II. YONG-LO
On le condamna à être écorché vivant, ajoute la tradition. Sa peau fut empaillée et suspendue au Nan men, Yong-lo, entrant un jour en ville par cette porte, lui demanda d'un ton sarcastique : liKing sien^cheng ^ 5fe ^» «maître Kingn^ veux-tu encore m^assassiner? — La peau tressaillit violemment (1). Un même temple s'élève pour perpétuer le souvenir des trois victimes.
Le Prince de Yen s'était retiré à Long^kiang (Hia-koan), après avoir confié l'occupation de la ville à ses officiers. On le conjurait de monter sur le trône de son neveu. Par un reste de pudeur calculée, il se laissa prier cinq jours; il répondit enfin qu'il entendait se rendre d'abord à la sépulture de son père Hong~ou, Il y alla le troisième jour qui suivit la prise de Nankin. Sa piété filiale ne l'absorbait point exclusivement: il fît mourir encore «les femmes, les filles et les eunuques du palais, qu'on lui désigna comme s'étant attachés à Kien-wen H, censé mort. Il ordonna ensuite de recueillir les ossements de cet empereur. Mais, en fait, on recueillit ceux de l'impératrice Ma (femme du dépossédé) consumée par les flammes. Il les fit enfermer dans un riche cercueil, auprès duquel il pleura, comme s'il eût été sincèrement touché du trépas du défunt empereur. Cette comédie achevée, il demanda quel rite on observerait aux funérailles : i(\e rite impérial,» répondit le mandarin en charge. Le sanguinaire et hypocrite monarque ordonna de s'y conformer exactement (2).
L*on entrevoit la correction à faire subir à ce passage de du Halde : «...le palais impérial fut mis en cendres. On apporta au vainqueur le corps du jeune Empereur, à demi brûlé; ...il lui fît faire des obsèques convenables à sa dignité.»
YONO-^LO OU TCWENQtTSOU (1403-1425) TRANSFERT DE LA CAPITALE À PÉKIN.
Finalement, à la première lune de 1403, dans la salle Fonç" Vien tien $ Ji |g, au bruit des acclamations enthousiastes de sa Cour, le Prince de Yen prit possession du trône, et donna le nom (presque ironique) de Yong-^lo ^ ^, «joie perpétuelle» à son règne, d'ailleurs glorieux par la suite (3). Sans tenir compte de Kien-wen ti (2* des Ming), il décida que les années de sa
(1) Correspondance du Norih China Daily News du 28 avril 1901 (Nankin, 24 avril). Voir auBsi de Mailla, X, p. 27.
(2) Cf. De MaiUa, X. 150.
Le P. Zottoli (Curauê T. II p. 30) adopte la m^me version dans cette phrase laconique: ul/oei ti /f|L jp t a patruo atteutatus, incendio périt.»
(3) Plusieurs légendes ont cours sur Tong-lo. L'Empereur son père (Hong-ou) aurait imposé à ses fils plusieurs épreuves. Kien-wen ti se serait révélé (dans une pièce de vers) faible et pusillanime. Une éto£fe de soie leur étant donnée à partager, Yong-Jo raorait fait d'un coup d'épée. Tel Alexandre tranchait le nœud gordien.
194 GH. XI. DTNA0TXK DBS MINC^ (8UIT^)« 1368-1644.
propre domination succéderaient directement, sans lacune, aux années de Hong-ou, auquel une fiction mensongère et intéressée attribua 35 ans do règne. «En 1402, V lune, dit Delamarre, interdiction dans le comput des années, de mentionner le règne précédent.» Toutes les dispositions, récemment innovées, furent annulées. «La tablette de l'Empereur Hiao-k^ang ^ j^ (père du détrôné et frère de Yong''lQ) fut transférée au jardin des Tombeaux (1). Il reprit son titre de prince impérial (I-v^en); l'impératrice douairière son épouse, nommée Lu, reprit son titre de princesse impériale. Cette année était regardée comme la 35^ de Hong^ou, et la suivante devait être la première du règne nouveau.» op. cit, p. 144.
Gette année encore, en dépit des prudentes interdictions de Hong-^u, Ton revint à la funeste coutume de mettre des eunuques à la tôte des armées. A la 7^ lune aussi (1402) le vainqueur de Kien*v?en ti avait assigné, comme résidence, à ses malheureux enfants, les dépendances du tombeau de I^-wen t^ai^tse Bf A lie ^ (cf. 1457), le fils aîné de Hong-ou; ce prince héritier était mort 6 ans avant de parvenir au trône. Ce tombeau était au Hoang ling actuel, et les femmes de Kien^'y/oen ti y furent encore reléguées. L'on sait que le plan des grandes sépultures chinoises comporte souvent des appartements d'habitation.
