‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 113 sur 205 · GH. XI. DYNASTIE DES MINQ (SUITS · texte numérisé non relu

GH. XI. DYNASTIE DES MINQ (SUITS

1489, (4® 1.) I^e tonnerre renverse le Temple Tsou-che tien jg g$ ^ à Chen^lo koan # IH ifR • Cette dernière pagode est incendiée elle-même quelque temps après.

1490, (7® lune) La foudre renverse les murailles à l'ouest de la porte Ou men ^ f^.

1493, (4® 1.) Incendie nocturne de l'ancien palais du Ou wang

,, (12 lune) Le tonnerre dévaste encore les plantations du Hiao ling.

1494, L'orage ruine plusieurs monuments publics.

1495, (5* 1.) A la suite de pluies prolongées, un pan de mur au nord de Tch'ao-yang men s'écroule.

1502, Une violente tempête d'équitioxe ravage l'habitation des eunuques au Hiao ling, arrache les arbres, renverse les murs et les balustrades des ponts. Le Yang-^tse kiang débordé reflue dans la ville, où il y a jusqu'à cinq pieds d'eau.

1522, (7® 1.) Nouveaux débordements du Kiang et tempêtes furieuses ; murs de la ville, palais et temples s'écroulent.

1523, Longue sécheresse, suivie de famine.

1534, (6® 1.) Dans un incendie au T'ai miao, la cuisine rituelle

et les salons latéraux furent détruits.

1553, (8* L.) Incendie du Kong^yuen "^ ^. 1586, (5®L.) Pluie torrentielle de 10 jours, avec inondation subséquente. Les barques naviguaient en droite ligne de Kiang-tong men ^ Jp[ P^ à la porte San^chan men ^ [Ij P^ (Choei-si men).

En 1617, 1619 et 1642, des myriades de souris franchirent le Yang-tse kiang, en s'appuyant les unes sur les autres. Arrivées h Nankin, elles dévorèrent la récolte et les provisions de riz.

Credat Judseus Apella !

1618, Chute d'un énorme bolide rouge à l'occident. 1623, (7*^ L. ) Incendie des constructions de l'ouest à l'ancien

Palais impérial.

1626, (5® L.) Nouvel incendie au Tch'ao-t'ien kong. 1643, (11® L.) Une poudrière saute en ville; plus de 30 personnes succombent par suite de l'explosion.

L'usurpateur, dont le pouvoir se légitimait et s'affermissait chaque jour, outré de la résistance d'abord, puis de la sourde opposition de Yng-t'ien fou f^ H )^ (Nankin), délaissa cette ville au commencement du XV® siècle, pour établir sa Cour à Choen^ t'ien fou IR 5ç Jj^ (Pékin). A l'encontre de nombreux auteurs, nous ne voulons point ici introduire de dates précises, autres que celles déjà fournies. Mais à Pékin, l'on répara la muraille aux premiers voyages de l'Empereur, qui fit commencer la construction du palais vers 1421. Sous les Ming, ville départementale, elle commandait à deux sous-préfectures. En effet, par respect

§ m. PÉKIN CAPITALE. 203

pour l'œuvre du fondateur de la dynastie, Yong-lo n'osa ravir à Nankin le titre que cette ville tenait de Hong-ou, son père. Il lui laissa même ses six grands Tribunaux (Lou^pou :;^|p) et il revint plusieurs fois dans la vieille capitale disqualifiée.

Pour être exact, il faut donc affirmer que le transfert de la Capitale officielle au nord ne s'accomplit que progressivement, et que plus d'un lien rattacha longtemps les deux cités, comme l'ancien régime au nouveau. «Les Ming qui habitaient Nan* kin, en arrivant dans leur capitale du nord, regrettèrent leurs rizières^ leurs lacs de nénuphars, leurs splendides eaux du sud; ils voulurent en avoir l'image, et creusèrent le C/ie-fc/i'a hai + M ^" (^^* Favier, Pékin, p. 351). C'est un vaste lac, hors de la porte Heou men, et dont les aménagements, qui simulent quelque paysage nankinois, ne furent terminés que sous Wan-li "JÏJ J|.

