Espagne par Elue , Colliourc , Banvuls, la Selva et Roses, en suivant l'antique chemin do In rote. Le Cardinal voulait iain»