‹ Histoire du royaume de Tch'ou: 1122-223 av. J.-C (volume 2)Chapitre 6 sur 33 · OU- WANG · texte numérisé non relu

OU- WANG

C'est à Tannée 722 que commence la fameuse chronique de Confucius intitulée Tch'oen-ts-ieou ^ JÇ. C'est elle qui désormais, avec les commentaires de Tsouo-k'ieou Ming & Si ^M' nous fournira de plus amples détails sur le royaume de Tch'ou.

Voici donc ce que Thistoire rapporte, au sujet de Ou-wang (Tsouo tchoan ^ ^, vol. 3, p, 13):

En 706, il menaçait la principauté de Soei |5§, la plus puissante du bassin oriental du fleuve Han j^ ^ (2), un marquisat dont le titulaire était membre de la famille impériale (Ki ^) ;

(1) Etablir ujie chronolotne exacte, la faim concorder avec celle des nations de l'Occident, c'est le r«*ve, le tourment, le désespoir niAme de quiconque travaille sur l'histoire de la Chire.

Une des premières difficultés qu'il rencontre est celle-ci : chaque nouvelle dynastie impériale, en arrivant au trône, changeait le calendrier, et l'imposait aux vassaux; pour montrer qu'elle avait tout pouvoir, au ciel et sur la terre. Mais on n'obéissait pas toujours, ni partout.

Seule, la dynastie Song ^ r.^prit le calendrier de la dynastie Hia 5» dont elle tirait son origine.

Une seconde source d'erreurs, c'est que les mots printemps, été, automne, hiver n'ont pas le sens que nous leur donnons chez nous ; il ne faudra plus l'oublier ! Désormais donc, d'après le calendrier astronomique chinois :

Printemps signifie 1"*', 2* et 3* lunes, c'est-il-dire, de la mi-novembre à la mifévrier.

Eté : 4*, 5* et 6« lunes, de la mi-février à la mi-mai.

Automne : 7*, 8« et 9« lunes, de la mi-mai à la mi-août.

Hiver : 10«, 11* et 12*^ lunes, de la mi-août k la mi-novembre.

(2) Soei=était un peu aud de Soei-tcheou BB /T|î à 180 li nord-ouest de Té-ngan fou @ 3^ Jn THou-pé]. (Kiang-yu-piao, vol. JLj p. 17).— (Tsouo-tchoan, édition impériale, vol. 5, p. 10).— fp. Fa. vol. 21, p. 17).

mais il ne put alors s'en emparer. L'auteur en donne une explicatiofi bien chinoise ; c'est un type qu'il convient de montrer, pour faire connaître tout de suite le genre des lettrés :

Ou-wang, dit-il, envoya le grand-officier Wei-tchang ^ ^ (1) au prince de Soei, lui proposer un traité d'amitié; une armée accompagnait l'ambassadeur; elle s'arrêta à Hiai J^ (2), pour attendre la réponse. De son côté, le prince députa pour les négociations l'officier Chao-che Jp gjj, son grand favori. Quand celui-ci fut arrivé au camp, Teou-pé-pi m f|^ J^^, grand-officier de Tch'ou, dit à l'ambassadeur: Si nous ne réussissons pas dans notre entreprise, ce sera bien notre faute; nous n'en prenons pas les bons moyens; nous montrons avec orgueil nos trois corps d'armée, nos bonnes armures, nos épées bien aiguisées; nous annonçons ainsi que nous voulons subjuguer ce pays par la force. Toutes les principautés, craignant pour elles-mêmes, s'unissent, tiennent conseil, pour nous résister en masse; comment pourronsnous rompre cette coalition, et nous faufiler à travers ses débris disjoints? Soei est le plus puissant de tous ces pays; s'il venait à s'enfler d'orgueil, il mépriserait les autres; ceux-ci l'abandonneraient; alors nous pourrions profiter des circonstances ; le délégué Chao-che est un homme léger; n'exhibons devant lui que des troupes de chétive apparence; tout de suite «la crête lui enffera.»

Hiong-choai-ts4é-pi ]||^ JL Jt, autre grand-officier de Tch*ou, répliqua: Ki-liang ^ ^, un si grand sage, est près du délégué; notre stratagème sera percé à jour et n'obtiendra rien. — Essayons-le, répondit Teou-pé-pi; tôt ou tard il réussira; car Chao-che a l'oreille du prince, et il est tout-puissant.

On ne fît donc paraître devant le délégué que des troupes de chétive apparence. Celui-ci, retourné chez lui, pressa le prince de Soei d'attaquer une armée si délabrée. Ce mauvais conseil allait être mis à exécution, quand le sage Ki-liang se présenta et dit au prince : le ciel bénit le pays de Tch'ou; cette chétive apparence n'est qu'une tromperie pour vous leurrer; pourquoi vous hâter si fort ? Les anciens disaient: pour qu'une petite principauté puisse résister à une grande, il faut que la petite pratique la vertu, tandis que la grande se relâche. Or, la vertu consiste à être dévoué à son peuple et loyal envers les Esprits; si les supérieurs cherchent l'avantage du peuple, ils lui prouvent leur dévouement; si les ministres des autels se montrent véridiques, on est loyal envers les Esprits. Pour le moment, le peuple souffre de la faim; tandis que le prince suit tranquillement le

(1) Ce nom s'écrit plus ordinairement j,^ • Divers auteurs l'écrivent 3S ou ^^» C'était une grande famille princière du royaume de Tch'ou.

