‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 207 sur 282 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

Le 12 mai, Thérèse de Campredon , Dame de Foix 4662. et Béarn , jeune et belle , appartenant aux plus nobles familles du Roussillon , fut décapitée k Perpignan , après avoir subi quatre fois la question, sans qu'on pût lui arracher un aveu. Inculpée dans l'assassinat d'un Gentilhomme nommé San-Dionis, qui, d'après l'information, avait été son amant, et condamnée, ainsi que plusieurs complices, k la peine de mort par le tribunal suprême, des traditions dignes de foi portent k croire, que des causes politiques eurent plus de part que des intrigues galantes au terrible résultat de cette remarquable affaire. San-Dionis fut frappé de cinquante-deux coups de poignard, dirigés -contre le dénonciateur d'une conspiration, tendant k se délivrer de la domination française, k laquelle le Roussillon fut long-temps rebelle. La réunion de toute la Noblesse auprès du mari pendant l'exécution de la femme, vient k l'appui de cette assertion, soit que ce fût le vrai motif, soit qu'on voulût ainsi masquer la honte d'un assassinat.

Révolte dans le Vallespir au sujet des gabelles. Les 4668. Angelets , nom que prirent les révoltés, résistèrent, avec avantage, aux troupes envoyées pour les réduire dans la haute vallée du Tech. Sagarre, qui s'était mis k la tête de l'expédition, fut battu, et forcé de se sauver dans la plaine; toutefois, les gardes du sel tinrent bon dans le Castell-PériUoux et le fort Lagarde, qui dominaient Prats-de-Mollé. , Yauban , dont le premier voyage en Roussillon date de cette époque, dépeint pittoresquement les habitants de cette frontière : « Gens aguerris , dit-il , qui , du moment « qu'ils ont porté l'obédience k l'un des partis , ne font « pas difficulté de tirer sur l'autre; aimant naturellement « l'escotipéterie, et comme se faisant un grand plaisir de « chasser aux hommes. » C'était a des bandes de cette

tC70. trempe qu'avait affaire Sagarre. Il fallut, qu'en 1670, on corps régulier de quatre mille hommes, sous M. de Chamilly, officier général des plus distingués, dispersât ces bandes, et obligeât Tr in chérie, leur chef, à se réfugier en Espagne. Cette circonstance décida à construire If fort des Bains, pour battre le débouché de la vallée, et

<G~'<. intercepter le passage. A peine terminé, ce petit fort résista vigoureusement à l'attaque des Espagnols, sous le Duc de San -Germa; tandis qu'à la même époque, le château de Bellegarde, que sa position rendait en quelque sorte inexpugnable, se rendit honteusement.

Nous devons mentionner une conspiration d'une assez grande importance, découverte k Villefranche, le 20 mars de cette année , ayant pour but de livrer aux Espagnols cette place, ainsi que Salses et Perpignan : elle fut énergiquement réprimée par l'action ferme et habile de Sagarre. dont le dévoûment à la France excitait l'antipathie des Roussillonnais. Fidèles de cœur à la mère patrie, on De doit pas s'étonner qu'ils nous aient dépeint, sous d'affreuses couleurs , l'homme qui cimenta du sang des conspirateurs la réunion définitive de la province conquise.

jr>75. L'armée espagnole, secondée par les peuples de la Cata-

logne et les menées secrètes de la Noblesse du Roussilloo, avait eu des avantages marqués sur l'armée française; mais on dut l'affaiblir alors pour envoyer des renforts en Sicile. La fortune changea : les Français reprirent Bellegarde, qti ne tint que quatre jours. Rentrés dans l'Àmpourdan , ils eurent d'abord des succès, qui bientôt furent suivis <k revers. Enfin, après une série d'opérations militaires qu'il serait superflu d'énumérer, le traité de Nimègue, du H1

K,78. a°ùt 1678, mit un terme a la Guerre.

La même année, par un simple ordre du Roi, rÉvêrln d'Elnc rentra sous la Métropole de Narbonne.

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