‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 252 sur 282 · CHAPITRE DIX- HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX- HUITIEME

origine phénicienne n'a point de fondement; el il faut l'avouer, un peuple navigateur aurait fait un bien mauvais choix, en établissant, dans cette position, une colonie pour protéger son commerce et ses expéditions maritimes. Il est permis d'émettre un doute sur la grande prospérité de cette ville sous la domination romaine; car, Sextus Ruffus, auteur du IVe siècle, n'en parle pas dans l'énumération de celles de la première Narbonnaise, tandis qu'il y comprend Maguelonne, Agde, Lodève, Uzès. On peut, aussi , ne pas ajouter foi au luxe de ses monuments dans le moyen -âge, et k la magnificence du palais de ses Comtes , orné de mosaïques. Ruiné par les Barbares, au Ve siècle, le palais, le château, furent rasés jusqu'aux fondements, au xme siècle, par Alphonse II, vengeur de l'horrible forfait du féroce comte Raymond , qui avait fait manger, à une épouse dont il soupçonnait la fidélité, le cœur du troubadour Cabestany, son amant1. Qu'a-t-on trouvé dans les profondes fouilles opérées à plusieurs reprises sur le sol de Castell-Rossellô? quelques misérables débris de poteries, d'un style commun; des monnaies, des médailles, sans valeur; des ustensiles grossiers, à l'usage d'une population peu fortunée.

Elne, bâtie par Constantin, non loin des ruines de l'antique Ulibéris, fut, après la chute de l'Empire, la principale ville de la contrée, jusqu'au xmc siècle, et le siège d'un Évèché jusqu'au xvne; mais excessivement maltraitée par les Sarrasins, les Normands, les Croisés de Philippe-le- Hardi, les Aragonais de Pierre IV, les armées de Louis XI, on doit être émerveillé d'y trouver encore debout la cathé-

l Le fait que nous mentionnons a contre lui , au moins, l'erreur des dates. Guillaume de Cabestany combattit & la bataille de las Navas de Toi osa, en 4242, et le roi Alphonse II était mort en 4406. Ce n'est donc pas lui qui vengea l'humanité d'un acte atroce , au reste , en quelque sorte à la mode an xm* siècle; car on peut citer la marquise d'Astorga et Gabriel I. de Vergy, qui , suivant les légendes de la poésie romane , curent une semblable destinée.

drale, et surtout le cloître contigu, l'un des plus précieux restes de l'architecture du moyen-âge. La dégradation de ses sculptures est due à l'ère de la Révolution, pendant laquelle des mains sacrilèges ont mutilé ce que les Barbares avaient respecté.

Cartel a perdu ses salines, son commerce, le château de ses anciens Seigneurs, fameux dans nos annales, tombé en ruines.

On fabrique de la poterie, des cuirs, du papier d'emballage, à Thuir, chef-lieu de canton. A une deqri-lieoe de cette petite ville , on voit les restes du château de Caste lnou, antique manoir des Vicomtes, dont la maison, très puissante en Roussillon, a fourni plusieurs illustres guerriers aux armées aragonaises.

Si Ton va visiter la grotte de Gorbère, dans le canton de Millas, on sera frappé du bruit d'un torrent qui se précipite dans un abime. On trouve, auprès de Neffiach, des coteaux formés par des lits de coquilles fossiles, entremêlés de couches de sable et de terre. On montre à Pézflla un autel antique, attribué aux Romains.

A Estagel , dans le canton de La tour, il existe une carrière de marbre, susceptible d'un beau poli * , et à Tavtavel, les ruines d'un château-fort, qui comptait encore comme place de guerre en 1640. Non loin de là, sont les restes d'une tour beaucoup plus ancienne, et les ruines des châteaux de Quéribus et de Pierre-Pertuse.

Saint-Paul, chef-lieu de canton, doit son origine à un

l Peu de contrées de France sont aussi bien pourvues en variétés de marbres. Daas k premier arrondissement , Vingrau, Estagel, Tautavcl, Uaixas, Calce; dans le truiSKW. Villefranche et l'y , eu possèdent des carrières de toute qualité. Le statuaire de Py. le tw veiné de blanc d'Estagel, lc'luiuacheUe des ent irons de Yingraa, peuvent rivaliser i«k les plus l»eaux marbres des Pyrénées. Le rouge et blanc de Villefranche. très ancieaawart exploité, est si abondant , qu'on l'emploie communément dans les constructions , n>e» <afi les «lasses peu forlunéo* , pour encadrements d«» porte* el de rroi«ecs.

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