(2) Hiai=On n'en connaît pas la situation exacte ; il ne faut pas la confondre avec une ville de ce nom, dans la province du Chan-si llj yS '

train de ses plaisirs; dans les sacrifices, les ministres des autels sont fourbes et menteurs. Je suis bien inquiet sur le sort de notre expédition!

Mes victimes, répondit le prince de Soei, sont irréprochables, grasses, succulentes; le millet le plus pur; en quoi suis-je déloyal envers les Esprits ? Veuillez donc m'en instruire.

Les Esprits, reprit Ki-liang, se conforment aux désirs du peuple; voilà pourquoi les anciens « saints empereurs » s'appliquaient à procurer le bonheur du peuple, afin d'en être aimés. Quand ils offraient des sacrifices, ils avaient raison de dire: voilà des victimes bien grandes et bien grasses! cela signifiait que le peuple était à l'aise, et qu'il était appliqué à Ses travaux, ce qui permettait d'avoir des victimes nombreuses, magnifiques, sans tache, parfaites sous tous rapports. Présentant le millet, ils avaient raison de dire : « C'est le plus pur, le meilleur de la récolte ! » Cela signifiait qu'aux tVois époques de l'année où le peuple est occupé aux travaux des champs, rien ne l'avait distrait. Présentant le vin, ils avaient raison de dire: «Avec le plus entier dévouement, nous olïrons ces douces liqueurs ! » Cela signifiait que tous, supérieurs et inférieurs, pratiquaient une vertu parfaite. Ainsi les sacrifices exhalaient un parfum sans mélange, emblème de la concorde et de la paix. Laissez donc à votre peuple les trois saisons nécessaires à l'agriculture; faites que la doctrine des cinq relations sociales et des neuf degrés de parenté soit bien comprise et bien pratiquée ; après cela, offrez vos sacrifices. Le peuple étant heureux, les Esprits vous béniront ; toutes vos entreprises réussiront à merveille. Pour le moment, hélas! le peuple est divisé; la discorde rend ses vœux inutiles; votre Seigneurie offre en vain de riches sacrifices pour sa propre personne, elle ne peut espérer les bénédictions célestes; qu'elle aille d'abord pratiquer un gouvernement paternel, où fleuriront toutes les vertus ; alors elle échappera à toutes sortes de calamités.

Telles sont les paroles que les lettrés placent sur les lèvres de leur illustre Ki-liang. C^est leur ritournelle favorite ; ils la répètent sur tous les tons dans leurs livres, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Voilà cette sublime philosophie accessible seulement aux plus fins lettrés ; le vulgaire ne pourra jamais porter si haut son vol. Heureux mortels, qui ont fini par découvrir le soleil !

Par bonheur, le prince de Soei était un génie capable de comprendre de telles leçons ; il se mit à pratiquer un bon gouvernement, et le roi de Tch'ou n'osa pas l'attaquer, disent triomphalement nos philosophes.

Se-ma-ts'ien "^ J|| ^ a cependant une autre manière de raconter le même fait. Selon lui, le roi de Tch'ou aurait crûment répondu aux plaintes du prince de Ôoei : Je vous attaque parce

que je suis un sauvage (Man i g |^), et que je me sens la force de vous vaincre; tous les princes vassaux agissent maintenant à leur guise; personne n'a cure de l'empereur; ils s'entre-tuent les uns les autres sans s'occuper de lui. Ainsi moi, ayant des cuirasses, je veux essayer ce qu'elles valent; si vous voulez éviter mes coups, obtenez de l'empereur qu'il reconnaisse mon titre de roi !

Ou-wang était ambitieux; il voulait être reconnu membre et dignitaire de la grande famille chinoise, et regardé comme l'égal des autres vassaux, princes de la maison impériale Tcheou ^. Mais, pour lors, il subissait un refus complet de l'empereur; il en était très humilié. Après d'humbles débuts, son pays s'était grandement développé sous une administration active et intelligente, et de gré ou de force, les sauvages Voisins s'étaient soumis. Energique, entreprenant, Ou-wang avait acquis une véritable autorité sur les autres princes, qu'il gouvernait de fait comme un roi : le titre seul lui manquait. Il voulut essayer un coup d'audace ; mais son expédition n'étant pas suffisamment préparée, il eut la sagesse d'y renoncer pour le moment (1).