Le Temple de Tsiang Tse-wen j| "^ 3ÎC O" Tsiang-wang miao JU 5 41) à 5 ou 6 li nord de T'aUp^ing men (cf. suprà) fut réparé en 1405.
Tchou Yun^hi J|c ;ft SS» Prince Ngeou-ning 'wang ffi ^ £ et Tun des fils de Kien^vpen ti, périt à la fin de 1406 dans Tincendie de sa maison. A l'automne de l'année suivante, Yong^lo accueillit des captifs du royaume d'Annam, dans une audience donnée à la porte Fong-t'ien men $ ^ P^ (2).
(1) Delamarre a-t-il en vue le Iliao ling ^ ^i on le "Tombeau des Ming'' ? :3C çJS
En rigoureuBe logique, Yong-lo (Tch^eng-t8ou J(p( JH.) devait ravir à son frère Pino ■on titre itnp&tial; en effet, ce titre impérial avait été concédé par Hoei^ après son avènement an trône, o. A d. par ce Kien-wen, que Yong-lo refusait de reconnaître comme léigitixne fih du ciel. Tchou Piao gardant son titre posthume d'empereur Hiao-k^ang jlf gJH^ Yong-lo n'était pins qu'un usurpateur (Cf. de Groot, 1367).
(2) La fréquence des tremblements de terre, notés par les Chroniques locales, passerait pour invraisemblable, si l'on ne pouvait la contrôler, en quelque sorte, par la répétition ailleurs, en Chine, et presque aux mômes époques, de phénomènes similaires. Outre ceux de 1404, de 1408 (5« 1.) et de 1423 (fi" 1.), les Chroniques insistent sur ceux de l'année 1425, dorant laquelle on compta 42 fois de^ secousses distinctes. Je dresse la liste suivante.
9 fois
10 fois
1 fois
2 fois
it.
1ère 1.
deux fois.
(plus terrible).
SIX fois.
deux fois.
trois fois.
2 foiH.
iaS7
it.
I II, TIUUS9FIIVT Dl LA QAPlTAIil À WHW; lOB
/Cien-wen U «lia en 1403 «a réfugier parmi lai bon«es du Yun-'ïian; puis il erra de provinoe on province pour «e gouatraira nux recherches inquiétantes de Yong^lo*
A la 2' lune de 1 402 (l^re année de T<ih'mg^t90u jft ift), PémpHng ;Kj ^ prit le nom de Choen-tUen /ou JK ?c JJÏ et devint la «Capir taie du Nord», Pé^hing :((; 7^. A la IT lune, Ti ^ (l'empapeur) déclara impératrice sa femme Su ^^ (Delamarra, op. eit^ 147).
Choen-'tHen fou est encore le nom de Pékin, yonp-io oommença h s'y fixer définitivement en 1409 (1). Il y transféra lap tribunaux ordinaires, laissant les Grands Tribunaurx d'État |i Nankin, qui conserva le titre de Cour impériale, mais prit le nom de Nan^hing Yng-t'ien fou î& 3îC ii 3^ ^.
Au sujet de l'époque exacte du transfert de la capitale ohinoise au nord, le lecteur est en face des plus ainguUëreg divergences. L'année 1420 est, oroyons^nous, la date oQieielle. Bn effet, lep éphémérides de KHen^long (Delamanre, p. 192) portent: «1420, 19'' année (de Yong-lo), à la sixième lune, translation de la capitale à Pékin. L'ancienne capitale fut appelée Nankin; Pékin devint la Capitale et l'Empereur y transféra son siège; un édit l'annonça à tout TËmpire. Un sacrifice solennel au Oiel et à la Terre eut Heu à la Terrasse du midi. Il y eut amnistie» (2)*
La même traduction rapporte encore (p. 194) qu'en 1421, trois salles du palais de Pékin ayant été incendiées, Tchêou Tst fB iSt% «Docteur assistant impérial», conseilla vainement dans un mémoire adressé à Yong^lo, ade restituer la capitale à Nankin».
