CHAPITRE SEIZIÈME
Les campagnes des années précédentes avaient fait 4<>79. sentir la nécessité de renforcer la frontière , en améliorant les postes qui existaient, et en créant un établissement solide au sommet de la vallée de la Te t. Vauban, l'ingénieur le plus distingué de son siècle, visita tous les points fortifiés, et présenta des projets qu'on s'empressa d'exécuter. I ,es défenses de Bellegarde furent surtout considérablement accrues. La construction de Mont-Louis donna une place de dépôt, indispensable aux armées opérant par la vallée de la Tet, ou destinées a envahir la Cerdagne espagnole.
À la même époque remonte le projet de création de Port-Vendres, sur les vives instances de Vauban , qui ne concevait pas « qu'on eût négligé une position aussi im- « portante, pour s'établir à Gollioure, place sans port et « sans eau. » Les travaux ne commencèrent qu'en 1692 : on donna au port une profondeur de seize pieds, suffisante pour les galères.
Reprise de la guerre. Siège de Gtrone par le Maréchal igbî. de Bellefonds, qui fut obligé de le lever.
Un édit de Louis XIV érige l'Hospice de la Miséri- J68& corde , à Perpignan , en hôpital général « où seront en- « fermés tous les pauvres valides ou invalides, de l'un et « de l'autre sexe, pour y être instruits et occupés. »
La guerre continue avec des chances diverses. Le Due pe igho à de Noailles, nommé au commandement de l'armée de Ca- 1697. talogne, arrive à Perpignan le 30 mars 1689. A la tête d'un très faible corps, il manœuvre avec habileté ; et, favorisé par la disposition des Catalans, animés contre la domination autrichienne, il soutint, pendant six ans, la supériorité de nos armes, et s'empara de Girone, tant de fois assiégé sans succès. Les excès de nos troupes, auxquelles nos Généraux donnaient l'exemple, firent perdre la Catalogne. Vendôme succéda, en 169o, au Maréchal de Noailles :
il prit Barcelone. On eut beaucoup à se louer, dans cette guerre, du service des somatens, ou milices de la province. Paix de Riswick.
noo. Mort de Charles II, au mois de novembre; testament
en faveur du Duc d'Anjou, que Louis XIV se décida ï accepter. Cet événement changea la face de l'Europe, et alluma un incendie général , qui n'eut , au reste , pour le Roussillon, d'autre effet que les passages de troupes et les expéditions d'objets de tout genre, que nécessitèrent les mouvements des armées en Catalogne jusqu'à la paâ d'Utrecht, en 1713.
De noo à On doit rapporter a cette période, la régénération poli-
4 720. tiqUe du Roussillon. L'introduction de la langue française dans les actes publics; son usage parmi les classes élevées, furent des pas immenses dans cette voie. Ceux qui mettaient encore en question si la réunion de cette province k la France, avait été favorable ou contraire à ses intérêts. témoins des maux auxquels la Catalogne était en proie, apprécièrent enfin l'avantage de ne plus voir le Ronssilloa devenir, dans toutes les guerres, le champ de bataille des armées.
1707. Le 8 octobre 1707, uu convoi de poudre, composé de
sept charrettes, venant de Canet, prit feu entre la barrière et la porte de la ville. L'explosion abima tout au-dessus do sol ; elle n'eut aucun effet au-dessous : les arches du pont ne furent pas même ébranlées. C'est un fait très remarquable, que n'ont pas manqué de citer les ingénieurs dans les traités de mines ou d'art militaire.
1722. De plusieurs ordonnances de police rendues à cette
époque, il résulte que la plupart des rues de Perpignaa n'étaient point pavées, encore moins éclairées; quoi n'avait, pour éteindre les incendies, que le faible secours de seringues de forte dimension , etc., etc.