DES MONNAIES USITÉES EN ROISSILLON DE L'AN
V48, Nous avons pensé qu'en réunissant dans une note tout
(rage 3f4). ce qui concerne les monnaies qui ont eu cours en Roussillon, nous en donnerions une connaissance plus facile a saisir, qu'en disséminant nos observations, suivant Tordre des temps, dans les divers chapitres de cet ouvrage. Cette note ne pouvait être mieux placée qu'à l'époque où la livre de Perpignan, s'aflaiblissant par degrés, finit, en moins d'un siècle, par se trouver dans le rapport de trois à cinq avec celle de Barcelone, quoique dans l'origine elles fussent à peu près de même valeur.
Avant de parler des monnaies, disons un mot des poids, dont la connaissance est indispensable pour leur évaluation.
Lors de l'établissement du système métrique, les marcs de Barcelone et de Perpignan , divisés chacun en 4.GQ8 grains, pesaient : le premier, 208 grammes 1942; le second, 267 grammes 7. Le poids de celui-ci fut déterminé, à cette époque, par sa comparaison directe au kilogramme. Quant au premier, on sait (V. les tables de Y Itinéraire dr Ijiborde) qu'il est d'un sixième plus fort que le marc de Castille, trouvé de 7 onces, 4 gros, 8 grains de Paris par l'Académie des Sciences en 1707. Son poids est donc de 8 onces, 0 gros, 9 grains et !/5, ou 208 *'■ 1942. Le maie dont on se servait anciennement à Barcelone pour peser l'or, contenait oi grains de plus (2^ 87), ce qui portail le poids à 271 & 0012.
Aucun document ne peut faire soupçonner que lis marcs usités dans les derniers temps pour peser l'or rt l'argent dans ces deux villes, fussent différents de ceux
dont on se servait anciennement à Barcelone pour l'argent, et à Perpignan pour l'argent et pour l'or. Au contraire, les faits suivants semblent prouver que ces marcs ont toujours été les mêmes. On verra plus bas que le poids du croat, monnaie d'argent créée en 1285, fut fixé au */71 du marc catalan de cette époque, c'est-à-dire à
64 grains. Si le nouveau marc est le même que l'ancien, tous les croats ayant dû perdre par le frai quelque chose de leur poids, aucun ne doit peser 64 grains nouveaux : mais les mieux conservés doivent s'éloigner peu de ce poids; c'est ce qui arrive effectivement, puisqu'ils pèsent
65 grains. Des expériences pareilles, faites sur les florins d'or et sur les monnaies de billon, ont donné à peu près les mêmes résultats, avec la seule différence que la perte par lé frai a été moindre pour les monnaies d'or que pour celles d'argent, et pour celles-ci que pour celles de billon (V. Salât). Cela devait être ainsi; car, outre que ces métaux sont d'autant moins altérables par le frai qu'ils sont plus précieux, la circulation des monnaies est d'autant moins fréquente que leur valeur est plus élevée : il est donc infiniment probable que le marc de Barcelone a toujours été tel qu'il était dans ces derniers temps. Quant à celui de Perpignan, une ordonnance du roi Martin, du 1er mars 1409 * , indique qu'il était plus faible que celui de Barcelone; et une autre ordonnance du même Roi, rendue
1 Quantité de florins ayant été rognés ne pesaient pas , comme ta loi le prescrivait , l»; 4/68 du marc des villes de Perpignan et de Barcelone où on les fabriquait. Pour prévenir les discussions , le Roi y statua qu'on prendrait les florins au poids ; que ceux qui pèseraient 1/B8 du marc de Perpignan, seraient donnés pour 11 sols de tern; que la valeur des autres augmenterait ou diminuerait d'un denier par chaque demi-grain qu'ils pèseraient de plus ou de moins. Les florins de Perpignan les plus intacts, ne pouvaient peser au-delà du 1/68 du marc, poids normal , que les monnayeurs de cette ville étaient intéressés à ne jamais dépasser. Les florins de Barcelone seuls pouvaient peser davantage, sans excéder toutefois un grain, parce que le marc pour l'or était, à Barcelone, de ôi grains plus fort que celui pour l'argent, déjà lui-même un pou -uprri»Mir ,': celui <\o IVrpi^nan , «l'Hit le florin devait p*»<rr le 1/fW.