L'entreprise, en effet, était périlleuse. Le marquis de Soei avait sous la main les autres principautés du bassin oriental du fleuve Han ; même sans leur appui, la résistance était encore facile, car la capitale avait de magnifiques fortifications naturelles. A 120 li à l'ouest se trouvait la montagne Ta Hong-chan :/\; 8^ lU (2), d'une étendue de cent li, élevée, abrupte, une vraie tour de forteresse au bord d'un grand lac ; une poignée d'hommes y eût pu tenir tête à une armée. A 40 li au nord était la montagne de Li-chan J^ |lj, qui de tout temps avec ses défilés a joué un grand rôle dans l'histoire; montagne sacrée pour les Chinois, puisque c'est de là qu'est sorti Chen-nong jj^ J^ (3). A l'époque dont nous parlons, il y avait là une petite principauté appelée Li-kouo ^ @. A 70 li sud-est de la capitale se trouvait la montagne de Tsing-lin-chan ^ ^ llj, c'est-à-dire «montagne couverte d'épaisses forêts.» A 50 li nord-est était la montagne si importante de San-tchong-chan H^ ® [Ij, c'est-à-dire «montagne des trois cloches.» Pendant les guerres civiles, c'était le grand refuge des armées, région dangereuse à prendre, facile h garder, ouvrant les chemins vers les plaines chinoises du fleuve jaune. Toujours dans la même direction nord-est, à 60 li au

(1) p. Fa. vol. 21, pp. 17 et siiiv.

(2) g. Fa. vol. 77, p. 35.

(3) C'est pour cela que Chen-nong est appelé Li-cbau che Jj^ \\i ]^- La principauté de Li existait encore en 645, puisqu'en cette année les pays de Ts'i ^ et de Ts'ao Ç lui faisaient la guerre; son titulaire était du clan Kiang ^i et descendait de Chennong. (Kiang-yu-piao, vol. JQî P- 20).

nord de la ville actuelle de Yng-chan bien i{| |Il J||, dans la préfecture de Té-ngan fou ^ ^ )^ [Hou-pé], se trouvait le fameux défilé de Ming-ngo 31 PE^ appelé maintenant P*ing-tsingkoan ^ ]^ p. Un peu plus au nord-ouest, à 90 li au nord de Yng-chan bien, se trouvait le dangereux défilé de Pé-yen koan "S J% M^ ^^ «d^s cent oies sauvages;» il s'appelait autrefois Tche-yuen ]j|[ ^. Venait ensuite un autre défilé nommé Hoanghien koan ^ |li£ ^, et aussi Kieou-li koan :^ H H, à -90 li au sud de la ville actuelle de Sin-yang tcheou '^ |^ i;|f| [Ho-nan], puis le défilé de Ou-yang-koan ^ |^ ^, à 130 li nord-est de Yng-chan hien ; très fameux dans les anciens temps, sous le nom de Ta-soei ^ |^. Ces trois défilés, taillés de main d'homme dans le roc, étaient aussi étroits qu'une porte ; on les nommait encore les trois barrières de Y-yang (Y-yang-san-koan ^ ^ H ^). Il y en avait encore d'autres plus petits et moins dangereux (1). Dans cette même direction nord-est, à 183 li de la capitale, était enfin le fameux passage Ou-choei-koan ^ ifC ffl, ou «des cinq torrents.» Telles étaient les montagnes qui protégeaient cette capitale de Soei (2).

Quant aux rivières, il y avait près de la ville, à l'ouest, le torrent Yun \^ venant de la montagne Ta hong-chan :;^ ^ lU ; puis, 30 li plus loin dans la même direction, la rivière Tchachoei JH ;^ ; enfin, au sud, la rivière Lang-choei jg -^ qui vient de la montagne Ta-yuen chan ;;R; Je lU-

Comme on le voit, le pays n'était pas facile à attaquer. Ouwang cependant le convoitait, car de là il espérait s'avancer au nord, vers les régions chinoises, en s'annexant tous les pays dont Soei était la clef. Le fruit était tentant^ mais il n'était pas encore assez mûr. Ou-wang se résigna à faire un traité de paix provisoire, en attendant des circonstances favorables.

Deux ans plus tard, il crut le moment venu de reprendre la campagne. Tsouo-k'ieou-ming 2£ £ Bfl en donne les détails comme il suit. L'officier Chao-che /|^ Èjj était de plus en plus en faveur à la cour de Soei et il était vraiment tout-puissant. Sur ce, Teoupé-pi m fjÉI J^b' officier de Tcb'ou, dit à son prince: Nous avons trouvé le défaut de la cuirasse ; nous pouvons maintenant réussir ; profitons de l'occasion qui s'offre à nous, voici que le prince de Soei n'écoute que son favori ; nous aurons beau jeu avec ce

(1) Pour ces détails et autres plus complets, voir : g. Fa. vol. 77, 84 et suiv.-— p. Fa vol., 21, p. 18.— vol. 11, p. 8.

(2) Toute cette chaîne de montagnes, situées entre les provinces actuelles de Hou-pé et de Ngan-hoei, est la prolongation de la fameuse chaîne appelée K'oen-luenchan â '^ |ll i celle-ci, partant de la haute Asie, descend vers le sud du Chen-si, où elle ressemble assez aux Pyrénées ; puis elle ccntiuue vers le sud-est, étendant ses dernières ramifications jusque dans le Ngan-hoei.

prétentieux ! Il ne fallait plus qu'un prétexte pour recommencer les hostilités ; il se présenta bientôt ; voici comment.

