‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 218 sur 282 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

paroisse de Saint-Jacques ; il y renonça , à leur prière , se réservant, cependant, la faculté d'y établir des étrangers, et ceux des bourgeois qui voudraient y aller habiter. On se contenta, pour le moment, d'y bâtir quelques maisons, continuant d'entourer l'ancienne ville de murs et de fossés. Le pont sur la Tet existait déjà en 1196, année où Pierre II le donna, avec quelques terrains abandonnés par la rivière et des jardins attenants, aux Hospitaliers, qui furent chargés de son entretien. Cette même année, la ville , administrée jusqu'alors par les ordonnances du Roi ou des Officiers royaux, acquit réellement le droit de Commune, avec la faculté de gérer ses affaires par le ministère de cinq Consuls, que nommaient ses citoyens. La charte concédée par Pierre II, est du 24 février 1197. D'après la teneur dudit acte, le renouvellement des Consuls avait lieu le 1er mars de chaque année; ils devaient être nommés par tous les habitants. Le Roi, en confirmant de nouveau cette charte, accorde aux Consuls le droit de poursuivre à main armée, de concert avec le Bailli royal et le Viguier, celui qui aurait fait tort ou injure à un habitant de Perpignan, lorsque le délinquant, mis en demeure, refuserait de réparer le mal. Il ordonne à tous les bourgeois, dans un cas pareil , de suivre les Consuls, le Bailli et le Viguier, sous peine d'une amende de dix sols, applicable a la construction des murs de la ville; leur défendant, en même temps, de commettre aucun acte d'hostilité, envers qui que ce soit, autrement que sous les ordres de ces magistrats. Le 15 des calendes d'octobre 1207, le même Roi, en confirmant les Usages de Perpignan , ordonne que tout propriétaire, dans la ville ou son territoire, qu'il soit noble, clerc ou moine, contribue, en raison de sa propriété, à la construction des fortifications, et recommande à son Bailli de veiller à

l'exécution de cette ordonnance. Quelque zèle que mit ce Prince k poursuivre l'achèvement de eet ouvrage, <n voit, par les ordonnances de Jacques -le -Conquérant, en 1242 et 1262; par celle.de Jacques Ier de Majorque, en 1287, que, durant tout le xme siècle, on ne cessa de construire ou réparer les murs de la ville. Cependant, les effets de la charte instituant la commune , se firent bientôt sentir par un accroissement de prospérité et de population. Les Juifs, qui se jettent avec empressement partout où le commerce leur offre quelque profit, s'étant introduits k Perpignan, comme nous rapprend la reine Yolande, femme de Jacques Ier, dans sa charte datée de Collioure, le 16 des calendes d'avril 1250, elle leur enjoint de déguerpir de la ville, pour aller s'établir » Puy des Lépreux. On peut conjecturer qu'ils n'étaient venus à Perpignan qu'après 1160; car le rabin Benjamin de Tudéla, dans la relation de ses voyages, publiée cette année, notant tous les endroits où il trouvait des Israélites , nous apprend qu'ils étaient très peu nombreux à Barcelone et a Girone; il en compte trois cents à Narbonne, et ne dit pas un mot de ceux de Perpignan.

Tandis que le Puy des Lépreux se peuplait de Jaifc expulsés de la ville, des moines s'établissaient autour de son enceinte : vers la porte d'Elne, au-dehors, les Religieuses (le Sainte-Claire, en 1589; au-dedans, celles dr Saint-Sauveur, en 1258; les Mercenaires, en 1263, bâtis* saient leurs couvents sur les emplacements où on les voyait encore en 1789. Déjà, les Dominicains, en 1343, avaient reçu de Jacqiies-le-Gonquérant , l'ancienne maison des Lépreux, où ils se fixèrent peu après; vers ce mémr temps , les Frères de la Pénitence occupaient le terrain où est aujourd'hui l'église de La Real. Depuis 1218, les (lonleliers axaient construit de vastes bâtiments dans la

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