GÉOGRAPHIE
DU ROYAUME DE TGtt'*i|U. (*)
Vers l'an 1122 avant Jc^sus-Christ. Hiong I ]{| j^, descendant de Tchoan Iliu |j{g Jg, ro(,ut de l'empereur Tcheou Ou wang g ^ J le lier de Tan-yang ^ ^ (1). Ce pays s'appelait alors King-nian ^ftj gf, c'est-à-dire «Sauvages des broussailles»; c'est seulement vers l'an 659 qu'il prit le nom de Tch'ou ^.
Ce fief s'étendait depuis la préfecture actuelle de King-tcheou fou ^ ft\ M [Hou-pé] jusqu'au nord de Yu-tcheou ^ ji\, k \20 \i au nord-est de Nan-yang fou f^ ^ /jjï [Ilo-nan] ; c'est-à-dire jusqu'à la forteresse de Fang-tch*eng 'j^ ^, plateau réputé imprenable. Ce môme fief allait encore jusqu'à Sin-yang tcheou J3 ^ ^i à 270 li sud-ouest de Jou-ning fou f^ j^ /i|^. [Ho-nanl. (Petite géographie, vol. 12, pp. 47, 52).
Le roi Wen wang tJ^ J (689-676) abandonna Tan-yang, et transporta sa capitale à Yng ^; c'est-à-dire à l'antique ville de Ki-nan tch*eng ^ ^ ^, qui se trouvait à 10 li au nord de Kingtcheou fou. C'est le véritable emplacement, et il ne faut pas oublier ce détail ; car il y eut plusieurs villes du nom de Yng, comme nous le verrons bientôt.
Le roi P4ng wang ip J (528-515) transféra de nouveau cette capitale à 7 li plus au sud. à l'endroit nommé Yng-tch*eng 35 M' ^ ^ ^^ nord-est de King-tcheou fou ; la ville précédente reprit dès lors son ancien nom de Ki-nan tch'eng (2).
Le roi Tchao wang B3 I (515-428) n'aimait pas cette rési-
(*( Dans lo cours do c('tt<* histoire, nous aurons continncllfMin'nt A «-itor Ips flou\ niivra»j:<'s «,'<'«op;raphi(|iif*s sni\ants:
Fan-\u ki-yao kicn lan jÇ" H |£ ^ ^ ïï
Ton clic Fan^'-yu ki-yao ^ ^ /J ^ ^ 9
l'our abréffcr, nous appelons le l*"^ simplement : Fnufj-yu ki yuo, Petit Fan^'-yu ki-yao, Petit<» j;éo{n*ftpl»i<s }>• ï''». et îiouk nommons le second (îrand Fanf;-yu ki-yao ou (rrande fféo^naphie, a. Fa.
(l) Tan vanK- Cettt) ville était A 7 li sud-est de Koei-tcheou ^ ^^ :\ :W> li A rcaest de I-tchanjç fou K ^ Jn Hou-pé , sur le Fleuve-bleu, (j:. Fa. vol. 1, p. 9i. — (p. Pa. vol. 21, p. 37).— (k'- F*»- vol. 73, p. 38).
Les chanf^ements de capitale sont résumés dans la (Jrande péojJx»plii(*, vol. I, p. 11.
La donation de ce fief fut confirmée par l'empereur Tch'en-wani;.
i'D Voir: p. Fa. vol. 21, p. 20— p. Fa. vol. 7H, p. «.
dence ; il alla s'établir à Jo gg (1), à 90 li sud-est de I-tch*eng hien £ *É Ji. à 120 li sud-est de SiaîigVyang fou g l^j^ [Hou-pd] ; puis il se ravisa, et retourna^ aji premier endroit appelé Yng ffj.
Le roi K'ing-siang^jvaii^ ÇS*^I (295-262) émigra à Tch'en
tch*eng ^ JS (2), cJçsf-ii-dVôrTch'en-tcheou fou ^ ^ |^ [Ho-nan];
c'était la capi taie*» ;àé» .l'ancien royaume de Tch*en ^, conquis
en 479 pfir\e rOi *ldè Tch'ou nommé Hoei wang Jg ]E (488-431).
