CHAPITRE DIX-HUITIÈME
restants, ne sont que rochers, sables, étangs, mauvaises pâtures communales , chemins, lits de rivière ou de torrent, ou autres terres de nature non imposable1.
Le département ne produit le grain nécessaire à sa consommation, que lorsque la récolte est très-bonne; il y a, au contraire, un déficit d'autant plus considérable lorsqu'elle est mauvaise, que les contrées voisines en tirent une grande quantité de blé pour semence.
La vigne, cultivée en général sur des terrains impro-» près à toute autre culture , est bien plus appréciable par la qualité que par la quantité de ses produits. Si la fret quence des récoltes médiocres, et le bas prix auquel le propriétaire est le plus souvent obligé de se défaire de ses vins, rendent cette culture peu profitable pour lui, elle est extrêmement utile par la masse des travaux qu'elle procure à la classe ouvrière. On consomme dans le pays, la majeure partie des vins qu'on y recueille; on évalue l'exportation à environ 120.000 hectolitres, sans compter ce qui est converti en eau-de-vie*.
Il n'y a pas de récolte aussi incertaine que celle des olives ; il est rare qu'elle soit généralement bonne : dans ce cas, elle peut fournir 1 1 .000 hectolitres d'huile, dont on exporte à peu près le quart.
Environ 500.000 kilogrammes de laine de diverses quar lités, sortent toutes les années du département; le reste est ouvré et consommé dans le pays, où l'on fabrique à
t II contient de modifier ces chiffres, .pour avoir VéUl actuel de U culture dam le département : on y compte 43.000 hectares en céréales; 16.000 en cultures diverses; 15.000 en prairies naturelles on artificielles; 9.000 en olivettes; 37.000 en jachères; en tout : 190.000 hectares, dont 18.000 à l'arrosage; les vignes s'élèvent à 38.000 hectares; les bois à l'État on à des particuliers a 59.000 hectares. Le surplus, 194.457 hectares, en mauvaises pâtures, étangs, sables, rochers, eto.
2 L'oïdium a fortement sévi dans le département depuis 1858; non-seulement les vignes, mais les arbres fruitiers en ont souffert. Le prix très élevé du vin a , pour quelques particuliers, compensé le déficit en quantité. On a payé l'hectolitre de 80 à 90 francs.
438 HISTOIRE DU ROUSSILLOlf.
peu près i .700 pièces de draps communs ou moletons, et quelques centaines de bonnets.
Les forges du département fournissent 1 .480.000 kilogrammes de fer de bonne qualité, dont près des trots-quarts s'exportent. Cette fabrication nous serait très-snrantageue si elle ne consommait une immense quantité de bois, qi*3 faudrait ménager. En effet, puisqu'il faut 100 kilogrammes de charbon pour fabriquer 34 kilogrammes de fer, et 100 kilogrammes de bois pour avoir 17 kilogr. de charbon, on voit que, pour obtenir les 1.480.000 kilogrammes 4e fer que donnent les forges du département, il fout brUer 25.607.612 kilogrammes de bois, masse de combustible, qui, jointe au bois nécessaire pour les constructions, k chauffage , le brûlement de l'eau-de-vie , forme un total qui ne peut être fourni par les forêts du département Aussi, tire-t-on, pour l'usage de ces forges, du charbon de l'Espagne et des départements limitrophes. Celui de l'Aude lui fournit des bois de construction et de chauffage. et, en revanche, il alimente quelques-unes de ses forges, avec du minerai que lui envoie le troisième arrondissement.
Les haricots, les fèverolles, la graine de luzerne, le gros et le petit-millet, les fruits, le jardinage, le liège, soit en planche, soit ouvré en bouchons, le miel, le merrain, la sardine, les cuirs et les peaux , sont des articles, qui, pris chacun en particulier, ont peu d'importance ; mais qui , réunis, forment une exportation assez considérable. La soie, d'une belle qualité, ne donne encore qu'un produit insignifiant: mais , si le zèle avec lequel on s'est livré, depuis quelques années, a la culture du mûrier ne se ralentit pas; si Ton s'applique ii adopter les meilleurs procédés pour la conduite des magnaneries; si Ton a soin d'introduire dan» le pays les machines les plus avantageuses pour la filature, cotte matière pourra devenir un objet très- intéressant.