‹ Histoire du Roussillon, publ. et augmentée de quelques nouveaux documents historiques par leChapitre 61 sur 282 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

que ce Comté perdit, vers Tan 900, quelques parties du Diocèse d'Elne.

Gaucelm, fils de saint Guillaume, est le premier Comte de Roussillon dont il soit fait mention ; il est nommé le second parmi les Comtes auxquels Charlemagne adresse son ordonnance du 4 des nones d'avril 812, en faveur de quelques Espagnols réfugiés dans ses États. Ce Seigneur possédait en 813, outre le Roussillon, le Comté d'Ampurias. Louis-le-Débonnaire lui ôta ce gouvernement en 850, pour le punir d'avoir trempé dans la conspiration de son frère Bernard, duc de Septimanie. 11 rentra bientôt en grâce auprès de l'Empereur, et fut en 834 victime de sa 854. fidélité à le servir; car ayant vaillamment défendu Châlonssur-Saône contre les troupes de Lothaire , il fut pris et décapité par les ordres de ce fils rebelle.

En 832, on voit un comte Bérenger tenir un plaid a Elne, dans lequel on fit restituer à Babila, abbé d'Arles, des terres usurpées sur ce monastère. Nous ne compterons pas ce Seigneur parmi les Comtes amovibles du Roussillon, parce qu'il paraît être ce Bérenger, comte, marquis ou duc de Septimanie, envoyé pour réformer les abus qui s'étaient glissés dans l'administration du pays par la négligence de Bernard.

De 843 à 850, on trouve un Comte de Roussillon, appelé Suniaire; mais on ne connaît aucune particularité de sa vie. On ignore même l'année de sa mort. Dans un plaid tenu le 6 des calendes de septembre 868, par le comte Salomon, on réclamait de Vitiza, abbé d'Exalada, l'aleu de Canaveilles-en-Con lient, donné à son monastère par Anne et sa mère Rotrude, fille de Béra, comte de Roussillon. Le mandataire de Salomon soutenait, qu'appartenant au fisc, Béra n'avait pu l'aliéner. L'Abbé offrit de prouver par témoins que, propriété particulière du comte

Béra, cet aleu lut transmis, avec ses autres biens, à sa fille Ro trude, qui en avait joui paisiblement pendant plus de trente ans avant d'en disposer. D'après ces indications, le père de Rotrude nous parait être Béra, comte de Barcelone, proscrit en 820, et n'ayant eu d'autorité en Roussillon qu'en sa qualité de gouverneur de la Marche d'Espagne. Quant a Salomon, les chartes et les annalistes nous le représentent comme ayant mission (inissus), sans nous dire a quel titre, tantôt en Roussillon, tantôt en Cerdagne, tantôt dans la Marche d'Espagne. Nous croyons qu'il gouverna en qualité de Marquis ou Comte de cette Marche, dignité dans laquelle il fiit remplacé par Vuifred-le-Velu.

Quoi qu'il en soit, laisserons-nous le Roussillon sans Comte depuis ce Salomon jusqu'à Suniaire II, regardé comme la tige des Comtes héréditaires de cette province, 900. et régnant vers l'an 900? Ou bien, une pareille lacune n'étant guère probable, placerons-nous parmi ces Comtes héréditaires ou amovibles, Radulphc et Miron , que Ton croit frères de Vuifred-le-Velu, comte de Barcelone, fils de Sunifred et d'Ermessindc, propriétaires de domaines considérables dans le Confient, sous le titre de Seigneurs d'Arria (Ria), maintenant modeste village auprès de Prades? (Appendice, n° 5.)

L'Art de vérifier les Dates admet le premier, rejette le second, admis par Dom Vaissette. M. Fossa a cru devoir les exclure tous deux de la liste des Comtes de Roussillon, où il les avait d'abord inscrits. Examinons quels peuvent avoir été leurs droits à y ligurer.

Radulphc parait dans plusieurs chartes avec le titre de Comte : ces chartes nomment son père, sa mère, ses frères, son iils, sa femme; elles parlent des dons faits par lui a diverses églises, mais ne font jamais connaître le pa\s dont l'administration lui était confiée.

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