le 1er décembre 1407, prouve qu'il en différait très peu '. Nous avons fait voir plus haut que le marc de Barcelone, pour l'argent, était le même au xuie qu'au xvmc siècle. Les deux ordonnances citées nous montrent que celui de Perpignan, en 1400, n'était que de très peu inférieur à celui de Barcelone, comme de nos jours. N'en devonsnous pas conclure que l'autre aussi n'a pas changé? Par conséquent, nous n'avons pas à craindre de commettre des erreurs de quelque gravité en déterminant la valeur des anciennes monnaies de ce pays, d'après l'hypothèse de l'invariabilité du poids de ces marcs.
Par édit du 1er août 1238, Jacques Ier d'Aragon émit en Catalogne la monnaie de tern, sur le modèle de celle de Jacca, en Aragon : elle lui était égale en valeur, et la livre contenait 90 sols, 240 deniers et 480 mailles, monnaie fictive pour les livres et les sols; celle de tern était réelle pour les deniers et les mailles. D'un marc barcelonais, contenant ft/4 (0,250) d'argent et */« ( 0,750 1 de cuivre, on fabriquait 216 deniers ou 480 mailles. D'où il suit que deux mailles, quoique ayant cours pour un denier, n'en valaient effectivement que les * 1# Douzt* deniers de tern , valant un sol , contenaient en argent fin le * Tt du marc de Barcelone, faisant 5,7249 grammes. Comparé à Técu de o francs, qui contient 22
1 Le Roi. aprc> y av:r fixt le prix de 1 iryeat à 10m «*ls de un pcmr le mut àt Barrera*, le fixe à 1W> *cJ*. I! des.ers. ».gu/ de IVrj. çius. po*r le aarr 4e mu r.;> Qwwjve plus fciNe que orilt -V tern . c*tte denuère ■<**&? en difrnii si pea ^w. «a* Wr * v*m?nls de c-tïe e>«pe . -a le* v;-.t f-sy -ar? |-ri$n tadiaVresuneat Fmac p*«r l'astre . .-r <ï«i n in rut pi* e* ltfe *: li :;■*:* ace ks i-ax -sirrj n'eil ru for* l«v«« <\<cj>e dis* W derniers tesïp*. Sappo$v&* \ ± zn:ttn< r it'* d; <*s de«\ r lie* V * ntse* <f* ttw\ 4kmi eue* ~ feni.tnt rn «78i» a\*. u tar: : bc. i- j«m d£.l'.tftâ ^ntme* el fa* a ({•} «A» de îm ra i W: oths: ^ f\rp*pi»D . i^ioai 9û "<Wft ^naimt* . unit **!■ &>,*1$l «4s de :*ra .
i* l^'i «raia Ka- |iVi«*|(v. > !< i>. biuk de FVrp pua. =ft».x|*i s*boe m « -
|iat »|.v
d'argent lin, le sol ou les 12 deniers de lern vaudraient aujourd'hui 0fr, 8277.
Le 27 juillet 1285, Pierre 111 créa, sous le nom de croate une monnaie réelle d'argent, au titre de f*/14 de fin, à la taille de 72 au marc, ayant cours pour un sol ou 12 deniers de tern, quoique n'en valant que 11 f/« * puisqu'il contenait 7** d'argent de moins. Ce croat vaudrait donc, en monnaie actuelle, 0* ,7935.
Pierre IV ordonna, en 1346, de fabriquer k Perpignan des florins d'or, aux mêmes titre et poids que ceux de Florence, connus en Roussillon dès le xme siècle. L'or dont on se servit n'était qu'à 22 */A karats, et on en tailla 68 au marc de Perpignan : ils pesaient donc 3&rammes,956911 , dont 5erammes,751864 argent et 0 *rammes, 205047 cuivre. En calculant la valeur actuelle de ces métaux , par comparaison à notre pièce de 20 francs et à l'écu de 5 ' , on trouve que leur valeur intrinsèque serait aujourd'hui de 12 fr ,87, en moyenne, la différence entre les deux valeurs n'étant que de 0fr ,04. On voulut qu'ils eussent cours pour 11 sols de tern, quoique le prix de l'or n'étant alors que décuple de celui de l'argent, ils ne valussent réellement que 10,171 sols de tern. Cette infériorité de valeur n'existerait pas aujourd'hui , où le rapport de l'or à l'argent est comme 31 est à 2.
