CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
France, alors semé de fleurs-de-lis : soit oubli, soit difficulté de l'atteindre, il a échappé au vandalisme de 1795. En 1500, on acheta des maisons contiguës à l'église, pour y établir le cimetière; on plaça l'orgue en 1504, et l'église lut consacrée en 1509; mais le maître-autel, commencé en 1020, ne lut placé qu'en 1651 : ses sculptures, et surtout ses bas-reliefs, sont très remarquables.
La partie de l'Hôtel actuel de la Mairie , contigué au Palais de Justice1 , entreprise en 1591 , ne fut terminée qu'en 1605. Malgré sa décadence, Perpignan était toujours la principale ville de la province; aucune autre ne pouvait même lui être comparée. Elne était tellement déchue, qu'on résolut d'en transférer à la capitale le Chapitre et l'Evéque : déjà ce dernier y résidait. La translation eut lieu le 2 juillet 1602; mais on continua à les désigner par le titre de leur ancienne résidence : ce ne fut même qu'en 1690 et 1698, que les circonstances permirent de bâtir un Séminaire et un palais épiscopal. Nous avons parlé de la fondation de l'Hôpital Saint-Jean, faite, en 1116, par un Comte de Roussillon. Les Souverains du pays continuèrent d'être les patrons de cet hospice, jusqu'en 1266, où l'Infant d'Aragon, Jacques, depuis Hoi de Majorque, en céda le patronnât aux Consuls de Perpignan, pour 15.000 sols mclgoriens*. II y avait, en outre, une maison sous l'invocation de Saint-Lazare, pour servir de lieu de réclusion aux femmes publiques
i Ce palais fut construit peu après, le 18 janvier 1448, jour où Charles d'Oins, procureui loyal, vendit, pour le Roi, à Bernard Aybri, auditeur triennal, agissant pour la Députatiou, remplacement qu'occupe cet édifice, pour y construire l'Hôtel de la Députation, converti depuis en Palais de Justice.
2 On trouve aux archives de l'Hospice Saint-Jean, une lettre (carta real) du roi Jacques, portant que son fils et lui, avaient vendu aux Consuls de Perpignan le patronnât, les rente.-. les honneurs, etc., etc., de cet hôpital ; mais que n'ayant pas le droit de faire de semblables aliénations , ils devaient rendre la somme touchée de 15.000 sols malgonenses (melgoriens)/
i-20 HISTOIRE DU ROUSSI LLON.
<runo conduite scandaleuse, et où toutes, sans exception, étaient enfermées , chaque année , le jour du Jeudi-Saint. La ville fonda encore, en 1637, un hospice, dit de la Miséricorde, pour y élever les pauvres orphelins et les enfants-trouvés1.
Aux notions que nous venons de réunir sur l'origine, l'accroissement et la décadence de Perpignan , nous croyons devoir ajouter quelques mots sur ses anciennes institutions municipales, qui ne furent pas sans influence sur les diverses vicissitudes qu'il subit. Dans le principe. la ville était gouvernée par les olliciers du Comte. Ces Seigneurs, convaincus, qu'en matière de police et de justice, une manière de procéder, constante et déterminée d'avance, est la meilleure garantie de la liberté et de la prospérité des sociétés, s'astreignirent à suivn* certaines règles, qui s'établirent à mesure que le besoin s'en faisait sentir. Nous avons déjà parlé de ces usages: toujours observés, ils Unirent par acquérir force de loi: rédigés par écrit, peut-être avant H62, ils lurent confirmés, cette année, par Gérard II, seigneur particuliei de Perpignan, et héritier présomptif de son pore Gausfreil. comte de Houssillon. Le Roi d'Aragon, Alphonse H, s'empressa de les confirmer. Son successeur, Pierre II, d'aicord avec les Perpignanais, crut devoir établir une forme d'administration plus libérale, et l'autorité sur la commune fut transférée des olliciers royaux à cinq Consuls, nommés tous les ans par les citoyens , et entrant en charrie lei des calendes de mars. Les Nobles et les Clerrs habitant la ville, y étaient considérés comme étrangers, n'ayant aucune part au gouvernement de la cité, et ne supportant d'autre charge que celle de contribuer, suivant
: \'<\u\< nu\ fr.i.< «le U ville, cl ni>niM>; |» ir l<- pr^luit d'une quèle, il fol cuftmt r« r.lit -le Louis M Y en Ifirit.'i, avec jttnbulkMi di- tvunus.