Cet ouvrage (p. 15.8) fait remonter à l'année 1406 la oonatruçtion de Pékin, par To/i'en Koei fj^ jBg, marquis T^aUning heou ^ S$i §^' Pour ces bâtisses l'on fit venir des poutres du Se-tch'oan et du Hou'^hoang, La 18' année du règne de Yong-lo, Tautel du Ciel, les temples, palais et salles officielles se trouvèrent achevés (3).
(1) En 1437, les murs en terre furent revêtus d'un piirement de briques. ÂDJour^'htii le palais impérial, Tse-kin tch^etig ^ ^ J^i est enceiut d'une muraille crénelée, haute de 40 pieds, épfiisse de 60 pieds à la base et de 50 au sommet* Cf. M^^Favier, Pékinif^ p, 7.
(2) P'après de QrQot p. 1181, le transfert date officiellement de 142l| bien qu'il ait commencé en 1406, la i* année de Yong-lo. «Le nom de Ifankin (Nan^king) 4aVQ df) Hil<l^ Var. sin n** 8 p. 31. Ibid. p. 29 histoire de Péki'n.
D'après le R^ Miltifiy "La vie réelle en Chine" traduction de Tapseti édit, 1853, p- 437 : Yong-lo, en transportant sa capitale à Pékin, vers 1410, fit édifier la Tour de Porcelaine de Nankin en l'honneur de sa mère; le monument avait été brûlé "un siècle anpar%* vaut". Il la nomme "Pao-ngen se Va^ tour du temple de la vertu récompensée". Son nom complet est : Pao-ngen-se Iteou-U t*a (à tuiles vernissées). Cette Tour Ei'appela d'abord ••Tour de O-yw" (Asoka?) et "Tour de Tch^ang-kan" J^i^' H n'en reite qu'uue YftBque. A côté est une stèle calcinée ou effritée. Jadis il y en avait une autr« plus 1^ l'ouçeti me disait un passant (1897). Peut-être reviendrons-nous un jour sur ce sujet intérewanti
(3) Nous lisons dans les mêmes annales (KHen-hng^ JJelainarre p, 161) qu'à Ift 3^ l de 1407, «le bonze de l'occident (du XibeQ i^Q-li-ma est oréé prinoQ de Ift loi du griPd Joyau (la loi bouddhique),» à la pagode de Lin-kou ae, près Nankin. Le recueil renferme, sur cette nomination, des détails, omis ici, qui trouveront place ailleurs.
196 CH. XI. DYNASTIE DBS MING (SUITB), 1366-1644.
M*^ Vial, des Missions étrangères, relate qu'au début du 15^ siècle, Kien-wen ti se retira au Yun-nan et y resta 38 années caché. Un grand nombre de Chinois, qui Payaient suivi, s'y établirent. «Ils forment, dit-il, le fond de cette population chinoise que nous nommons Pen-ti jen >4C )Ë A ou Min~kia Jg ^. (Ces derniers se sont alliés à des femmes indigènes.) Tous ces Penti jen se disent venus d'un endroit appelé KaO'Che k^iao lH >S MU «chaut pont de pierre.» Serait-il hasardeux d'identifier cette patrie d'origine avec Kao^kHao men 1$ IS P^? Haut pont de pierre et nom descriptif de cette localité, à la porte sud-est de Nankin par où s'enfuit Kien-'wen ti, s'y retrouvent également. La route y franchit la TsHn Hoai sur les 7 arches (^ Igl Wl ^^" P^^^ ^^^ élevé. (?)
Le R' B. T. Williams rappelait dans sa Lecture que, pour achever de pacifier Nankin, Hong-ou déporta plusieurs milliers de familles au Yun^nan (où Ton parle le plus pur nankinois) et amena dans sa capitale 20.000 autres familles du Tché'kiang,
Elisée Reclus (T. VII, 525) représente Yong-tch^ang fou -^ g jj^, sur un des affluents du Salouen (Lou^kiang \^ fL)^ sl Test de Momeîn, comme «une cité très commerçante ; parmi les nombreux immigrants se trouvent des fugitifs de Nankin, assez nombreux pour que leur dialecte soit devenu celui de la ville : de là son nom de «petit Nanking» (1).
«En 1405, le concours de licence du Pé^tche-li eut lieu à C/ioen-t'ien /bu (Péking). L'an 1415, le concours général, qui se tenait auparavant à Nankin (appelé alors Yng-t'ien fou) fut également reporté à Péking. Les licenciés de tout l'Empire durent se rendre dans cette ville.» Biot, Essai.., p. 458.