Les Mongols avaient réparé l'enceinte de Pékin en. 1274. Hong^ou «rasa deux de ses portes, du côté du midi, pour la dégrader. Yong^lo, qui en rebâtit les murs en 1409, ne leur donna que quatre lieues de tour.»

La ville chinoise eut des murs en terre en 1524; plus tard on lui accorda des murailles et des portes en briques, puis elle fut réunie à la ville tartare ou capitale (Mém. concern. les Chinois II, p. 153).

En 1437, on revêtit les murs de Pékin d'un parement de briques. Ils avaient 47 li de tour (27 kilom.) et neuf portes comme aujourd'hui. En 1543, les faubourgs du sud (ville chinoise actuelle) furent entourés d'une muraille de 28 li (17 kilom.) de longueur (1).

Ainsi Nankin, découronné encore une fois, resta capitale honoraire de 1406 à 1644, année qui consomma sa déchéance, à la chute de la dynastie des Ming. Elle attend depuis lors le retour problématique de son ancienne splendeur, cette restauration de sa vieille gloire, que plusieurs lui prophétisent d'une vague manière. Elle faillit recouvrer inopinément, il y a trente ou quarante ans, cette dénomination de capitale, sous la domination sanglante des T'ai-p^mg -^c ^- En temps et lieu nous exposerons comment le fatidique présage se réalisa temporairement alors. Quant à l'avenir, plus que jamais il est à Dieu !

Les scènes paisibles, presque idylliques, du roman des Deux Cousines, le Yu Kiao-li 3Ê ift ^' connu surtout en France par la traduction de Stanislas Julien, ont pour théâtre le pays de Nankin. Plusieurs des personnages sont nankinois. L'époque choisie est celle de Tchen-t'ong j£ ]^, nommé après sa mort Yng^tsong ^ ^

(1) Cf. Bretschneider, Recherches historiques ... traduction C. de Plancy. Cf. supra, Introduction.

204 GH. XI. DYNASTIE DBS MING (SUITB), 1368-1644.

(1436-1450), et les allusions historiques abondent dans cet ouvrage écrit vers 1450 (1).

Plus d'un auteur indigène se plait à décrire la vie élégante, raffinée, libre aussi et dissolue, de la société nankinoise, au déclin de la dynastie des Ming. Le barbare de Tartarie guettait cette proie riche et facile.

En 1441 nYng-tsong ^ ^ (1436-1450) établit dans les deux capitales du nord et du sud, Pékin et Nankin^ des écoles spéciales pour l'instruction littéraire des militaires.» (Biot, Essai.,., p. 444) Cette double fondation témoigne de l'importance relative conservée par Nankin. On appelait Ou-hio ^^ ces écoles; chacune avait ses officiers instructeurs, chargés de former à la littérature, peu technique, cent jeunes «cadets» militaires (ibid, passim).

Comme THen-tsin, Ou-tch^ang fou et plusieurs autres villes, le Nankin actuel possède ses collèges pour le recrutement des officiers de terre et de mer, outre une «Ecole de langues», le TchoU'is'ai hio-Vang ^ ;^ ^ ^, récemment ouvert.

En 1507, on rétabli^ la charge d'Intendant des Soieries impériales: Nan-king Tche-ts'ao $ TïC ift i^* Un mandarin tartare en est encore le titulaire.

D'effroyables malheurs s'abattaient sur l'Empire. D'autre part, l'expansion asiatique, comprimée, éprouvait même un mouvement de recul; notamment en Europe, la gloire mélangée des conquérants de race jaune entrait dans la pénombre d'une phase d'éclipsé, qui, malgré quelques lueurs d'éclat fugitif au 18* siècle, se prolonge encore aujourd'hui. Yvan-le-grand de Russie (1462-1505) refoulait les Mongols et fondait chez lui un empire moscovite. De nos jours, par un retour offensif, il s'extravase sur la frontière ouest, nord, et est de la Chine, en attendant qu'il absorbe une zone du vieux Cathay, dans une mesure impossible à prénostiquer. Sort inéluctable, auquel semble se résigner une trop large fraction du monde mandarinal !