Dans un système où les monnaies étaient d'autant plus faibles que leur matière était plus précieuse, on n'avait pas ,à craindre l'exportation de l'or et de l'argent monnayés : l'avidité inconsidérée de Pierre IV vint tout bouleverser. Un auteur anonyme, écrivant avec beaucoup de bon sens sur cette matière en 1438, l'accuse formellement d'avoir, vers l'an 1550, établi, dans une maison de campagne auprès de Barcelone, un atelier de fausse
I Qui |K**sfijl Ô.HW'i Kr.iiimu'S «l 2*2,:* uianniu'» déduction fait** <1«' l'alli.»;;!*.
monnaie de tern, avec laquelle il achetait les florins pour les exporter. Ceux-ci étant devenus fort rares, il engagea les Cortés de Tortose à décider le 2 avril 1365, qu'on en ferait une nouvelle émission du même poids que les anciens, mais au titre de 18 karats seulement. Barcelone et Perpignan fabriquèrent de ces florins. Dans la première de ces villes, leur poids fut le l/M du marc usité pour l'or, par conséquent de 3sramme8,98523» Dans la seconde, on leur donna le '/es du marc du pays, fesant Z^nmmes,l956ldll. La valeur intrinsèque des premiers serait aujourd'hui de 10fr ,29; celle des autres de 10fr ,17. Cette différence de 12 centimes était bien moindre autrefois , à cause de la moindre valeur de l'or: elle ne s'élevait guère qu'à 1,31 deniers de tern, fesant environ 9 centimes.
Le croat, placé entre le florin altéré légalement, et la monnaie de tern falsifiée par le Roi , ne pouvait se maintenir à sa valeur. Aussi était-il exporté par les uns, rogné par les autres ; et , malgré toutes les ordonnances de Pierre IV sur le fait des monnaies, ou peut-être même a cause de ces ordonnances, cette branche de l'administration se trouva dans le plus grand désordre, et la place de Perpignan fut encombrée de monnaies françaises ayant un cours très élevé par le défaut absolu d'espèces nationales. Le roi Martin chercha à y remédier en défendant, par une ordonnance rendue à Saragosse le 8 mars 1398, la circulation dans ses États des monnaies d'or et d'argent étrangères , « circulation qui leur était très préjudiciable (dit-il), puisque, avec mille écus de France, qui ne valent pas réellement 16.200 sols de tern, on en solde 18.000, ou tout au moins 17.500 \» Nous avons vu, dans les
i On sait que l'écu d'or valait, cinquante ans plus tard, à l'époque du traité de S*raç«*-- (23 mai 1462.) 11 fr. 14. Si mille éent . ou 11.140 fr., payaient 16.200 sols de tern . qui i 0 fr. 8277 devaient valoir 13.400 francs, la lésion était évidente ; .i plu> forte ra»*on. **iK -" payaient 18.000.