Nos chroniques dressent la liste minutieuse des déplace-
(1) L*anteur indique comme références : Mac Carthy, Procerdhigs of the Geographical socUty of London ; Aug, 1879. — cf. Rocher. Yunnan.
In the year 1405, the Emperor Yung Lo of the Ming dynasty, sent ono of his best officers, Ch^ng Ho, to navigate the Indian seas. Hc went to Ormuz in the Persian Gulf and to Aden at the entrance to the Red Sea. He went again in 1407, 1408, 1412, 1415, and again in 1425 and 1430. The vessels in his fleet were 440 feet long and 180 feet wide. He had on board 27,000 (?) men. There were 62 vessels large and small. He sailed from Liuho on the first occasion, a small port forty miles N.W. of Shanghai. Having a powerful army, he fought with princes who refused to be friendly and took them with him as his prisoners to Peking, He offered them to the Emperor. One was beheaded, and another was pardoned and sent back to his city in Ceylon.
Before the time of Vasco da Gama, the Chinese by thèse voyages had gained a knowledge of the Indian and Arabian coasts; they had visited Calicut, where the Moors nearly succeeded in a conspiracy to slay Vasco da Gama. They knew Cochin where in 1525 Vasco da Gama died. They had visited Ormuz, Goa, and Malacca, ail of which were taken by Albuquerquei During the seven voyages of Chrng Ho, Chinese sailors had become familiar with thèse places and Bengal. They had the compass on their ships to
f II. EXPÉDITIONS DE TON(}-LO k L'OGGIDENT. 197
ments de Yong-lo à cette époque, intéressante pour l'histoire locale. A la seconde lune de 1409, il part pour Pékin, laissant à Nankin, pour l'y suppléer, son fils Tchou Kao-tch'e ^ ^ j||,
aid them in navigation, but sailing was always slow work in those days. From Calicnt to Ormuz it was a voyage of 25 days. Vasco da Gama was 2ii days on the way from Melinda in Africa to Calicut. From Sumatra to Bengal 20 days of fair wind are required according to the chiuese accounts. There was an interval of about eighty years between the expéditions of Chông Ho and the arrivai of Vasco da Gama. The Chinese did net push the trade with the Indian Océan at that time, as China was not then addlng rapidly to her home population. There was no need for her to plant colonies in the Straits Archipelago. Her surpins population was needed in her own country to fill the vacancies made by wars. Wars in former times were awfully destructive and so too were famines and pestilences. Thèse causes prevented the Chinese from emigrating in masses till the last two centuries, becausc the country was not fllled with a growing population till the sovereigns of the reigning dynasty gave tranquillity to the country.
The pilots engaged by Chéng Ho's fleets were usually Ârabs and the same was true of the chinese navigation in the times before the Ming dynasty. The Chinese, however, having the compass to help them, leamed to pilot their own vessels. Vasoo d» Gama used Arabian and Guzerati pilots when he came into the Indian seas, but he had the compass already. The Arabs leamed the use of the mariner's compass from the Chinese and they taught its use to the European nations in the Mediterranean about the ycar 1250, or 250 years before the discovery of Vasoo da Gama. The compass came into gênerai use in spanish ships. This number of years shows that the mariner's compass was the main cause of the portuguese successful efforts in discovering the african coast and adding accuracy and utility to the charts of that âge. If, then, the compass of China came to be commonly employed about 1420 throughout Europe, it foUows that Portugal and ail other maritime states are greatly indebted to China for setting the example in the 12th century of applying the magnet to navigation. AU such improvements progress slowly. A troubadour poet mentions the mariner's compass about A. D. 1181. Three centuries passed from the time when ail chinese seagoing vessels werè provided with a compass before the âge of Flavio Gioia of AmaM, in Campanla, who about 1302 simply applicd the arab compass to use in italian ships. The reason why the Chinese were first in employing the compass was that their astrologers had a magnetised needle long before in the astrological compass usèd by them in framing horoscopes intended to détermine the Fèngshui of any locality on land. The first known instance is in A. D. 1122.
Edkins, N. C. D. N. 20 mai 1898. v. supra, an. 605.
tfLa stèle (ornée, sur tortue) qui se trouve hors de la porte I-fong men, a été dressée par l'Empereur Yong-lo h la 14* amiée de son règne, pour remercier la déesse de la mer y^ xË T'ien-fei, qui avait favorisé les ambassadeurs impériaux pendant leur voyage aux Indes. Divers faits miraculeux sont attribués à cette déité (Ph. XXXIV.)