.Lp\Tîy .K'ao-lié wang ^ ^| ï (262-237) se transporta à Kiu-
.. Xaiï&'*-^**^ (3), à 40 li nord-ouest de Yng-tcheou fou ^ ji\ J^
; %.\[N§ah-hoei] ; le nom de la nouvelle capitale fut alors un peu
\ • 'altéré, et devint Si-yang tch'eng ^ ^ ^' Quelque temps
après ce transfert, le même roi s'établit à Cheou-tch'oen ^ ^ (4),
c'est-à-dire Cheou-tcheou % j\\, h 180 li à l'ouest de Fong-yang
fo" M* ^ M [Ngan-hoei]. Cette dernière capitale reçut aussi le
nom de Yng ^.
Après l'extinction de la dynastie impériale Ts'in ^, le royaume de Tch'ou fut ressuscité ainsi que les autres grandes principautés qui avaient été détruites par Che-hoang ti ^ ^ 'jjj. A cette époque, le roi se nommait Sin >2*î *^ était petit-fîls de Hoai-wang "1^ ï, et descendait de la famille Mi ^. Il établit sa capitale h Yu-i fff ^ (5); c'est-à-dire Yu-i hien Wf të M^ ^ 7 li au sud de Sc-tchcou ^ *Hi [Ngan-hoei].
Quelque temps après, il y eut une dernière émigration à T^chen-tcheou #|5 ^t| (6); c'est-à-dire T^chen-hien fj^^ [Hou-nan]. C'est là que fut massacré le roi I-ti H ^; après quoi le pays fut annexé à l'empire par Kao-tsou ^ g[, fondateur de la dynastie Han ^; et ce fut pour toujours.
A l'époque des guerres civiles [Tchan-kouo ^ @], le royaume de Tch'ou s'étendait, à l'ouest, jusqu'à la province de K*ien-tchong J^ rft, c'est-à-dire Tch'en-tcheou fou g j\\ jjj, mais alors, la capitale de cette province était 22 li plus à l'ouest que maintenant; à l'occident encore, le royaume allait jusqu'à la province de Oukiun 35 JRî dont la capitale était Ou-tch'eng ^ JJ, un peu au nord-est de Ou-chan hien ^ lilS^, à 30 li nord-est de K'oei-tcheou fou ^ « ;iSf (7).
(1) Cette ville était la capitale d'une petite principauté du mAme nom, que le royaume de Tch'ou s'était annexée, (p. Fa. vol. 21, p. 28)--(p:. Fa. vol. 79, p. 15).
(2) (p. Fa. vol. 12, p. 54).
(3) (p. Fa. vol. 6, p.30.).— (r. Fa. vol. 21, p. 55).
(4) (p. Fa. vol. «, p. 24).
(5) Yu-i= C'est le pays appelé Chan-tao-ti Ç SS Sft ^ de l'ancien royaume de c)u ^' C'est Che-hoanp ti yp S nJ • fondateur do la dynastie impériale Ts'in SÇî qui en changea le nom, (p. Fa. vol. 0. p. 41) — (p. Fa. vol. 21, p. 4(^). En l'année 568, il y avait eu là une réunion des princes vassaux.
(6) (p. Fa vol. 22, p. 23).— (p. Fa vol. 82, p. 2).— (vol. 1, p. 27).
(7) (p. Fa. vol. 22, p. 18; vol. 24, p. 25).— (g. Fa. vol. 1, p. 31), où sont indiquées les frontières du royaume de Tch'ou.
En 334, il anéantit le royaume de Yué jg, et se Tannexa. De ce fait, sa frontière orientale fut reculée jusqu'à la mer; les provinces actuelles du Kiang-nan Ùl ^, du Tché-kiang ^ ÎL et du Fou-kien jg ^ jusqu'à celle du Koang-tong j|| ^, tombèrent en son pouvoir.
