CHAPITRE DIX- HUITIÈME
monastère de Bénédictins, supprimé depuis long-temps. A trois quarts de lieue vers Test, on va voir l'ermitage de Saint-Antoine-de-Galamus , dans un site , dont la beauté serait difficile a décrire. A un quart de lieue à Pouest de Saint-Paul , l'Agly , grossie des eaux de la Boulsane, s'est frayé un passage à travers les rochers, et forme la gorge sauvage de la Foux. La rivière y passe sous un pont très élevé, auprès duquel des sources, les unes froides, les autres tièdes, sortent, pêle-mêle, du sein de la terre.
L'agriculture de ce premier arrondissement, varie comme la nature des terres. Du côté de la mer, sur la plaine basse, composée de terrains d'alluvion, connus sous le nom de Salanque, on cultive du froment et des luzernes de première qualité ; on y néglige trop la culture des prairies naturelles et des plantes fourragères. Le retour alternatif d'inondations et de sécheresses prolongées, ou, plutôt, d'anciennes habitudes, ont empêché d'admettre un meilleur système d'assolement; les labours y sont exécutés avec des chevaux d'une race indigène, de stature moyenne, mais forts et vigoureux ; on y voit de nombreux troupeaux de bétes à laine, dont les fines toisons sont malheureusement salies par les nuages de poussière, que leur piétinement et des vents impétueux, font élever de ces terres argileuses, desséchées par un soleil ardent. Le reste de la plaine, beaucoup plus haute, se divise en deux parties. Celle où Ton a pu conduire des canaux d'irrigation est propre aux cultures les plus variées. Les céréales, le maïs, les prairies naturelles et artificielles, les plantes fourragères et légumineuses , le lin et le chanvre , y prospérant , au moyen des engrais et des arrosements, ont permis au cultivateur d'adopter des modes d'assolement, qui ont obtenu les éloges du fameux Arthur Young. Sur la partie de cette plaine, qui ne peut être arrosée, on cultive les céréales, l'olivier, la
vigne; on élève des bêtes a laine : on laboure avec des mulets. Les collines qui terminent le premier arrondissement à l'ouest, offrent des bois de chêne-liége, pins souvent des oliviers, et surtout des vignes. Celles situées au nord n'ont, pour toute verdure, que des cistes et quelques romarins.
Nous n'avons parlé que de Collioure et de Port-Vendres, appartenant au second arrondissement. Si on le parcourt, en remontant la vallée du Tech, on trouve les ruines, ou ce qui reste encore des anciennes abbayes de Valbona, de Saint-André, de Saint-Génis, des châteaux d'Ultréra et de l'Écluse (le Vulturaria et le Clausura de Julien de Tolède), le pont de Céret, les Bains, avec le fort, que nous avons décrit. La ville d'Arles possède one assez belle église, qui appartenait k une ancienne abbaye de Bénédictins, dont le cloître mérite d'être vu.
Auprès de Corsavi, existe un abime si profond, que I'ob compte dix-huit pulsations, entre l'instant du jet dm* pierre et celui du bruit de sa chute, ce qui suppose uniprofondeur de plusieurs centaines de mètres.
L'excellent minerai extrait aux environs de Bâtera, est converti en fer dans plusieurs forges à la catalane des cantons d'Arles et de Prats-de-Mollo. Nous avons déjà prit de cette ville, où Ion fabrique des draps communs et de la bonneterie.
Les curieux visitent l'église de Coustougcs, a laquelle sa lourde et barbare architecture fait attribuer une haut* antiquité.
La plaine du second arrondissement, bien moins étend** que celle du premier, offre la même variété de culture. Le> collines, auprès de Collioure et de Banyuls, sont couvertes de vignes très renommées, par la qualité de leurs produits, qui ne le cèdent guère aux meilleurs vins d 'Espagne. 1/