Ou-wang avait annoncé, pour l'été de 704, une assemblée de tous les petits princes, vassaux du pays de Tch*ou et de ses voisins. La réunion se tint dans la ville de Tch'en-lou f^ |^ (1) ; mais les deux princes de 8oei et de Hoang ^ ne s'y rendirent pas. Ou-wang députa son officier Wei-tchang |^ jj^ pour admonester le prince de Hoang. Il conduisit lui-môme une armée contre celui de Soei, et établit son camp entre les fleuves Han ^ et Hoai Jt (2).

Le sage Ki-liang ^ ^ conseillait à son maître de reconnaître sa faute, et de se déclarer l'humble serviteur de Tch^ou. Si Ou-wang, disait-il, n'accepte pas notre soumission, nous pouvons oser le combattre ; d'une part notre peuple sera indigné de telles prétentions ; de l'autre, Tarmée de Tch'ou, trop confiante dans la victoire, négligera les précautions nécesaires dans une campagne.

Chao-che réprouva cet avis. «Allons immédiatement livrer bataille, disait-il ; sinon, nous allons encore manquer une victoire facile ; j'ai vu de mes yeux cette armée, misérable ! Qu'attendonsnous ? »

Le prince de Soei inclinait pour le combat; mais il voulut auparavant se rendre compte de l'état des troupes ennemies. Il se rendit donc sur un lieu élevé d'où il pût les examiner à loisir. Ki-liang lui dit alors : les gens de Tch'ou tiennent le côté gauche pour le plus honorable ; leur prince se trouvera donc de ce côté ; évitons l'aile gauche, attaquons l'aile droite; c'est la plus faible, nous sommes sûrs de la vaincre; celle-ci battue, toute J'armée sera ébranlée, et alors nous nous jetterons sur l'aile gauche.

Chao-che s'y opposa de nouveau. Ne pas s'attaquer directement au roi, disait-il, ce n'est pas combattre ! Son avis prévalut. On livra bataille à Sou-ki ^i^ (3). L'armée de Soei fut battue; le prince prit, la fuite, abandonnant son char de guerre et Chaoche aux mains de Tepu-tan m ^, général de Tch'ou.

En automne, les deux princes étaient sur le point de conclure la paix, lorsque Ou-wang voulut finalement rompre les

(1) Tch'en-lou= était une ville de Tch*ou; elle se trouvait à 60 li à l'est de Tchon^siang bien @ jj^ l||) dans la préfecture de Ngan-lou fou ^JSÎm [Hou-pé] .(Tsouotchoan, Edition impériale, vol. 5, p. 20).

(2) La capitale de Hoang était à 12 li à l'ouest de Koang-tcheou 36 ffl [Ho-nan] . (Tsouo-tchoan, Edition impériale, ibid.)— (Kiang-yu-piao, vol. X ' P- 16). Une partie de Hoang-tcheou fou ^ ïtl /lï [Hou-pé] , faisait aussi partie de cette principauté de Hoang. (p. Fa. vol. 21, p. 8).

L'armée de Ou-wang campait à Koang-hoa-tch'eng Tu TU ^' à 20 li sud-est do Soei-tcheou |î§ yi\ ? comme il est indiqué g. Fa. vol. 77, p. 35.

(3) Sou-ki = se trouvait au nord de Yng-chan bien ^S lU Ji^) dans la préfecture de Té-ngan îovt ^ ^ J^- (p. Fa. vol. 21, p. 18).

pourparlers. Teou-pérpi SJfÉf ifc lui dit: puisque le ciel a, ©nlevé le virus de la plaie, la mort est conjurée. Chao-che étant sorti de Soei, ce pays n'est pas encore voué à la ruine ! Grâce à cette remarque, la paix fut conclue.

En 703, le vicomte de Pa g^ (1) envoya le grand-officier Han-fou 1^ flR à la cour de Tch'ou, prier Ou-wang d'ordonner à son vassal, le prince de Teng gj (2), de faire avec lui un traité de paix. Ou-wang députa le graïad-ofïîcier (ta-fou :ffi^) TaO'tch'ao i£ W pour accompagner l'ambassadeur. Mais sur la frontière de Teng se trouvait la tribu des Yeou'jen Hg A (3) ; ceux-ci massacrèrent les deux envoyés, puis firent main-basse sur les cadeaux destinés au prince de Teng. A cette nouvelle, Ou-wang dépêcha Wei-tchang J^ ^ à la cour de Teng, blâmer ce prince, comme complice de ce méfait; mais celui-ci ne voulut pas se reconnaître coupable, et nia tout.

Ou-wang ordonna au général Teou-lien H ^ de réunir son armée aux troupes auxiliaires de Pa, et d'aller assiéger la ville de Yeou. De son côté, le prince de Teng envoya une armée à son secours; elle était commandée par les deux officiers Yangcheng ^ $J5 et Tan-cheng fl^ ^. Ceux-ci donnèrent par trois fois la charge aux assiégeants, sans pouvoir les repousser, A la quatrième, Teou-lien, qui était au centre avec ses gens, simule une fuite; aussitôt l'armée de Teng s'élance à sa poursuite. A un moment donné, Teou-lien reforme ses rangs et fait volte-face; les troupes de Teng prises entre deux feux sont mises en pleine déroute; Tarmée de Yeou s'enfuit pendant la nuit; la ville tombe ainsi au pouvoir des assiégeants; la victoire était complète.

