‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 226 sur 282 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

condition des villes égale à celle des Seigneurs, qui, dans ces temps-là, jouissaient du droit de guerre privée. D'après un ancien usage, confirmé le 7 mai 1448 par Alphonse V, les Consuls gardaient les clefs de la ville. Depuis le siège de 1542, il y eut tdbjours un Gouverneur particulier tant a la ville qu'au château, et les Consuls cessèrent d'être chargés de la garde des clefs; mais ils continuèrent à avoir le commandement de la bourgeoisie, sous les ordres du Gouverneur. Aussitôt après leur installation, les nouveaux Consuls et le Conseil des Douze procédaient à la nomination des Consuls de Mer et du Juge d'appel, dont nous avons déjà parlé; des deux Clavaires, l'un tiré de la première, et l'autre de la seconde classe des citoyens [ ces magistrats étaient chargés de toutes les branches de la police urbaine, de surveiller les marchés, les travaux publics, la rentrée des créances de la ville, etc.); des sobre-posals de la horta , tirés de la classe des jardiniers, et préposés à l'appréciation des dommages causés aux champs, et des jugements des causes qu'ils entraînaient. Les Consuls procédaient, enfin, à la nomination de plusieurs autres employés inférieurs. Les charges municipales étaient fort appréciées, puisque la Noblesse, longtemps étrangère à la ville, chercha à les exercer. Elle y réussit, enfin, en 1601, où il fut réglé que, des deux places de premier et de second Consul , l'une étant occupée par un gentilhomme, l'autre le serait par un bourgeois ou un avocat. A l'avènement du Roi , la ville envoyait un Député pour le complimenter; elle en agissait de même dans d'autres occasions, et, surtout, lorsqu'elle avait quelques réclamations à faire ou des plaintes à porter contre un oilicier royal. Ces Députés étaient toujours accueillis avec bonté par le Souverain, qui faisait droit à leurs demandes lorsqu'elles étaient fondées.

42 i MSTOIIIE DU ROUSSILLON.

Nous avons fait connaître quel était le rang des Députés de la capitale du Roussillon aux Gortés de Catalogne. Il est certain qu'ils y assistèrent depuis 1546 , sans qu'on puisse assurer qu'ils y eussent paru avant cette époque.

Nous avons parlé de l'Université dréée par Pierre IV, dans laquelle on enseignait la théologie, le droit civil, le droit canon , la médecine, la philosophie : les chaires de cette science et de la théologie, étaient confiées, en partie, aux moines des divers Ordres qui avaient des couvents dans la ville. Les docteurs en droit, fort nombreux à Perpignan, lors de cette fondation , fournirent les professeurs de cette Faculté. Le docteur Thomas Carrère, dans une histoire manuscrite de cette Université, composée sur des documents perdus plus tard , nous apprend que jusqu'au siège de Perpignan, eu 1642, l'Université avait toujours fait enseigner la grammaire, le latin et la rhétorique, par des professeurs qu'elle nommait; que, pendant ce siège, les Jésuites, profitant des embarras de l'Université, dont les bâtiments étaient occupés par les troupes, formèrent une espèce de collège dans leur maison. Des contestations s'élevèrent à ce sujet : elles furent terminées en 166T>, par une transaction. Les Jésuites conservèrent le collège; mais reconnurent l'autorité de l'Université sur leurs classes. Tous les ans , vers la lin de janvier, le Recteur s'y rendait; faisait inscrire les écoliers, et recevait le serment d'obéissance des professeurs. Cette Université * produit, de tous les temps,. des théologiens profonds. de grands jurisconsultes et d'habiles médecins.

L'art de l'imprimerie, inventé eu Allemagne, cinquauli1 ans auparavant, fut introduit à Perpignan vers l'an 4500. par Rosenbach d'IIcidelberg. Un traité sur la vie chrétienne, composé en 1112 par François Ximénès, ëvéqik1 d'Klue, lut le premier livre imprimé à Perpignan, en

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