DROITE
De Perpignan à Villefranche.
Vl«
De Perpignan à Port- Vendras.
Vu
De la frontière du Languedoc
Vis
La différence d'un sixième, que nous avons trouvée ci-dessus entre les deux distances de Ruscino à Gérunda, prises l'une en ligne droite et l'autre en suivant la route, est beaucoup trop considérable pour pouvoir être uniquement attribuée aux sinuosités ordinaires des chemins. Elle doit provenir de ce que cette voie romaine s'écartait fortement de la ligne droite. Un coup-d'œil jeté sur la carte, nous convaincra aisément que la seule cause admissible d'une aussi grande déviation, est le pas-
sage des Pyrénées. Il faut donc que la voie romaine ait traversé cette chaîne par un point fort éloigné de la ligne droite tirée de Ruscino à Gérunda. Si sur la feuille de Y Atlas National comprenant le département des Pyrénées-Orientales, on place la ville de Girone, autrefois Gerunda, ce qui est très facile, puisque Ton connaît sa latitude et sa longitude, et si Ton tire une ligne droite de cette ville à Castell-Rosscllo , autrefois Ruscino, elle passera entre Bellegarde et le Col de lu Massana ; mais trop près de ces deux points pour que ce très faible écart eût pu produire une différence aussi énorme entre la longueur de la route et celle de la ligne droite. On ne peut donc supposer que la station de Summo Pyrenœo ait existé auprès de Bellegarde ou sur le Col de la Massana, et on ne saurait la fixer convenablement qu'aux environs de Cerbère, avec d'autant plus de fondement que tous les renseignements fournis par les historiens, les géographes, les monuments, les inscriptions, nous indiquent la direction d'une voie romaine vers ce point, qui est le seul de nos Pyrénées pouvant satisfaire à la condition imposée au Summo Pyrenœo par les itinéraires, d'être , à la fois , à 45 milles de Gérunda et à 25 de Ruscino.
Nous connaissons la position de quatre des six stations qu'elle nous offre sur le territoire roussillonnais, ce sont : Salsulis, Ruscino, Illiberis, Swnmo Pyrenœo. Les trois premières sont indiquées par leurs ruines, ou par des lieux voisins qui ont pris à peu près leur place. Quant à Summo Pyrenœo, établi probablement dans un édifice isolé, on n'en trouve plus de traces. Quoique la situation de ces quatre stations ne soit pas donnée avec une précision mathématique, elle est cependant assez exacte pour nous faire connaître la véritable direction de la route, et