CHAPITRE SIXIÈME
noncerait aux villes de Barcelone , Girone et Urgel. L'année suivante, le Roi de France sépara la Marche d'Espagne du Marquisat de la Septimanie. Jusqu'à cette époque, le Roussillon, gouverné par des Comtes particuliers, se trouvant enclavé entre ces deux contrées, avait toujours fait partie de la province qu'elles formaient. Il parait qu'après cette séparation, il resta annexé a la Septimanie; du moins, dans une charte de l'an 869, Charles-le-Chauve donne à Dodon le hameau de Prunet, qu'il dit être situé au-delà de la Septimanie, dans un canton du Roussillon1. On peut même croire que les Marquis de Septimanie conservèrent une certaine juridiction sur le Comté de Roussillon, au moins jusqu'en 875; car on trouve un jugement rendu cette année par Isambert, lieutenant du comte Bernard II, qui prescrit de rendre le lieu de Saint-Félix à l'Évêque d'Elne, sur lequel il avait été usurpé par un nommé Ausvaldus. Cette dépendance ne fut pas de longue durée; et si tous les documents venus à notre connaissance prouvent que les Comtes de Roussillon reconnurent toujours la suzeraineté des Rois de France, il n'en est aucun d'où Ion puisse inférer qu'après l'an 900 ils aient dépendu des Marquis de Septimanie ou des Comtes de Barcelone. Probablement, le Comte de Roussillon, maître de ce pays au nord, et du Comté d'Ampurias au sud des Pyrénées, limite naturelle de la Marche d'Espagne et de la Septimanie, se trouva assez puissant pour se soustraire à la dépendance du Comte de Toulouse sans se soumettre à celui de Barcelone; et le titre d'ami que lui donne Lothaire dans une charte de 981 , prouve assez qu'il était son vassal immédiat. Cependant, M. Henry et Don Prosper Bofarull, veulent qu'il dépendit du Comte de Barcelone, que ce dernier
1 bifrh S(plimnni(Z reymim in pago Hosnllionciisi.
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prétend avoir été de droit et de (ait indépendant du Roi de France. /Appendice, n° \.)
Sons les premiers Carlovingiens, le Roossillon fut gouverné par des Comtes qu'ils nommaient et révoquaient k leur volonté. H serait très difficile et peu intéressant de débrouiller la suite de ces Comtes. Gouverneurs amovibles d'une petite portion de la Septimanie, ils n'ont laissé qu'une bien faible trace d'une magistrature temporaire et subalterne, bans les chartes peu nombreuses de cette époque reculée, les Seigneurs prennent souvent le titre de Comte, sans désigner le pays soumis à leur autorité. On le connaît quelquefois lorsque la charte est relative à des actes d'administration exercés dans un lieu dont la situation actuelle est bien déterminée. Nous sommes souvent privé de cette ressource par rapport au Comté de Roussillon , dont les limites ne paraissent pas avoir été toujours les mêmes. Il nous est impossible de préciser l'époque et le mode de ce changement. Les Rois de France, maîtres de la Septimanie, établirent des Comtes dans les divers Diocèses, dont la circonscription, si elle n'était pas trop considérable, fut aussr celle du Comté. Le Diocèse d'Elne n'étant pas trop étendu , ne renferma probablement que le seul Comté de Roussillon ; aussi, dans le IXe siècle, le pays et l'Évéque sont désignés indifféremment, le premier, par le nom de pages ou comitalus Rmcilionensis ou Elnensis; le second, par celui de Episcopus Elnensis ou Rusciliotiensis. Cet usage ne subsista point dans le Xe siècle, et depuis cette époque, l'Évéque est toujours appelé Elnensis et le pays Ruscilionensis. On voit aussi dans ce siècle plusieurs endroits désignés comme appartenant à la Cerdagne ou au Comté de Resalu, qui, dans le précédent, avaient fait partie de celui de Roussillon. Il est donc présumable