CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
partie occidentale, au-delà du Pont den Bastit1. Des maisons s'intercalèrent bientôt entre tous ces couvents et la ville; l'accroissement de la population eut naturellement cet effet, comme il engagea Jacques 1er de Majorque à créer, en 1276, une seconde place de tabellion. La vieille ville était limitée, au nord, par le rempart qui va de Saint- Jean à la porte du Sel ou de la Sal; le ruisseau royal venait toucher les fortifications à ce point, et bornait la ville au midi et a l'orient, parcourant la rue des Augustins, le Marché-Neuf, la rue de la Fusterie, le Marché-au-Blé, la place de l'Huile, se dirigeant de là vers la rue de la Manega, pour sortir à la porte de YÀxugador, située entre Saint- Jean et Saint-Dominique. Les Souverains du pays avaient établi leur demeure au château, renfermé aujourd'hui dans la citadelle. On ignore l'époque de la construction de cette résidence fortifiée. On a prétendu qu'elle avait été habitée par les Comtes de Roussillon, et l'on en donne pour preuve l'existence, dans le voisinage, d'un bois appelé bosch del Compte, que les fortifications modernes ont fait disparaître. Quoi qu'il en soit, déjà en 1285, ce château était vaste et fort; une issue souterraine aboutissait au loin dans la campagne. Résidence ordinaire des Rois de Majorque, c'était aussi la demeure des Rois d'Aragon, lorsqu'ils venaient à Perpignan. On y voyait, probablement, une espèce de parc, puisqu'on y élevait, en 1395, des cerfs et des paons. Le terrain attenant, planté de figuiers, était arrosé au moyen d'une noria, construite, en 1598, par un menuisier
I Le Frère Ange Delpas, né à Perpignan , avait fait profession dans cette Maison. Mort à Home , eu 1596 , Vicaire-Apostolique , ayant refusé , par humilité , le chapeau de Cardinal , que voulait lui donner Sixte V, il fut placé au nombre des Bienheureux par ce Pape , qui vénérait ses vertus : il appartenait à la famille des Marquis de Saint-Marsal , dans laquelle était venue se fondre celle de Campor relis, des plus illustres de la Catalogne, comptant parmi «es ancêtres Bernard d'Entensa , oncle du Roi d'Aragon Pierre III.
de Perpignan. (Cari. Roussill.) Le premier pas, pour h réunion de la nouvelle à la vieille ville, fut fiait le 89 juin 1293, jour où l'on établit la Halle -au -Blé dans l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui , auprès de k porte d'Elne, est-il dit dans la charte donnée à ce sujet, au-delà des murs et dans les fossés de la vieille ville. Une transaction, des calendes de mai 1295, désigne le terrain compris entre le château et l'ancienne enceinte, comme situé dans la ville, mais extérieurement k ses anciens remparts.
Jusqu'à la fin du xme siècle, la ville ne forma qu'une paroisse, celle de Saint-Jean, dont le Chapelain majeur était le Curé : depuis 1250, ce Bénéfice était réuni à l'Evéché, dont le titulaire avait le droit de s'emparer des meubles existants dans la chambre des habitants ao moment de leur mort. Il l'abandonna, en 1267, pour une pension de mille sols melgoriens, qu'il échangea, le 5 des nones de septembre 1270, contre une portion des dîmes de divers territoires. Le pape Clément V, par un bref do 12 des calendes de février 1508, confirma ce concordat passé entre l'Évêque et les Consuls. Saint-Jean ' était l'antique paroisse de la ville en 1285; car son Sacristain retirait les offrandes et la cire de Saint-Jacques * et des autres églises. Le A janvier 1500, le Roi de Majorque vendit aux Consuls de Perpignan, remplacement de l'église et du cimetière de La Real, pour y créer une église paroissiale. Ce terrain, appartenant aux Frères de la Pénitence, avait été vendu par l'Évêque d'Elne à l'Abbé de Saint-Michel, de qui le Roi l'obtint par voie d'échange.
1 Perpignan n'.iv.iit pas d'autre t^hsc en ! lïn», 1<t> de la mort du roi Alphonse Il «TAnc» i - Ikuw un testament du 7 de» calcnde» do juin HU\, un trouve uu kgt pour IVfiis**
S.::nt-J.i«f|uf> du Puy de Perpignan, ('.cite vç\\*ct d'apre* iiq acte du 7 de* cil. A'»\u\ tîî».
si.ut ><>u? rmw".«ti.>n de S.rnt -Jacques , d<* Suint -I.ur et de Siiinte-llarie-llagdfUiir