DEUXIÈME NOTE CONCERNANT LES MONNAYES
Nous avons cru nécessaire d'entrer dans le détail de N° 18 6»*. l'appréciation des poids et des valeurs intrinsèques des monnaies de tern, du croat et du florin, que renferme cet article si intéressant de l'ouvrage de M. de Gazanyola, afin que la parfaite exactitude de ses calculs reconnue, pour les trois sortes de monnaies, de l'usage le plus général, on admette avec confiance, les résultats concernant les variations subies par toutes celles qui ont eu cours en Roussillon de 1258 a 1642, époque de la substitution de la monnaie française à celle du pays.
En 1767, l'Académie des Sciences fixa le poids du marc de Castille. Celui de Catalogne est d'un sixième en sus. Le Bureau des Longitudes, dans Y Annuaire de 1832, reconnut que le marc de Castille est de 250*r-,250; en conséquence, celui de Catalogne est de 268&r ,1942, cote complètement justifiée par sa liquidation à l'Hôtel des Monnaies de Paris \
Quant au marc de Perpignan, déduit des manuscrits
1 Suivant M. (ïrus^rt , <t»mmi>>,tirc adjoint à l'Holrl «ios .Monnaie» 'le Paris.
de M. de Saint-Malo , traducteur si intelligent et si consciencieux de nos antiques archives, et conforme a l'opinion si éclairée de M. Tastu, qui a fait de longues recherches dans nos Annales, on Ta coté à 267 s™*-,?!, par la comparaison directe au kilogramme lors de l'établissement du système métrique. Il paraîtra impossible que M. de Gazanyola, homme si positif et écrivant précisément sur la matière , n'eût pas découvert et indiqué la différence qui aurait pu exister entre l'ancien marc de Perpignan et celui de cette époque, tandis que les faits cités et ses recherches ne permettent pas de douter qu'elle ne fût très petite
On peut donc , avec certitude, partir de ces deux bases, et leur rapporter le poids des monnaies anciennes et actuelles. Il en résulte d'abord que la livre (12 onces)
de Barcelone sera de 402 *r ,291
celle de Perpignan, de 401(^,565
Différence très faible et qui même, suivant Joseph Bosch , aurait en quelque sorte disparu à la fin du xv« siècle.
Pour comparer la monnaie de tern a celle en usage de nos jours, nous établirons la proportion suivante : le
sol de tern ou — 7'J— ou 5*riim-,72492 : 22&r ,5 quantité d'argent que contient l'écu de 5fr :: x : ofr , d'où le sol de tern égale Ofr ,8277. Or, le sol actuel est le 7i«q de 5 francs, et contient 0sramrae,225 de fin. Le rapport
entre le sol de tern et l'actuel est donc j^ïw ou comine 1 est à 16,555. II s'ensuit qu'en 1258, ce qui est maintenant 5fr , représentait une valeur de 82fr-,775.
Nous opérerons d'une manière analogue pour le croat de Pierre III, employant loutelois un procédé différent ri plus 'simple.
Titre "/'«4 ou 0,958553.
Le poids à la taille de 72 au marc est . . 5s,72492
le croat contient donc, en argent 5 ,569715
En multipliant par 0fr,222, valeur du gramme d'argent, on obtient pour la valeur du croat , à la fin du xmc siècle, ~<K, 7952.
Traités par la voie humide , ainsi que le mode en a été adopté et prescrit exclusivement à tout autre par l'ordonnance royale du 10 juin 1850, on obtiendrait, pour les deux valeurs, 0f,8562 et 0f,7953.
Le florin de 1546 était au titre de 22 '/* karats, ou 0s,947765 de fin, représenté en or par
267,71 X 0,947765 égale 255^,72617
et en alliage 15 ,98583
total formant le marc de Perpignan. . . 267?,71000
qui, à la taille de 68, donnent. . . -^— =5?,9569H
le surplus en argent 0s,205047
la valeur intrinsèque de For du florin est donc 5k,751864 multiplié par 5fr,4444 (le kilogramme d'or étant coté
3444fr-,44) ce qui donne, en or.. . . 12f,854)
Af ai« i^,o9" en argent O^Oio)
ou en compte rond le florin de Perpignan est. 12f,90
En opérant de même pour le florin de Barcelone, on aurait, or fin 12f,896
d'où résulte, avec celui de Perpignan, une différence de 0f,042, or On.
En effet , le florin de Perpignan contient , en
or fin 5s,751864
celui de Barcelone 5 ,744191
différence. 0MH2527
qui, multipliés par 3f,4444 donnent 0f,042
Nous ne pousserons pas plus loin celle noie, suffisante pour qu'on accorde pleine confiance aux évaluations de l'auteur, qui n'a écrit qu'après avoir fait des recherches qui souvent ne l'ont conduit qu'à faire loyalement l'aveu de son impuissance à rendre plus clair un sujet difficile
à traiter. (L'Editeur.)