Au sud, il s'étendait jusqu'au lac T*ong-ting î^ jj^ et Tsang> ou î|f ^§; c'est-à-dire Ou-tcheou fou ;|§ j^\ /jj, du Koang-si. En réalité, de ce côté, il n'avait point de frontière Vixe; il prenait aux «sauvages» tout ce qu'il pouvait leur enlever (1).
Au nord, il atteignait la montagne de Siun-yang ^ |^; c'està-dire qu'il allait jusqu'à la préfecture actuelle de Hing-ngan fou 9i^M [Chen-si]. A Test de Siun-yai;g hien ^I^JH se trouve le fameux défilé de Siun-koan ^ ^. Au nord, la chaîne de montagnes appelée Hing-sai |^ ^, ou Hing-chan ^ j[(, servait de frontière et de rempart contre les royaumes voisins (2).
Le territoire de Tch*ou avait donc une étendue de cinq mille li en carré. A son apogée, c'était un royaume très grand et très puissant; il fut même pendant quelque temps le maître de toute la Chine, comme nous le verrons.
Le recueil géographique, où nous puisons ces détails, dit que Ou-tchang fou gj ^ ij^, Siang-yang fou S 1^ /iï ®* King-tcheou fou ^ ^ /jjï étaient les trois positions les plus importantes du pays. Siang-yang fou serait le cœur de la Chine; qui l'a, peut pénétrer où il veut. Ou-tchang fou livre passage vers les contrées méridionales. K'ing-tcheou fou est le centre du Hou-koang ^ j||; c'est là que les rois de Tch'ou établirent leur capitale, tant qu'ils ne furent pas forcés par les royaumes ennemis de la transporter ailleurs (3).
Voici maintenant quelques renseignements sur les principales montagnes du pays.
Heng chan ^ |J[j=rSe trouve dans le Hou-nan jjJS ^, à 301i nord-ouest de Heng-chan hien ^ llj j||. C'est l'un des cinq Yo ^, montagnes sacrées sur lesquelles l'empereur seul pouvait offrir les sacrifices au ciel. Choen ^ vint y faire ses dévotions. Dans la suite des temps, elle changea de nom plusieurs fois. D'après notre recueil géographique, elle est haute de quarante mille pieds, avec une circonférence de huit cents li. Elle a soixante-douze pics, dix cavernes profondes, quinze défilés dangereux, vingt-huit sources fameuses, vingt-cinq torrents et ravins considérables, neuf lacs, neuf pièces d'eau très profondes
(1) Petite préoi?r. vol. 22, p. 17; vol. 30, p. 16.
(2) Petite géo^. vol. 14, p. 47. — Cette montagne de Hing-chan se trouve à 30 li an «nd de Sin-tcheng hien Sf iI5 SI dans la préfecture de K'ai-fong fou M ïf /iï [Ho-nan] ; elle est célèbre dans les annales de la Chine.
—Grande géogr., vol. 47, p. 82.
(3) Petite géogr., vol. 20, pp. 1 et 2.
[T'an ff]y et neuf puits naturels. Parmi ses nombreux pics, il y en a cinq surtout qui sont remarquables par la hauteur et la beauté; près de la sous-préfecture Heng-chan bien, on en compte jusqu'à cinquante-cinq, dont Taspect est extrêmement imposant. Cette montagne est située entre Tch'ang-cha ^^ et Heng-tcheou
fou ft iHi iiï (1).