Les pronostics d'un avenir mystérieux ne doivent pas nous faire oublier notre enquête historique à travers le passé.

Pendant Tannée 1519, Tch'en Hao ^ g|. Prince Ning vcang ^ 3E» ^"^ s'était révolté à Nan-tch'ang au Kiang-si, s'était assuré la complicité de l'eunuque Lieou Lang ^J ^, occupant le poste de Nan-king Cheou-pei ^ TîC ^if ^. Mais leurs projets séditieux étaient surveillés par KLao Yu ^ ^, le Préfet de la Chambre des armées Ping-pou chang-chou ^ ^ 1pÏ S^- Grâce à son sagace dévouement, on s'empara sans bruit de plus de 300 affidés secrets, et on les mit à mort. La sédition projetée avorta de ce fait, à Nankin.

(1) Cf. la traduction de S. Julien, t. I. p. 7, note. L'épisode du chapitre VI se déroule dans une pagode de Kiuyoji^j à 14 lieues est de la grande ville.

s III. MORT DE OU-TSONG, 1521. 205

A la 7® lune, Tempereur Ming Ou^tsong ^ ^^ (Tcheng^té j£ Q) marcha en personne contre le prince Ning-wang, A la 12® lune, se trouvant dans sa Capitale du sud, il ne logea pas dans l'ancien palais, mais habita un hôtel préparé pour lui, près du Nan men. Selon la coutume, il profita de ce voyage pour se rendre au Hoang ling (1520, 1^^® lune); les sacrifices terminés, il fit donner des représentations scéniques. L'été suivant, on lui ménagea une excursion (6® lune) à Nieou^t'eou chan ^^ \Jj^ où il habita dans un Temple funéraire, bâti sur le pic de Touest. A la 8® lune intercalaire, on lui amena des prisonniers, provenant des bandes rebelles levées par le Prince Ning wang ^ 3E au Kiang-si, En quittant Nankin, sa Majesté se livra au plaisir de la pèche à la ligne, auprès de Long^kiang k'eou f| flC P [Hia-koan) ,

Ou'tsong ^ ^ (Tchou Heou-tchao J^ JBJ fiR» Tcheng-té jg ^ 1506-1522), onzième empereur des Ming, en cours de visites dans les provinces du sud, vint passer une dizaine de mois à Nankin, sa seconde capitale ; il s'y trouvait présent en octobre 1519 et la ville lui donna une série de fêtes à cette occasion. Peut-être entendait-il fuir les incursions audacieuses des Tartares, qui l'inquiétaient sans cesse à Pékin. Il y rentra pourtant au début de l'année suivante, et y mourut en février 1521 (1).

Vers 1531, Che^tsong ^^ imposa au Tse-kin chan (abritant les sépultures dynastiques de Nankin) son nouveau et emphatique vocable de Chen-lié chan |l^^^llj. Les collines qui dominent le TsoU'ling î|^ ^ de Fong-yang fou, et celles du Hoang Aing à Nankin reçurent de semblables appellations. Tout fut ruiné, ou à peu près, sous le dernier des Ming: la 8" année de Tsangtcheng ^ |K, les bandes tartares prirent Fong-yang et incendièrent les temples de son Hoang-ling, sépulture des ancêtres de Hong-ou, fondateur de la dynastie expirante (cf. de Groot, p. 1275.)

