‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 249 sur 282 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

Fort des Bains. — Construit sur remplacement d'une simple tour, démolie en 1668, ce petit fort carré, bas* tionné, de 70 à 80 mètres de côté extérieur, occupe l'étroit sommet d'une hauteur, d'où l'on peut inquiéter un ennemi , qui , ayant forcé les passages de S^Laurent et de Prats-de-MolIé , pénétrerait par la vallée du Tech. Au sud-est, un plateau, enveloppé d'un chemin couvert, permet de défendre les approches : le front qui répond à cette partie, est le seul muni d'un excellent fossé. Dominés de très près, ses parapets ne sont défilés des vues plongeantes, que par les bâtiments intérieurs. Vauban, ne jugeant pas digne de grandes dépenses ce petit fort, qu'il nommait une Gentilhommerie, n'y prescrivit que de légères améliorations aux ouvrages faits par M. de Saint- Hilaire. Ses maçonneries, soit par leur mauvaise qualité, soit faute de fondations bien assises , sont lézardées ; et tout ce qu'on a pu faire jusqu'ici pour arrêter le mouvement n'a pas eu de succès.

Prats-de~Mollô. — L'origine de Prats-de-Mollô remonte au xe siècle. Située sur le Tech , k la tête de la vallée du Vallespir et à une lieue de la frontière, cette petite place est destinée à surveiller les cols par lesquels le territoire peut être envahi, pour se porter sur Arles ou sur Villefranche, en franchissant le Pla-Guillem, contre-fort du Canigou. Sa position dans un fond dominé, la rend peu susceptible de remplir cet objet important. Une enceinte, démolie mal à propos en 1669, lors de la révolte contre l'établissement des gabelles, fut rétablie en 1684. Simple mur crénelé, de lm30 d'épaisseur, sans autre flanquement que les tambours couvrant les quatre portes, il ne sert , en quelque sorte , que d'enveloppe à un camp retranché. Un réduit, autour de l'église, couvre la commu-

nication au fort La garde , qui domine la place. La tov qui servit de refuge à la garnison lors de la révolte, fat ceinte d'une étoile , à dimensions très mesquines , que M. de Yauban considérait comme le réduit d'un ouvrage plus vaste, à établir sur le plateau nord, pour donner ï Prats-de-Mollô une valeur réelle.

Mont-Louis. — Cette place, élevée de 1.600 mètres andessus du niveau de la mer, est située k quatre lieues de la frontière. Envoyé pour organiser la défense du Bonssillon, M. de Yauban, après une reconnaissance raisonne* de sept positions, frt choix, en 1680, de l'emplacement do château de Vilar, d'où Ton pouvait surveiller les débouchés des vallées de la Tet et de l'Aude. Dès Tannée suivante, les travaux furent entrepris. M. de Noailles, et 1691, se portant sur la Seu-d'Urgell , put déjà y établir les magasins de son armée. Ses fortifications se composent d'une citadelle, formant un carré, à bastions, avec orillons, fermés, à la gorge, par un rempart solide el élevé. La ville est enceinte d'un ouvrage à couronne, dont les longues branches se rattachent a la citadelle. Deux des bastions ont des retranchements à leur gorge. Les dehors consistent en trois demi-lunes et une contregarde ; de fortes traverses , en capitale des bastions , défilent leurs parapets. La garnison, qu'il faudrait porter a quatre mille hommes, serait parfaitement à l'abri dans de vastes casemates. Le principal mérite de Mont* Louis, est de pouvoir établir un corps d'armée sous sa protection.

Vtïlcfranclœ. — Cette place, bâtie sur la Tet, dans une gorge étroite de 200 mètres, a la réunion des vallées dïMelte, de Cornella h de Fulla, ferme le long défilé.

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