En 701, Ou-wang ordonnait à son grand-officier (ta-fou ^ ^) Kiué hiai Jg Jg d'aller en tête d'une armée, faire un traité de paix et d'alliance avec les deux petites principautés de Eul fJJ et fie Tchen ^ (4). Il y eut des opposants parmi les princes de

(1) La principauté de Pa = C'était la préfecture actuelle de Tchong-k'ing fou 9t )n^ dans la province du Se-tch'oan. (p. Fa. vol. 24, p. 7). — Ses princes étaient

de la famille impériale Toheou ^ | ils s'appelaient Ki 5^ • Plus tard, elle fut annexée au royaume de Ts'ing SÇ* (KiftHff-yu-piao, vol. Jt ? p. 20).

(2) La principauté de Tenf(= C'est, maintenant Tpng-tobeou S^J jf\i dans la préfecture de Nan-yang fou m 1^ /lî [Ho-nanj . Ses princes s'appelaient Man ^. Ello fut annexée au royp,ume de Tch'ou. (Kiang-yu-piao, vol. JQ i p. 10). — (p. Fa. vol. 12, p. i3).-(p:. Fa. vol. 51, p. 16).

(3) Yeou = Ce pftys était au sud de Teng-tcbeou, au nord de la rivière Mien V9* Il y a encore maintenant un bourg de ce nom, au nord-est de Siang-yang bien Jj ^ J^ (Siang-yang fou) [Hou-pé], (Tsouo-tchoan, Edition impériale, vol. 5, 2i).— (Siangyang-hien tche jijjj»? vol. I, p. 3— vol. 4, p. 8).

(4) Eul= était dans la préfecture actuelle de Té-ngan fou S^f /ff [Hou-pé], à la frontière de Spei-tcheou |#^ jftl et de Yng-cban bien ^ lU J^ •

Tcben= était à l'ouest de cette dernière ville. C'étaient deux principautés minus«

Yun gj, de Soei g|, de Kiao j|^, de Tcheou jV{ et de Liao |g. Dès le début, les troupes de Yun vinrent camper à P'ou-sao f^ 11^ (1). A la vue d'une telle coalition, Kiué hiai eut peur. Teoulien le rassura. Voyez, lui dit-il, comment l'armée de Yun se tient près de sa capitale, et se fie à la proximité des remparts. Elle compte de jour en jour sur l'arrivée des troupes auxiliaires. Agissons promptement avant leur jonction. Que votre Seigneurie se tienne à Kiao-yng 55 ^ (2), pour leur barrer le passage ; moi, je fondrai pendant la nuit sur les gens de Yun ; ils se tiennent trop près de leurs remparts pour se battre courageusement; si je réussis à les vaincre, les auxiliaires se disperseront.

Kiué hiai répondit: «Ne vaudrait-il pas mieux demander des renforts à notre prince?» Non, repartit Teou-lien; la victoire dépend de l'unité d'action, nullement du grand nombre. Votre

cnles. On ne sait pas au juste quand elles furent annexées au royaume de Tch'ou ; on n'en parle plus. (g. Fa. vol. 1, p. 18). ^Kiang-yu-piao, vol. Jl' p. 19^-

(1) Yun MP = On l'écrit encore 3;P î item ïM' qni est le nom d'une rivière situéo au nord-ouest de la ville. La capitale se trouvait dans la préfecture actuelle de Té-npan fou. Le prince avait le 4^ degré dans la hiérarchie de Tcheou ^J i c'est-à-dire, il était vicomte (tse "X'* Sous la dynastie Ts'ing |S?' ce pays formait la province appelée Nan-kiun to vP* ^^ to^* temps il fut regardé comme un point stratégique des plus importants ; dans toutes les révolutions on s'est battu pour l'avoir. Tout ce que nous avons dit plus haut sur Soei, lui est applicable. Dans la suite, il fut conquis par les rois de Tch'ou, et donné en fief h Teou-sin |H ^ î celui-ci reçut plus tard le titre de Yunkong MCI S"' Seigneur de Tun. A la grande invasion de l'armée victorieuse de Ou -^^ c'est là que se réfugia le roi de Tch*ou. A 40 li à l'est de la ville, se trouve la fameuse montagne de Tchang-chan ^ 11] o« Yu-tchang ™ *i au pied de laqueUe commença la funeste guerre de 506, comme il sera raconté plus tard.

(Voyez notre Histoire du royaume de Ou, pp. 84 et suiv.) — (Voir encore g. Fa. vol 77, p. 26; là sont tous les détails des montagnes et des fleuves de cette région qui joue un rôle si considérable dans l'histoire de la Chine)— (Kiang-yu piao, vol. Jl , p. 19) — (Pet. géogr., vol, 21. p. 15).