deux notes précédentes, comment il régla le cours. des florins et la valeur du marc d'argent. On en peut conclure que, déjà, à cette époque, au lieu de tailler 18 sols de monnaie de tern , d'un marc à 5 deniers de fin , on en taillait au moins 24. Par conséquent, cette monnaie avait perdu au moins un quart de sa valeur, et les nouveaux florins pouvaient valoir il sols de cette monnaie. Quant aux croats dont on n'avait changé ni le poids ni le titre, leur valeur, relativement au sol de tern et au florin, aurait dû augmenter; mais les anciens avaient été tellement rognés, qu'ils restèrent à 12 deniers de tern. Ceux qu'on fabriqua à Barcelone en 1407, au poids et au titre de la création, furent reçus à la Banque de cette ville pour 18 deniers, quoique leur cours ne fût forcé que pour 12. La monnaie de Perpignan n? étant que de * 'l00 inférieure à celle de tern, on ne doit pas être surpris que, dans l'usage ordinaire, on prit indifféremment ces croats les uns pour les autres. Le roi Martin changea un peu l'état des choses, en affermant, le 19 novembre 1407, la monnaie de Perpignan à deux particuliers , et leur permettant de fabriquer des croats à \ I^deniers de On et à la taille de 70 au marc, et de la monnaie de billon au titre de 2 deniers, et à la taille de 21 à 22 sols au marc. La valeur du nouveau croat différait peu de celle de l'ancien ; mais le billon ne valait guère que les 6/t de la monnaie de tern , tant que le croat ne dépassa point 18 deniers de cette monnaie. Cependant, comme on continua à fabriquer à Perpignan du billon ancien, on ne fit jusqu'en 1430, aucune diflërence entre la monnaie de tern et celle de Perpignan. En 1424, le roi Alphonse ayant vendu a la ville de Barcelone le privilège exclusif de battre des croats et de la monnaie de tern , interdit cette fabrication au maître de la Sera de Perpignan sous les plus fortes peines. Au bout
de quelques années, le Roussillon se trouva entièrement dépourvu de monnaie nationale. Les Consuls adressèrent en 1455, 56 et 57 plusieurs mémoires au Roi, demandant qu'il affermât k la ville le droit de monnayage : ils l'obtinrent pour six ans, le 29 juillet 1457. Moyennant une somme de mille ducats, il leur fut permis de fabriquer 52.000 marcs d'argent en réaux, demi-réaux et billon. Mais, pour ne pas violer le privilège accordé précédemment à Barcelone , il fut convenu qu'à Perpignan , les réaux et demi-réaux seraient au titre de 1 1 deniers , 9 grains , et à la taille de 74 réaux au marc ; et le billon au titre de 2 deniers, a la taille de 21 ou 22 sols au marc. Telle était la différence assez notable existant entre les monnaies courantes a Barcelone et à Perpignan en 1462. Quand Louis XI s'empara du Roussillon , elles continuèrent l'une et l'autre à s'affaiblir; et, dès l'an 1495, le réal d'argent valait en Catalogne 2 sols de tern , et, par conséquent, 10 réaux faisaient une livre. C'est probablement à cette époque que les affaiblissements successifs éprouvés par la monnaie de tern, ceux qu'on pouvait prévoir pour l'avenir, engagèrent à adopter comme monnaie de compte invariable, cette livre barcelonaise valant 10 réaux d'argent. A peine maître du Roussillon, le 4 novembre 1495, Ferdinand supprime deux monnaies d'argent, les carlines et les parpaillotes, qui s'y étaient introduites durant l'occupation française. 11 ordonne de frapper, à Perpignan, une monnaie d'or dite principal, au même titre et au même poids que le ducat de Venise, fixant à 12 réaux la valeur de ce principal ou ducat. Il prescrit d'y fabriquer aussi des réaux et demi-réaux au titre de 11 %!t deniers, à la taille de 72 au marc de Perpignan; et, comme ces réaux n'étaient que très peu inférieurs h ceux de Barcelone, il veut qu'ils soient pris au pair de ces derniers.
