PROJET DE LA BODLLOUSE
N° 26 , Pour répondre au vœu de l'auteur, qui n'est ici que
(rage 447). l'écho de la population réclamant depuis long-temps qu'on forme des réservoirs propres à prévenir les funestes effets de la pénurie des eaux d'arrosage , précisément à l'époque où elles seraient le plus nécessaires, nous ferons connaître le projet de barrages à opérer au-dessus de Mont-Louis , présenté au Conseil-Général par M. Tastu , ingénieur des Ponts-et-Chaussées. Les détails de ce mémoire ayant un grand intérêt , nous pensons qu'on nous saura gré d'en donner l'analyse.
De Mont-Louis à Perpignan, la Tet a quatre-vingtquinze prises d'eau qui arrosent H.925hecUres, 86. A partir du canal de Gorbère , l'un des plus importants sur les dix qui restent, on doit en arroser 10.516" a-, 08.
Pour obvier a la pénurie qui n'existe ordinairement qu'aux mois de juillet, août, septembre, on propose deux réservoirs : 1° à la Boullotise, 11.000 mètres audessus de Mont-Louis; 2° au Pla des Abeillans , à 7.000 mètres du même point. Le Conseil-Général des Pontsr!-Chaussécs les approuva le 50 septembre 1847.
La BouUouse est située au centre des montagnes , a 2.000 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur un fond de? roche presque horizontal. Avec une élévation de 18 mètres au barrage, on y amassera 20.398.449 mètres cubes d'eau. Sa longueur serait de 484 mètres, l'épaisseur de 8 mètres à 3 mètres 50, suivant les hauteurs décroissantes par retraites extérieures de lm,50. Au Pla des AbeiUans, avec une retenue de 15 mètres de hauteur, on réunirait 3.1 48.504 mètres cubes, qui remplaceraient avantageusement 2 mètres d'exhaussement à la Boullmse.
Dépense des barrages :
BouUouse 1 . 555.276 fr- 84
Pla des AbeiUans 380.849 68
Total 1.916.126" 52
Somme à valoir 183.873 48
Dépense totale probable 2. 1 00.000 fr 00
D'où s'ensuivrait, pour la valeur capitale du mètre cubique d'approvisionnement, 0^ 10.
On estimera ainsi les pertes :
Fuite par les vannes des AbeiUans 1 .000 mèt- cub-
Par l'évaporation à 0m,004 f par jour, sur
la surface de la BouUouse. 1.543.516m q Sur celle des AbeiUans. . . 326.896
Sur un total de 1.870.412* « 7.481 raèl •«*•
Perte par 24 heures/ 8.481 mèlcab
Ou 0rac,100 par seconde, à laquelle ajoutant une égale perte pour le trajet, on arrivera comme M. Nadaud de Bufibn, au maximum d'un cinquième.
l L'évaporation, suivant DeMidoi, n'est annuellement >\»c «le 'M ponce." (O'.Nm), Uchnle des pluies en fournit plus de la moitié. * '■
Il est posé en principe qu'un demi litre par seconde suffit pour l'arrosage d'un hectare. Tous les canaux actuels en prennent bien plus. Ainsi , Me a 2 mètres cubes pour 836 hectares; Thuir, lm%80 pour 1 .338 hectares , etc. ; mais il s'en perd prodigieusement.
Les canaux supérieurs, jusqu'à et y compris celui de Corbère, n'éprouvent jamais de pénurie. En 1849, année exceptionnelle, il débitait lmc-,769, et même Me, après lui, 0mc-,825 par seconde.
Hors de la pénurie, ils prennent :
Celui d'Ille 2mc-,00\
— de Thuir \ ,80f 7mc,06
— de Perpignan 1 ,66 (sous Corbère,
— deMillas i ,607
Quand pour 6.113Ha,83 de leur irrigation, il suffirait de 3m c,057.
Sous Millas , quand la Tet est à sec , on trouve encore au canal de Corneilla 0m c-,400 par seconde; à celui de Pézilla 0mc,500. Ceux du Vernet, de Pia, des Quatre- Cazals, ont aussi plus d'eau qu'il n'en faut pour l'irrigag tion en toute saison : c'est le produit de nappes souterraines. Ainsi, il n'y a qu'à pourvoir aux 6.H3Ha,85 des quatre territoires d'Ille, Thuir, Millas et Perpignan. Notre réserve de 23m c, 546955, qu'on dériverait un peu au-dessus de la prise d'Ille, suffirait donc pour faire face à 3.886Ha,I7 d'arrosage en sus, en tout 10.000 hectares.
Le bassin de la Tet , au-dessus de la Boullousc , ayant une surface d'au inoins 5.000 hectares, le remplissage des deux retenues n'est pas douteux. En réglementant les canaux supérieurs à Corbère , on ferait de notables économies, au profit des canaux inférieurs sujets à la pénurie: et même en appliquant les excédants aux mon-
lagnes entre Mont-Louis et le canal d'ille, on acquerrait pour l'arrosage 3.000 hectares de plus.
Les 5 mètres cubes par seconde, dont on pourrait disposer, seraient répartis ainsi :
Pour le canal d'ille, arrosant. . . 856Ha - 0m c ,418
— de Tlmir 1 .358 — 0 ,669
— de Perpignan. . . . 5.290 — 1 ,645
— de Millas 650 — 0 ,325
Et pour le nouvel arrosage. . . . 5.886 — 1 ,943
Le barrage du nouveau canal qu'on établirait dans les rochers sous Rodes, aurait : de longueur, 85 mètres; de hauteur, sur les fondations, 4m,20; d'épaisseur, 5m,20; il serait commun à tous les canaux; on lui donnerait de 2 k 5 mètres de large et au moins lm,20 de profondeur.
On peut porter la dépense des canaux h 700.000f, d'après le règlement des quotes-parts de chacun, suivant qu'on arroserait des canaux anciens, ou qu'on ferait partie des arrosages nouveaux, augmentées d'un cinquième pour les frais d'administration.
Les arrosants du Canal d'ille payeraient , par hectare. 25r
— de Thuir 169
— de Perpignan 169
— de Millas 144
Et ceux du nouveau canal 634
L'entretien annuel serait assuré moyennant une dépense correspondant à moins de 10f pour les anciens, de 51f,50 pour les nouveaux arrosants. A l'égard du bassin du Tech, il a été constaté, par divers jaugeages, exécutés contradictoirement, que le débit d'étiage au Boulou s'élevait à
4.401 litres par seconde. Une ordonnance du 20 mars 1841 , ne distribuant que 3.509 litres entre les divers canaux anciens et modernes, ainsi que pour les usines, il en resterait 892 dont Céret et Maureillas réclament la concession. On pourrait aisément ménager des ressources pour les temps de pénurie, plus rares au surplus dans ce bassin que dans celui de la Tet, en établissant a peu de frais, sous Corsavi, au pont dit de la Fou, un barrage solide rattaché à deux rochers. L'étang qui s\ formerait cuberait 2.240.000 litres. Ce nombre, divisé * par 5 minutes 184.000 secondes répondant à deux mois de pénurie, donne 452 litres par seconde, qui fourniraient a l'arrosage de 864 hectares. Le bassin de l'Agi} ne parait guère susceptible d'augmentation.