‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 112 sur 205 · CH. XI. DYNASTIE DBS MING (SUITE · texte numérisé non relu

CH. XI. DYNASTIE DBS MING (SUITE

1402, au delà des mers, Yong^lo envoya des expéditions considérables vers l'archipel indien, et obtint par elles la soumission nominale de tous les rois et de tous les sultans, dont la puissance s'étendait depuis la Malaisie jusqu'au Golfe arabique» (1).

En 1441, sous Yng-tsong ^^ (Tcheng-t'ong JE |||f 1436-1450) Kien-wen ti, âgé de 64 ans, vivait au Kiang^si. Ayant célébré en vers imprudents son infortune et sa déchéance, tandis que les usurpateurs jouissaient de son héritage impérial, de puissants mandarins le firent saisir. Il nia qu'il fût «Tempereur.» Un de ses amis se donna comme l'auteur des vers incriminés. On les arrêta tous deux et ils furent amenés à Pékin. Malgré leurs dénégations, divers stratagèmes romanesques (tels que ceux où se complaît l'histoire chinoise) les contraignirent d'avouer la vérité. «On enferma Kten-wen ti dans un appartement du palais, où il passa le reste de ses jours. Il fut enterré sans aucune cérémonie à une montagne à Touest de Pékin.» De Mailla p. 202.

D'autres légendes pivotent autour de la destinée du monarque fugitif.

Nous les omettons pour faire . place à une autre information tirée du P. de Mailla. En 1574, un ministre présenta à l'Empereur Chen-tsong ft^ des Ming un abrégé de l'histoire intitulée T'ongkien jlH |g. Il demanda ce que l'on connaissait de certain au sujet de Kien-wen ti. On Tassura qu'il n'avait point péri dans l'incendie du palais de Nankin, mais qu'il avait erré 40 ans de province en province. «Comme l'Empereur parut curieux de savoir s'il restait quelque monument de ce prince, le ministre se chargea d'examiner les inscriptions des tombeaux de la sépulture impériale; il en tira une copie que l'Empereur relut plusieurs fois avec attendrissement» (de Mailla, X, 336).

Il en ressort que Kien^wen ti aurait sa tombe officielle aux environs de Pékin, bien qu'il y eût été enterré sans pompe. De Groot p. 1199 et de Mailla sont d'un avis contraire.

D'après le Pé-/iia-.souo-yen, le Docteur / Mou i^^de Wangkiang hien SI Ù! ^^ Ngan-hoei sous Tao-koang, avait une des plus belles collections des sapèques de tous les règnes. Mais il n'avait pu en trouver que deux de Kien^wen ti.

Le jeune prince Tchou Tch'ang-li ^^^, envoyé à Pékin en 1425, n'y séjourna guère qu'un mois, sans pouvoir faire long usage de l'autorité partielle que l'empereur lui déléguait sur les provinces du sud. Brusquement rappelé à la Capitale, il y succéda à son père sous le titre de règne Sinen^té g J^ et le nom dynastique de Siuen-tsong g ^ (1426-1436).

De Mailla relate (X, 208) qu'à la 6« lune de 1450, lors de singulières perturbations de la nature, «on entendit à Nankin des bruits souterrains pendant trois jours consécutifs ; le feu prit au

(1) Toun^-jpao, avril ISdO, II.

s III. ÉPHÉMÉRIDES. 201

palais des Ming qu'il réduisit presque entièrement en cendres. » D'autres rangent ce désastre parmi les premiers événements du règne de King^tsong (aliàs King-tai -^ ^ 1450-1458). On y ressentit encore en 1484 les tremblements de terre qui, alors, désolèrent Pékin si affreusement.

De fait, pendant ces deux siècles, ciel et terre parurent conspirer à la fois contre la fortune nankinoise ; les Chroniques locales sont encombrées des mentions réitérées de désastres de tout genre. Outre la liste, très fournie, des tremblements de terre, dressée à la page 94, nous y glanons encore les éphémérides calamiteuses qui suivent :

1449, (6® L.) Violent orage pendant lequel sont brûlées les trois salles Kin-chen tien ^ ^ ^, Hoa-kien tien ^ ^ JS et Fong^t'ien tien $ ^ ^* 1454, (l^re L.) Neige pendant 40 jours. Incendie terrifiant. 1457, (2® L.) Une bourrasque déracine les arbres du Hiao ling ^ ^. Les animaux en pierre du Tombeau du prince héritier /-wen T'ai-tse ^ 3ÎC >fc •? y sont avariés. 1460, (3®L.) Le temple du Tc/i'ao-rien /long ^ 3^^^ est incendié. 1466, La famine est si affreuse qu'on se nourrit de chair humaine en ville.

1473, (7* L.) Un ouragan passe sur Nankin, causant d'immenses dégâts aux Terrasses du Ciel et de la Terre, ainsi qu'aux Temples du Hiao ling, 1480, (1) (8® L.) Un coup de vent ravage encore les plantations du Tombeau des Afing.

1482, Un tigre dévore plusieurs personnes aux environs de Nankin.

1483, (11® L.) Incendie de l'École nationale, le Kouo-^tse Kien, ,, (12® L.) Incendie de la manufacture des vases de porcelaine. Le feu détruit aussi la résidence de la famille du 0*1 Teng Yu gP ^, Prince Ning-ho wang ^ fîï 3E-

1485, Un coup de vent arrache les arbres du Temple T'ai miao -j^ J^. Les bêtes en pierre de la Ville impériale (Hoang tch'eng ^ ^) et celles dressées en avant de la salle Ta-se tien ^ jfe îg(, sont aussi partiellement brisées pendant l'orage. Alors, dit K'ien-long (Delamarre, op cit.), Nankin est encore une des deux capitales.

1488, (3® 1.) Incendie dans le Jardin intérieur, Nei^hoa yuen ^?E H- A la 5® lune (comme en 1388), la foudre fendit la tête «de la bête en pierre» de Hong^ou men gt^ p^. La même tempête ravagea les arbres de la grande avenue du Tombeau des Ming.

(1) 1478, la femme d'un ofi&cier, nommé Tch^en Setig-eul ffi fs ^ î met au mond 6 le môme jour trois garçons et une fille, disent les chroniqueurs.

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