Kieou-i chan jt Sk (il"^ Encore plus au sud que la précédente ; elle est aux confins du Koang-si, au sud des préfectures Yong-tcheou ^o\i ^ jt\ J^ et Tao-tcheou fou jit W jj^- D'après le grand historien Se-ma ts'ien "^ ,|| ^, l'empereur Choen ^, dont nous venons de parler, serait mort dans cette contrée appelée Tsangou ^ i§, et serait ejiterré au pied du sixième pic de cette montagne, appelé Niu-yng ^ ^. Che-hoang ti j^ ^^, le grand voyageur parmi les empereurs historiques, vint aussi visiter cette montagne ; il était alors à la 27**""' année de son règne. Ou ti |5Ç ♦^, de la dynastie Han ^ (HO-86), s'y rendit de même, pour y offrir des sacrifices. La spécialité de cette montagne, ce qui lui a valu son nom, c'est qu'elle a neuf pics assez semblables les uns aux autres et par suite difficiles à distinguer; de là le nom de «Montagne des neuf doutes». Ces pics sont séparés par dos ravins profonds et autant de torrents; parmi ces derniers, quatre versent leurs eaux dans le Si-kiang ^ ^, au sud; les cinq autres vont vers le nord, et se jettent dans le Yang-tse-kiang (Fleuve bleu) et dans le grand lac Tong-ting ^ Jjg. Cette montagne est située entre le pays de T*ong-ting, au nord, et celui de Tsang-ou, au sud. Le cinquième de ses pics, le plus élevé, s'appelle Choen-yuen-fong ^ ^^ ^; il est juste au sud de la sous-préfecture Ning-yuen bien ^ ^ j||. L'ensemble du massif a environ quatre cents li d'étendue (2).
Ta Pié-chan ^ ^]] [11, au nord-est de la préfecture Han-yang fou iH 1^ /lï [Hou-pé]. C'est au sud-est de cette montagne que le fleuve Han ^ se jette dans le Yang-tse; c'est donc une position stratégique de premier ordre (3).
Siao Pié-chan >J^ ^j j[(=-A dix li au sud de la souspréfecture Han-tch'oan bien ^ )\\ H^, ville située h 160 li nord-ouest de Han-yang fou dont nous venons de parler. Cette montagne ressemble à une marmite (tseng ^) ; elle est séparée
(1) Grande fféop^r-, vol. 80, p. 34. — vol. 75, p. 7. Pour expliquer le non» de cettt' montagne, on a recours îl dififérent» signes astronomiques; car hrng sipjitie îmlanec. C'est une des nombreuses habiletés dont les lettrés ont le secret.
(2) 11 y a un ouvrage sur cett«» montagne: il est intitulé Kieou-i-chan tche
iL^ \ii ^>-
(3) En 1874, un certain Hou Fong-tan RQ j^L ^ *^ édité une monographie de oetie montagne; le titre est : Ta-pié-chan tche y^ JSU lU ÎS* c'e^t de IJl que tou^ avons extrait la carte ci-jointe.
(Grande géofrr., vol. 75, pp. 9 et sniv.).
de la précédente par le fleuve Han. De toute antiquité, il y a eu des batailles à cet endroit (1).
Les fleuves principaux sont :
Le Yang-tse-kiang If^ ^ fL=^^ coulait à peu près au milieu du pays, y décrivant de grandes courbes ; la capitale (Yngtclreng ^ J^ était bâtie sur sa rive gauche, c'est-à-dire septentrionale (2).
Le fleuve Han ^=11 vient de la montagne Tchong-nan chan IÇ ^ lU' ^u'oi^ ^ appelée «les Pyrénées du Chen-si». C'est un fleuve très considérable, qui reçoit sur son parcours un grand nombre d'aflluents; il est décrit avec de longs détails dans la Grande géographie, vol. 127, p. 9 (3).
Le fleuve Siang Jïfl-- A l'est de la rive droite ou méridionale du Yang-tse-kiang. Il vient des montagnes du Koang-si J| U^ dont il reçoit les nombreux torrents; il a un parcours de 2,530 li, et traverse le lac Tong-ting ^ |g avant de se jeter dans le Yang-tse-kiang (4).
Le fleuve Yuen (Yuen-choei Jjc tJC) ^^ Vient des montagnes du Koei-tcheou j^ JfJ), c'est-à-dire de la préfecture Tsuen-i fou ^ H j^ ; il a un parcours égal à celui du fleuve Siang ; et comme lui traverse le lac T'ong-ting (5).
