CHAPITRE TROISIÈME
c'est sur celte direction que nous placerons Ad Centuriones et Combusta. En ce qui concerne la première, nous ferons observer qu'elle doit se trouver entre Elne et Summo Pyrenœo, à environ 12 milles de l'un et 5 milles de l'autre. Si, à peu près sur la ligne de réunion des deux stations, on prend un point qui satisfasse a ces deux conditions, il tombera vers le pied de cette montagne de Madeloth, où nous avons dit qu'on avait trouvé une inscription attribuée au tombeau d'un officier romain, dont le grade aurait pu être l'origine du nom donné à cette station. Celle de Combusta doit être à 4 milles de Salsulis et à six de Ruscino, sur la voie qui allait de l'une de ces villes à l'autre, c'est-à-dire très près du village actuel de Saint-Hippolyte. Nous savons que cette route ne s'écartait guère de la ligne droite, dont la longueur, mesurée sur la carte, est de 14.310 mètres, tandis que la route est de 10 milles ou 14.500 mètres. Au sortir de Ruscino, elle passait probablement entre le village actuel de Bonpas et la métairie de la Grange, dont quelques propriétés sont dites, dans un acte de 1565, confiner avec la Carrera de Carlos Magno. De là, elle se dirigeait vers le Pont Traucat, épithète indice d'une grande vétusté, qu'il portait déjà en 1569, époque où le chemin qui venait y aboutir, en partant de Pia, était appelé indifféremment Cami del Pont Traucat, ou de la Caussade, en langue vulgaire, ou Calciata, en latin, dont la signification prouve assez qu'une chaussée avait passé sur ce pont. De là , cette chaussée pénétrait dans le territoire de Pia, traversant un terrain boisé, appelé la Fenna morte, jusqu'aux ruines d'un pont dit de PacaLs. C'est du moins ce que parait prouver l'acte suivant : Le 6 juin 1415, chez Jacques Nadal, notaire de Perpignan, le roi d'Aragon inféode, pour un denier de cens,
à un propriétaire de Pia, un lambeau d'une ancienne route de Salses, abandonnée depuis fort long- temps. Ce lambeau, situé dans une partie du territoire de Pia, portant alors comme aujourd'hui le nom de la Ferma morte, et touchant aux ruines du pont de Pacals, ne pouvait appartenir au Roi, qui n'était pas le seigneur particulier de Pia , que comme ayant Tait partie d'une grande route abandonnée. On voyait encore en ce lieu, il y a cinquante ans, une substruction en briques, qu'on disait avoir servi de fondement à la culée méridionale d'un pont construit autrefois sur la Gly. On disait aussi que la Carrera de Carlos Magno avait passé par Ut. Après le passage de la rivière, la route se dirigeait sans doute vers Salses, à travers une plaine caillouteuse, aujourd'hui plantée en vignes. C'est donc à peu près sur cette direction, et à 4 milles romains avant Salses, qu'on pourrait trouver les ruines de Combusta. On chercherait vainement dans ces parages quelques traces d'habitations romaines; mais, dans le mois d'octobre 4847, on a découvert, enfoui dans l'église de Saint-Hippolyte , village très voisin de la direction que j'avais supposée a la voie romaine, l'inscription dont nous avons parlé plus haut, qui doit avoir appartenu h. une colonne milliaire, objet qu'on ne trouve guère que dans le voisinage des anciennes voies militaires.
Occupons-nous à présent de la première des deux voies de l'Itinéraire. La partie de cette route comprise entre Salsulis et Juncaria parait différer entièrement de la partie correspondante de la voie décrite dans la quatrième colonne du tableau. Elle offre moins de stations intermédiaires, et sa longueur est presque double. Observons que celle de la quatrième colonne, étant bien certainement la inéine dont parlent Polybe etStrabon, existait par consé-