L'inscription fut rédigée par l'empereur lui-m^me. Cette stèle nous apprend qu'il y avait une autre pagode spéciale pour cette déesse de la mer ; elle fut bfttie, selon le Taming i-Voiig tche y^ ^ W SE w ^ la 5« année de règne de Yong-lo^ intitulée Fongjenp^ou-Ui tHen-fei kong ÇA C m W A tEà S «^
Les D*^ Hirth cite l'expédition chinoise en 1408 à Ceylan que les Chinois subjuguèrent ; elle avait été envoyée par Yong-lo ou peut-être par Hong-ou.
Le Arabes relatent aussi l'arrivée en 1480 à Teddats (Arabie, mer rouge) d*ane flotte de jonques ohinoiiiSA^.
198 Cil. tu DYNAstia DIS uim (sum) 1868-1644.
rhéritier pr^Homptif» Il entra dans la capitale du nord à la V 1.^ le prince héritier gardant Nankin. Retour de l'Empereur à la 9^ lune de 1415. Bn 1416 (8*1.) Yong^lo part encore pour Pékin, Tchou KaO'tch'e restant à Nankin. Enfin, à la 9" 1. de 1419, Taotif souverain appelle le prince héritier dans la capitale du nord, et confère à Nankin son nott) significatif et durable de capitale du sud, Nan^king ||f J^.
Ces événements sont contemporains de la naissance de Jeanne d*Arc (1409). Alors, s'il faut en croire de Mailla (X. 177), Yong-lo, dans un de ses voyages à sa capitale secondaire, enjoignit de faire périr, en présence de hauts mandarins, et «dans Tintérieur de la grande porte du palais, appelée Si-/ioa men ïf ^ H^' (encore debout), un de ses fils, prince de Han, qui convoitait la principauté de Nankin. On intercéda pour le condamné; il ne fut qu'exilé à Lo^ngan tcheou ^ ^ )^ (au Chan-tong),
L'impitoyabie monarque inaugura en 1422 un palais qu'il venait de faire bâtir. En 1425, Nankin était la résidence du prince héritier, qui, rappelé à Pékin par son père mourant, devint, en 1426, Tempereur Siuen'-^tsong ]^^.
A la 9* 1. de 1423, Yong^-lo se fît représenter, dans la Capitale du sud, par un mandarin pourvu du titre de Nan-king C^coupei jff Se *>9P fli- ÏJ* premier titulaire de cet office fut Li Long ^ S|. Ce comte de Siang^tch'eng S jfX f^ «tétait aussi chargé de uT Iteutenance générale de la Légion du Milieu.»
Yong-lo mourut à Pékin, âgé de 65 ans, après 22 années de règne. Delamarre signale ainsi l'événement. «1424 : Mort de l'Empereur à Yu-mou tch'oan Ht TfC jll* On cacha cet accident quelques jours. Les mandarins «firent envelopper le corps comme d'un habit d'étain, et le déposèrent dans le char impérial.» (op, cit. p. 201.)
«C'est sous Yong^lo^ dit A. Rémusat, que les Chinois, prenant enfin leur revanche sur les Mongols, pénétrèrent dans la Tartarie et la réduisirent en province chinoise.» Le lecteur rectifiera ce que cette assertion a de trop absolu.
Les portraits indigènes de Yong-lo nous transmettent un type énergique, résolu, décidé, plein de caractère, parfaitement conforme au portrait moral retracé par l'histoire (1).
«En 1408, on lui offrit le code de la dynastie des Ming, commencé sous l'Empereur Hong-ou. Cet ouvrage, (2) intitulé Yong-lo^ta^t'ien j^ ^ :h 4l^, comprenait 11,095 vol. ou cahiers,
(1) Le Pékiftg de M«î^ A. Fftvier (p. 133) a reproduit run de cb beaux portraits.
(2) De Mailla, X., 166. Le SttppJéntetd du Dictioijnaire de Perny (p. 123, ii"" IX.) MtJribue Ift rédaction de ce Code renommé A Tchen-chey habile lettré auquel Yoiig-Io avait confié l'éducatioh de ses enfants. On appellerait mieux ce Code "Instituts et Cotitumes.*'
f m. ItôHT DE &IËN-WËN tl. Id9
contenant 22,937 chapitres. L'empereur mit en tète de dette collection une préface de sa façon» (1).