dans le paiement des dettes contractées avant leur création. Dans ce même édit, et dans plusieurs autres successifs, il permet aux Consuls de Perpignan de battre de fortes quantités de monnaie de billon, dont il ne fixe ni le titre ni le poids, et dont il abandonne le profit k la ville, alors fort obérée, sous la condition de l'employer à payer ses dettes , à réparer le pont Notre-Dame , ainsi que ses remparts, et à acheter quelque artillerie. La ville ne crut pouvoir remplir toutes ces obligations qu'en émettant une monnaie très faible. Aussi, voit-on, dans les mémoires des notaires Baldo et Palau, que, dès Tan 1531, le réal, qui jusqu'alors n'avait valu que 55 deniers de billon, passait couramment pour 40; de sorte que la livre de 240 deniers ne valut plus que 6 réaux. Elle fut comptée à ce taux ou à 2 livres de France jusqu'à la fin du xvne siècle, quoique la livre de billon , devenue cuivre pur, ne valût plus que 5 sols de la livre à G réaux , dès le commencement de ce siècle. Mais il ne faut pas confondre la livre de Barcelone à 10 réaux avec la livre à 240 deniers. Tandis que la première était fort supérieure à celle de Perpignan ne valant que 6 réaux, la seconde différait peu de la monnaie courante dans cette ville. Le fait suivant le prouve parfaitement. (Cart. Rouss.) Lors du siège de Perpignan en 1542, on avait démoli un couvent d'Augustins situé près de la porte Notre-Dame , et employé les matériaux à des ouvrages de fortifications. Sur la plainte des moines, portée devant les juges de griefs nommés par les États de Monçon en 1552, le Trésor fut condamné, estimation faite de ces matériaux, à leur payer 5.256 livres 12 sols 6 deniers, monnaie de Perpignan, dont le ducat vaut 40 sols, et qui valent 5.142 livres 1 denier, monnaie de Barcelone. Nous avons vu que le ducat valait 12 réaux; d'où il suit (pie cette livre de Perpignan était de 6 réaux,
valant alors 40 deniers chacun. La livre de Barcelone, dont il est ici question, ne pouvait être celle de 10 réaux: elle doit être celle de 240 deniers, qui était soldée avec 6 réaux de Barcelone, un peu plus forts que ceux de Perpignan, et la différence de ces deux sommes ne venait que de la différence des marcs de Barcelone et de Perpignan, dont ces réaux étaient le */« .
Nous n'avons point parlé de quelques monnaies an* ciennes qui eurent cours en Roussillon, même après l'établissement de celle de tern. Nous nous contenterons de donner leur valeur, telle qu'elle fut fixée par les Cortés tenues à Perpignan en 1551. On évalua l'once d'or pur à 28 sols; le sol d'or a 16; le morabatin a 4; l'once d'or de Valence à 8 sols; la mancusse, valant l/6 de l'once, à 16 deniers de tern ; le sol d'argent à 2 sols de tern : on sait que la livre contenait alors 12 onces, 21 sols 84 morabatins.
Si nous en jugeons par les documents qui nous restent, la Seca ou Hôtel des Monnaies de Perpignan, probablement le plus important de la Catalogne après celui de Barcelone, n'était en activité que par intervalles, quelquefois assez éloignés; mal fourni en instruments, machines et outils, on l'affermait parfois, quoiqu'ayant un directeur eu titre fmestre de la Seca). D'après cela, on ne doit pas être étonné de voir cette place si dépourvue de numéraire national que, dans de nombreuses transactions commerciales, on stipule en espèces étrangères, surtout en espèces françaises, dont le prix, presque toujours plus élevé que leur valeur réelle, varie suivant le besoin qu'on éprouve de numéraire. C'est ainsi que Vécu d'or de France, qui ne valait guère plus de 10 sols de tern , est compté, de 1540 à 1308, 17 sols 5 deniers, 20 sols (> deniers, 25 sols de tern, et de 1598 à 1420, l\ 18 de ces sols. Le irai de France valant 27 sols tournois, ce qui revient à 21 sols 7 deniers de tern, est donné di-
1551 a 1541, pour 17 sols 9 deniers, 20 sols 2 deniers, 21 , 22, 24 sols. Le papillon d'or varie de 25 à 50 sols de tern. Le mouton, Y agnelet, le franc à cheval, monnaies d'or de France, sont toujours comptés, le premier pour H sols 6 deniers; le second pour 21 sols; le troisième pour 16 sols de tern. Le florin de Florence, qui, avant l'émission du florin d'Aragon, avait cours pour 16 sols de tern, ne fut compté dans la suite que pour 14 sols 6 deniers. Le ducat de Venise est compté en 1416 pour 14 sols, et en 1568 le besan de Constantinople est évalué 8 sols, 9 deniers de tern.