Soei — voir un peu plus haut.

Kiao = était au nord-ouest de Yun-yang fou Mp v^ JjÇ [Hou-pé] . Tcheou = était à 30 li à l'est de Kien-li bien m ^5 Sp' ^^^^ la préfecture de King-tcheou fou W!l /H fflT [Hou-pé], (Kiang-yu piao, vol. Jt» p. 20)— g. Fa., vol. 1, p. 18 — vol 78, p. 18).

Liao = était à 90 li au sud de T*ang-hîen ^ ^î dans la préfecture de Nan-yang fou 1# ^ ji^ [Ho-nan], (p. Fa., vol. 12, p. 41).

P'ow-sao = était à 30 li au nord de Yng-tch'eng bien flg ^ Jipî qui est elle-mAme à 80 li sud-ouest de Té-ngan fou (p. Fa., vol. 21, pp. 16. 17)— (g Fa., vol. 77, p. 30).

(2) Kiao-yng = D'après la grande géographie, c'était la préfecture même de Nganlou fou "?? ^ Ht [Hou-pé], (vol. 77, p. 1) — La petite géogr. la place au sud-ouest (vol. 21. p. 12).

Kiué hiai avait la dignité de Mou-ngao ^ jS%, » particulière au royaume de Tch*ou.

Seigneurie se rappelle que l'armée de Teheou Ou-wang J^ ^ ï était bien inférieure à celle de Chang teheou "j^ ^; elle fut cependant victorieuse; la nôtre est déjà en campagne, prête au combat; pourquoi attendre du renfort?

Kiué-hiai voulait du moins consulter les sorts; Teou-lien l'en dissuada: on consulte les sorts, lui disait-il, quand le cas est douteux; ici la chose est claire. Là-dessus, il fondit sur l'armée de Yun, et la battit complètement. Aussitôt, le général conclut son traité d'alliance avec les principautés de Eul et de Tchen. et retourna dans son pays, couvert de gloire.

En 700, Ou-wang l'envoyait attaquer la principauté de Kiao j^. Pendant que celui-ci campait devant la porte méridionale de la ville, il réunit son conseil. «Cette principauté, dit-il, est petite et téméraire dans ses entreprises; elle tombera facilement dans une embûche. Je propose donc d'envoyer nos fourrageurs sans escorte, pour allécher Tennemi.» On applaudit au stratagème. Du premier coup, les gens de Kiao capturèrent trente fourrageurs. Le lendemain, c'était à qui sortirait le premier à la poursuite des gens de Tch'ou; on courut ainsi à la débandade jusqu'aux montagnes voisines. La ville étant alors sans défense, Kiué-hiai envoya une partie de ses troupes occuper la porte septentrionale, pendant qu'une autre partie se mit en embuscade sur le chemin de la montagne. A leur retour, les gens de Kiao furent facilement vaincus, et obligés d'accepter le traité de paix proposé par le général.

L'histoire rapporte que Kiué-hiai était alors très prudent, et tenait une rigoureuse discipline daAs son armée. Quand il commença cette campagne, il avait divisé ses troupes pour passer le gué de la rivière P'ong-choei '^ HC i^)- A ce moment, les gens de Louo j^ (2), voulant le surprendre, envoyèrent le grand-ofïitîier Pé-Kia fjâ M examiner le nombre de ses soldats et leur discipline. Celui-ci vint par trois fois les espionner et fmalement il conseilla de renoncer à une attaque; tellement Tordre des troupes lui parut parfait.

(1) P'ong-choei = C'est la môme que Tchou-choei ^ ^- Or cette riviè e se trouve à un li à l'ouest de Fang-hien ^ ^ ? dans la préfecture de Yun-yang fou MB W Ijj [Hou-pé] . Elle a sa source dans la montagne de Tchou-chan fX ll| ) à 5 li à l'ouest de Tchou-chan bien TT lU W' 380 li au sud-ouest de Yun-yang fou. (Edition impériale, vol. 6, p. 11) — (g. Fà., vol. 79, p. 34) - (p. Fa., vol. 21, p. 33).

(2) Louo = Le nom de famille de ces princes était Hiong]^. Ce pays était à 26 li nord-est de Y-tch'eng bien 3l ^ ^ ' dans la préfecture de Siang-yang fou S ^ Hj [Hou-pé] , dans les montagnes. Ensuite, on émigra à 80 li au sud de Nan-tchang bien ^ 3t Ji^î plus tard, on émigra encore à Tcbe-kiang bien ft îï IH» dans la préfecture de King-tcbeou fou ^J yf\ /nf [Hou-pé] . Enfin on émigra à ,30 li au sud de P'ing-kiang bien ^ JC j||î dans la préfecture de Yo-tcbeou fou "Ê" jWi }^ [Hounan]. (Liang-yu piao, vol. Jl» p. 19)— (p. Fa., vol. 22, p. 18)— Edition impér., vol. 6, p. 11).