(7® 1. 1555) Des pirates japonais, remontant le Yang^tse, comme les Normands nos fleuves de France sous les Carlovingiens, n'osèrent attaquer Nankin, à la vue, dit-on, de la bonne garde qu'on y faisait. Ainsi parle la tradition. Toutefois, l'histoire moins apprêtée et d'accord avec les Chroniques régionales, si elle maintient l'exactitude de l'incident en général, le présente sous un jour moins glorieux pour Nankin. Ces pirates, montés sur 72 barques, n'y arrivèrent qu'après avoir pillé les villes de Hoei-tcheou fou ^ ji{ J^ et de Ning-houo fou ^ Q ^- Les soldats de la capitale du sud, qui se hasardèrent à leur barrer le chemin, furent honteusement battus, perdant quatre ofliciers.

Par bonheur, les forbans japonais se retirèrent bientôt sur

(1) Cf. de Mailla, X, 297, et Bretschneider, Mediœval Researches. vol. II, p. 318.

206 CH. XI. DYNA8TIR D89 MïNG (suiw), 1368-1644.

Pan^k'iao Hgi i^ (non loin du Fang-tse, à 20 li de Nankin, sur la route de T'ai-p'ing fou). La grande ville respira; mais la peur d'un retour offensif fit établir, en 1592, de solides garnisons à HisL-hoan, pour y défendre le passage de Long^kiang koan H fC H contre une invasion japonaise (1).

Une insurrection militaire avait éclaté, à la 2® lune de 1561, au camp de Tchen-ou yng ^ $£ S* établi durant l'hiver de 1545. Plusieurs chefs furent niassacrés ; on supprima ce camp en 1557.

A la 10® 1. de 1604, un magicien nommé Lieou T'iensiu 91 ^ ^ fomenta aussi une sédition. Suen K'oang ^, j^, préfet du tribunal militaire à Nankin, le fît emprisonner et décapiter, nous reviendrons sur ce fait.

L'an 1600, on avait réparé la pagode de Pao-ngen ae et son principal ornement, le Pao-ngen t'a, la fameuse **Tour de porcelaine".

L'hiver de 1616, Ting pin "f ^ recreusa le canal envasé de la Ts'in-hoai ^ ff.

Nankin exerçait alors une singulière fonction : on y reléguait les fonctionnaires dégradés pour fausses dénonciations et les Grands convaincus de quelque méfait irrémissible. Ainsi, en 1505, des eunuques tout-puissants, accusés de corrompre le jeune empereur Ou^tsong et disgraciés, demandèrent cette ville comme lieu d'exil (2).

Cette capitale secondaire était, sous les Ming, la résidence attitrée d'un Chef des eunuques, maître du Palais, préposé à la garde des portes de la ville et jouissant du cumul de plusieurs charges lucratives. En général, ces eunuques (ils étaient plusieurs milliers) se posèrent en ennemis décidés des missionnaires, pour entraver leurs efforts d'évangélisation. Toutefois, les apôtres de la vraie foi nouèrent d'excellentes relations avec plus d'un et Ton compta quelques conversions solides parmi cette classe de gens néfastes, si pernicieuse encore à la Chine d'aujourd'hui : Nous aurons occassion de reparler de ces rapports (3).

L'autorité et l'influence, régulière ou usurpée, de ces eunu<

(1) V. de Mailla X. pp. 326-3*27, incursions japonaises au Tché-kiang, Kiang-nan^ Chan-tong etc.

(2) De Mailla, X, p. 267, 973, 992. Les plus fameux de ces eunuques étaient Lieou Khi 9i ïm (exécuté plus tard), Li Faitg ^ 5t ' Wang Yo, Hoang TfW, Tchang Yong SB •^' Aux environs de Yn-hoa t^ai, en dehors de TUti-p'iiig men et surtout dans la direction de Nieou-f*rnu ohan, au sud de Nankin, les tombeaux d'eunuques abondent. Nous nous eu occuperons dans un travail spécial.

(3) Voir Trigault, J)e Ohristiana Expcditione, livre IV, ch. VIII, p. 368, sur la rapacité des eunuques. Le P. Martini témoigne avoir visité les Temples du Ciel et de la Terre ù Nankin, quand «ils étaient sous la garde d'un eunuque de haut rang, devenu chrétien,» Novus Atlas nnensia p. 98. Amsterdam, 1654.

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