Nous ne jugeons pas hors de propos de consigner a la suite de ce que nous venons de dire sur les monnaies, les notions que nous avons pu recueillir sur les prix des denrées les plus communes durant le cours des xive et xve siècles. Nous trouvons le blé vendu à 55 sols en 1565, et à 56 sols de 1404 à 1416; mais, dans ces deux circonstances, la vente est faite à crédit. De plus, en 1565, ce sont les Consuls de Perpignan qui font un approvisionnement pour fournir des rations aux bandes de Henri de Transtamarre s'apprêtant à traverser le Roussillon; et, dans la seconde occasion , on se trouvait dans un temps de pénurie, puisque les Consuls faisaient vendre du blé aux pauvres a raison de 50 sols Taymine. Il est naturel d'admettre que le prix de ces ventes est fort audessus du prix ordinaire. Nous le trouvons vendu à 24 sols, 6 deniers en 1589; à 23 sols en 1418 et 1451. On peut donc fixer le prix moyen du blé dans cette période à 25 sols laymine !; celui de l'orge est toujours de 17 sols. Si nous observons que la monnaie de tern avait déjà perdu plus
• Il parait prolablc querelle mesure correspond à (ï ou 7 double- décalitres, r'ot-à-dire au minimum de la quantité" de prain alors usiUte pour commencer une ayminatr do terre : surf.uv rf«* 1 .500 cannes carrée- de Montpellier, qui fut jadis re qu'elle e.<t maintenant, oiuiron fiO are>.
du quart de sa valeur primitive, et que Fa) mine, quoique u'ayant pas toujours conservé la même sous -division, parait ne pas différer de la saumate, pesant 3 quintaux, ni de la charge des derniers temps, égale k 184 7* litres, à cause du surplus de Vit qu'on donnait autrefois, on trouvera le prix moyen du blé k 7 fr ,94 l'hectolitre ' , celui de Forge à 5fr-,40. La bonne huile se vendait, en 1406 , a 13 s. de tern le dourch (16m-,734), ce qui revient k 43*-,34 l'hectolitre. Vers ce même temps, le prix du vin était de 16 7i sols la saumate, environ 50 fr- l'hectolitre. La laine, en 1116, se vendait 2 sols de tern (lfr ,17) la toison. On trouve le prix du fer a 28 sols de tern le quintal en 1383; à 29 sols 6 deniers en 1416, ce qui revient a 24fr-,23 et 25 fr-,63 les cent kilogrammes. La chaux se vendait, prise au four, Tan 1389, 3 sols 6 deniers l'aymine ou saumate, pesant 3 quintaux, ce qui fait à peu près lfr-,64 les cent kilogrammes. La grosse brique (calro) se vendait vers la fin du xive siècle, 3 livres 15 sols à 4 livres le millier, ce qui revient à 41 ou 47 francs.
Nous aurions désiré trouver des renseignements précis sur le revenu des terres et le prix de la journée de travail. Nous donnerons ceux qui sont venus à notre connaissance, mais qui n'offrent rien de satisfaisant. 1° Un bail à ferme de 1511 , à raison de 16 7t aymines d'orge pour quatre champs, n'en portant pas la contenance : il indique seulement le mode d'affermage des terres. 2° Un bail à ferme de quelques terres à Montescot : il est stipulé que le fermier fournira la semence, tous les travaux jusqu'à la récolle, ainsi que ceux du sol. On convient que du produit, avant partage, on tirera la moitié de la semence, les frais
t Kn |MtiUiita :i<|iiiiii. ou 126 kil. le poids» rie l'avminc, utlriliuant au bit* relui «le flOKil pour l'Iiettolitrv . ri admettant que le >ou «le tern primitif ne vtlnl plu» qnr TiO rrntimr<. ««ri !! «nve, en effet, poui !•' prix tic I"Iir»« t«»litte •!•' I»l«* 1 fi .,'.\\
de la moisson et du battage par juments; que le maitre aura le tiers du reste , et le fermier les deux autres tiers avec les pailles. 3° En 1428 , six ayminates (environ 356 ares) sont affermées k Palol, près d'Elne, pour quatre ans. I.e prix est de 16 aymines de blé, dont 8 seront données au bout de la première année , et les 8 autres à la fin de la quatrième, durant laquelle le fermier ne pourra laisser grainer ni millet, ni trèfle. 4° En 1424, les maîtres ouvriers, entr'autres un charpentier, reçoivent pour salaire journalier 14 deniers de tern, environ 62 centimes.