Ee 699, Ou'Wang ayant appris la tentative de» gens de Louo, envoya Kiué-hiai les en punir. Teou-pé-pi H) fj^l 5|fc accompagna le général pendant quelque temps; puis il rentra à la capitale. Sur le chemin, il disait au conducteur de son char : Bien sûr, cette fois, Kiué-hiai sera vaincu; sa démarche est des plus orgueilleuses; plein de confiance en soi-même, il ne prendra pas les précautions nécessaires (1).

De fait, n'ayant eu jusque-là que des succès, il se croyait invincible ; la campagne de P*0U'Sab surtout lui avait monté la tète; il ne s'apercevait pas qu'il devait la victoire à son collègue. Teou-pé-pi crut devoir avertir Ou-wang ; mais il le fît à mots couverts: il faut, diSait-il, envoyef du renfort à l'armée. Gé n'est pas nécessaire, répondit le roi; ensuite il rapporta cette singulière parole à la reine, une princesse de Teng 5(5, nommée Man § ; celle-ci comprit aussitôt l'idée de Teou-pé-pi ; elle dit à Ou-Wang: le grand-officier ne prétend pas que Tarmée soit trop faible ; il désire seulement que votre Majesté gouverne le peuple avec dévouement, conduise les officiers avec bienveillance, affirme son autorité vis-à-vis du général orgueilleux; enflé de ses succès, il a trop de confiance en lui-même ; il méprisera cette petite principauté, si votre Majesté ne le rappelle à la raison et au devoir ; le ciel n'est l'obligé de personne^ et ne se prête pas aux désirs des orgueilleux. C'est certainement la pensée de Teou-pé-pi ; car il sait bien que toutes les troupes du pays sont en campagne.

Ou-wang dépêcha un grand-officier, originaire de Lan j|| (2), porter des ordres et des recommandations de prudence ; il était trop tard; l'armée était déjà trop loin. Quanta Kiué-hiai, il avait publié l'ordre du jour suivant î quiconque critiquera mes ordres, aura la tête coupée. On passa la rivière yen j^ (3) en grand désordre ; puis on se remit en marche sans garder les rangs, sans prendre la moindre précaution ; c'était comme une partie de plaisir. L'armée de Louo. aidée des sauvages Liu-jong St ^ (4), tomba à l'improviste sur ces promeneurs, et les mit en

(1) Singulière réflexion des letti'és ! Pronostic infaillible, selon eux ! On la retrouve souvent dans leurs livres.

(2) Cette petite principauté de Lan se trotiVait au sud de Chaug-tch'eng bien |§ ÎR Jw' ^1^^ dépfend de Koang-tcbeou JU 9*1 [Ho-nan] ; son prince était vicomte (tsfc ^) • Au lieu de Lan, quelques auteurs écrivent Li J^ I à cette époque, les deux caractères avaient la même prononciation, (p. Fa., vol. 12. p. 96) — (Kiang-yu piao, vol. Jl i p. 19).

(3) Yen= Cette rivière est à 40 li à l'ouest de Y-toh'eng bien S ^ Hr) dans la préfecture de Siang-yang fou § y^ /^f [Hou-pé]. (p. Fa,, vol 21, p. 28).

(4) Liu-joîig — Ces sauvages demeuraient à 5 li nord-est de Nan-tcbang bleli f^ 1? Jipî dans la préfecture de Liang-yang fou. (p. Fa., vol. 21, p. 29) — (Kiang-yu piao, vol. Jl, 9 p. Slâ). Ces peuplades étaient comprises sous la dénomination générale de Sauvages méridionaux, ou Nan-man Jfif ^| j leur prince avait aussi le titre de vicomte (tae •f ) •

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grande déroute» Kiué-'hiai, accablé de chagrin et de honte, se pendit à Hoang-kou ^^ (1); les autres généraux, ses collègues, se firent lier pour attendre leur sort à Yé-fou J^ ;$C (2) > c'était alors un moyen en usage, quand on reconnaissait son tort, et qu'on en demandait pardon.

A l'annonce de ce désastre, Ou-wang s'écria: «Moi seul suis coupable ; tous les autres sont sans faute ; je n'ai pas suivi de bons conseils!» Mais les pdrtes étaient si considérables, et la déception si grande^ que Ton jugea prudent d'attendre plusieurs années avant de recommencer aucune expédition ; c'est pourquoi les annales de Tsouo-k'ieou-ming ^ Jt ^ gardent le silence pendant huit ans sur le royaume de Tch'ou.

En 690, elles reprennent la suite de l'histoire en ces termes. Ou-wang était irrité contre le marquis de 8oei j^; celui-ci s'était fait fort d'obtenir pour lui Tautorisation de garder le titre de roi; mais Tempereur persistait à la refuser; de plus, il avait menacé le marquis de le punir s'il n'insistait auprès de Ou-wang pour l'amener à renoncer à ses prétentions. Placé entre les deux, le marquis avait préféré l'obéissance à l'empereur. Ou-wang voulait à la fois se venger du marquis, et prouver à l'empereur qu'il n'abandonnerait pas son entre-prise ; il lui fît dire : Mon ancêtre Yu-hiong ^ ]^ a été le maître du fameux Tcheou-wen-wang ^ ^ J ; malheureusement, il est mort trop tôt pour recevoir la récompense de ses services; plus tard, Tch'eng-wang ^J (1115- 1078) accorda à un autre de mes ancêtres un fief et le titre de Tch'ou; tous les sauvages, aux alentours, me reconnaissent comme leur suzerain ; ma puissance s'est accrue ; l'empereur refuse d'élever ma dignité; je le ferai moi-même; je garde le titre qui correspond à mon pouvoir.

