‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 222 sur 282 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

ciel pariatgc, fut fixé, dans le principe, à une obole ou demi -denier par livre. On sentit, bientôt, la nécessité d'avoir un local pour y placer les archives du Consulat de Mer, et le siège de ce tribunal. Le roi Martin, par ordonnance, rendue à Barcelone le 20 septembre i397, autorise les Consuls de Mer à prélever sur ce nouveau droit une somme de 4.000 florins d'or d'Aragon , pour construire une Bourse ou Loge (Append., n° 20). Le nom de Loge passa, de cet édifice, à la place sur laquelle on l'éleva. Le commerce de banque était alors très considérable k Perpignan. Déjà, en 1559, Pierre IV avait assimilé les banquiers de cette ville a ceux de Barcelone, en les assujettissant, comme eux, à un cautionnement de 2.000 marcs d'argent; ceux des villes moins considérables ne le fournissaient que de 1.000 marcs. Il y avait une Banque à Perpignan : nous croirions volontiers qu'elle dut son origine à la Caisse communale, où l'on versait d'abord les revenus de la ville, et d'où l'on tirait les fonds pour ses dépenses. Les particuliers prirent l'habitude d'y déposer des sommes d'argent et des objets précieux. Sous le nom de Tarda, elle faisait déjà des mouvements de fonds au temps des Rois de Majorque. D'après une ordonnance rendue le 27 mars 1457, par Alphonse V, à la demande des Consuls, pour donner de la confiance aux étrangers, il fut prescrit qu'on ne pouvait saisir les dépôts que pour les dettes propres des déposants. Le 18 juin 1408, un règlement, dressé par les Consuls et par neuf citoyens, pris trois dans chaque classe, fut approuvé par le Roi. On y voit que les dépôts judiciaires devaient être versés a cette banque, ouverte trois fois par semaine, deux heures le matin et deux heures le soir. On vérifiait la caisse , une fois par semaine, devant tous les employés, et les Consuls inspectaient la Banque une fois tous les mois.

Cette cité, si commerçante et si peuplée, n'avait cependant qu'une fontaine, appelée, comme aujourd'hui, la Font Nova. Des lettres -patentes du roi Martin, datées du 6 octobre 1 406 , nous apprennent que sa source ayant tari depuis peu, le Roi en avait concédé aux Consuls une autre, récemment découverte a un demi-quart de lieue de la ville. Ces magistrats s'empressèrent d'amener partie de cette eau à l'ancienne fontaine, et disposèrent du reste en faveur de la fontaine des Carmes, qu'ils construisirent alors. Au commencement du siècle suivant, on se servit de cette même source pour alimenter une troisième fontaine, dite de Na-Pinearde; mais, comme ces eaux sont peu abondantes, souvent en été, les trois fontaines seraient à sec, si le ruisseau de la ville ne venait à leur aide. Quant a la fontaine de l'Hôpital , sa source est dans l'intérieur de la ville, auprès du puits de las Colominas. Elle fut construite, suivant Bosch, en 1451. Des actes publics de 1555. et les registres de l'Hôpital, prouvent, suivant Fossa. qu'on ne la termina que cette année.

Des travaux exécutés avec constance par les divers Souverains du Roussillon , avaient fait de Perpignan une place de guerre importante pour le temps ; l'ancien château des Rois de Majorque lui servait de citadelle, du rôti* du midi. Sa principale défense, au nord, était un fort, construit en bonne maçonnerie de briques , ap|telé I*1 Castillet : on ignore l'époque de son établissement; on sait seulement qu'en 1106 Louis XI, voulant apparentment le transformer en prison d'Etat, fit démolir les maisons qui lui étaient adossées, et fermer la porte d'entrée de la ville, qui le traversait, pour la transporter un peu à droite, où existe aujourd'hui la porte Notre-Dame. M. Henrv cite une sentence arbitrale de Tan 1450, où<v fort est désigné sous le nom de CastiUctuni Beatfr JKirr>.

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