De fait, précédemment^ dans son traité d'alliance avec le marquis de Soei, Ou-wang avait signé: roi de Tch'ou; le marquis avait reconnu ce, titre, et avait ainsi mécontenté l'empereur; maintenant, il devait se défendre contre Ou-wang. A la 3® lune, celui-ci entrait en campagne ; il s'était mis lui-même à la tête de ses troupes ; il leur avait enseigné une nouvelle manière de se ranger en bataille; il leur avait donné de nouvelles lances, à deux branches recourbées ; il voulait juger lui-même l'effet de sa double invention.

L'auteur raconte qu'avant de commencer la réclusion et le jeûne, usités en pareille circonstance, pour annoncer son entreprise à ses ancêtres, il dit à la reine: mon cœur bat et est agité par l'inquiétude. La princesse répondit en soupirant: Le bonheur

(1) Hoang-kou = Vallée et rivière, à 3 li à l'est de King-tcheou fou ^!| iNl /ij [Hou-pé] .

(2) Yé-fou = Etait de même à quelques li à l'est de King-tcheou fou. (p. Fa., vol 21, pp. 20 et 21) — (g. Fa., vol. 78, p. 6) — (Edition impériale, vol. 6, p. 12).

de votre Majesté est donc assuré ! D'après les décrets du ciel, dès que la mesure de la félicité est comble, le cœur en est averti, et bat plus fort. Vos ancêtres le savent bien; c'est pourquoi, à l'approche de votre expédition, ils remuent le cœur de votre Majesté ; si la campagne [est heureuse, si vous ne mourez pas de la main de l'ennemi, ce sera un grand bonheur pour le royaume.

De fait, Ou-wang mourut bientôt en chemin, sous un grand pin (1). Le premier-ministre Teou-ki ^ f|5 et Kiué-tchong ^ J| le général en chef, gardèrent le secret ; ils allèrent à marches forcées, droit à la capitale de Soei ; après avoir traversé la rivière Tch'a JH (2), ils établirent un camp retranché parfaitement fortifié, comme s'ils eussent voulu y rester.

Cette rapidité, cette énergie, avaient jeté les gens de Soei dans la stupeur. Leur prince entra en pourparlers, et signa un traité de paix et de soumission. Le général l'invita a se trouver à une réunion de princes fixée à Han-joei ^ ^ ; puis il reprit le chemin de Tch'ou ; c'est seulement après avoir passé le fleuve Han qu'il annonça la mort du roi.

Le commentaire du recueil Che-ki ^ fg prétend que Ouwang fut enterré à 60 li nord-ouest de Sin-tsai-hien ?ir ^ JH? dans la préfecture de Jou-ning fou |^ ^ jjj [Ho-nan], à un endroit appelé Ko-p'ouo ^^ ; il dit que dans la suite on y trouva un trépied en fer, dont l'inscription indiqua le tombeau. Plus tard, à l'époque des grandes révolutions, avant l'établissement solide de la dynastie Han ;^, des malfaiteurs tentèrent de piller ce mausolée célèbre ; ils ne purent y parvenir ; des éboulements rendirent à chaque fois la profanation impossible.

Voilà ce que raconte cet auteur. Mais la grande géographie, vol. 50, p. 24, place ce tombeau, ainsi qu'un camp retranché, au nord-est de cette même ville de Sin-tsai.

De son vivant, ce prince s'appelait Hiong-t'ong ^ jj ; c'est après sa mort qu'il reçut le nom posthume honorifique de Ouwang, sous lequel il est connu dans l'histoire.

Ce titre a différentes significations ; entre autres, celle-ci : guerrier vaillant et sans reproche PU 3[ lÉ! S B ;^; il est assez fréquent dans l'histoire de la Chine.

(1) Au pied de la montagne Man-mou chan JB 7|C PJ î à 1 li A, l'est de Ngan-lou fou >f ^ jiï [Hou-pé] . (g. Fa., vol. 77, p. 4). Dans le royaume de Tch'ou, le premier ministre avait le titre de Ling-yn ^ y*'

(2) Tch'a = Cette rivière est à 30 li à l'ouest de Soei-tcheou Hg yf\ ? dans la préfecture de Té-ngan fou ^ 3? jJ3^ [Hou-pé] ; au sud-est, elle se jette dans le fleuve Yun-choei MB 5}C- (p. Fa., vol. 21, p. 18).

Ce nom posthume Wen signifie : «parfait dans la doctrine et la vertu; c'est l'explication donnée par le recueil Che-ki, vol. 1, p. 6:m^WmB3!t [*iE§K Wt]'

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