Le fleuve Tse (Tse-choei |g ^fc) =^ Vient des montagnes T'ang-kieou chan J^l^ iji^ ll]^ ^u nord-est de la sous-préfecture Soei-ning bien ^ ^ HJ, cent li à Test de T'sing-tcheou fou f^ ji\ J^ [Hou-nan]: il se rend aussi au lac Tong-ting, après un parcours de 1,800 li (G).
Le fleuve Tsiu (Tsiu-choei JB. ^fC)- A l'est de la rive gauche du Yang-tse-kiang; il vient de la montagne King-chan :^ lli, au sud-ouest de Yun-yang fou i|J ^ jjï [Hou-pé jj|g :|t]. Sur son parcours il reçoit la rivière Tchang ^ : il se jette dans le Yangtse-kiang auprès de King-tcheou fou (7).
Les lacs principaux* sont :
(8) Celui de Tong-ting f^ |g=:Appelé anciennement Kieou-
(1) Voyez notre Histoire du royaume de Ou i^? pp. 85 et suiv. — Ta Pié-chaii siguifie la grande luouta^ie Pié. L'autre est la petite.
(2) La description du Yan^ç-tse kiaug, ses sources, ses affluents, sa longueur, etc., tout cela se trouve dans la CVrande fîéop*., vol. 120, p. 1. - Son i)ar'ours danh 1«^ royaume de Tch'ou est décrit au vol. 75, p. 1*J.
(3) Grande f(éogr., vol. 75, p. 12.
(4) ibid., p. 13.
(ft) ibid., p. 14.
iO) ibid., p. 15.
(7) ibid., p. IG. — Le caractère Tsiu s'écrit aussi Jf, et encore ^B,. Nous avons déjà parlé de ce fleuve dans l'histoire du royaume de Ou ^^ p. 87.
(8) Grande f^'énj^r,, ibid., p. 18.— Les neuf fleuves fou Kiahf? ) qui se déversent dans le lac Tong-ting sont les suivants : Siang jfflî Yuen JTC? 'ï'se }J[? Li j^, Yeou S) Sin JK Tch'on ^t TsMen Ou }||* Ts'ien flff-
lùang ^fCi c'est-à-dire «le réservoir des neuf Kiang (ou fleuves)». Il est à un li sud-ouest de Yo-tcheou fou *§ ^ ^, sur la rive méridionale du Yang-tse-kiang, dans la province actuelle du Hounan. Ces neuf fleuves ou rivières, en entrant dans le lac, forment cinq îles ou presqu'îles ; c'est pourquoi il fut aussi nommé autrefois «le lac aux cinq îles (Ou-tchou 3E î^)» ; par là même, il y avait comme cinq lacs, cinq bassins, séparés les uns des autres sur les bords, mais réunis au centre ; de là encore l'ancien nom de «Ou-hou j£ ^ les cinq lacs» sous lequel il fut aussi désigné (1). Actuellement, on n'en distingue plus guère que trois, à savoir:
Le Tsing-tsao-hou fl- ]^ j^=A 79 li au sud de Pa-ling bien B S! H' 100 li au nord de Siang-yn bien ftfl |^ JH ; il a un pourtour de 265 li ; son nom lui vient des berbes qui y croissent en abondance pendant la saison d'hiver et celle du printemps ; dès que les eaux grandissent, il se réunit au Tong-ting.
Le Tch'e-cha hou ff i^ ^= ^ l'ouest du Tong-ting, à 30 li sud-est de Long-yang-hien fl ^ H^, dont la préfecture est Tch*ang-té-fou *^ ^ J^, [Hou-nan]. Il a une circonférence de 170 li ; en temps de sécheresse, il montre à découvert une grande quantité de vase ou de sable rouge ; de là lui est venu le nom de «lac au sable rouge». En été, comme le précédent, il ne fait qu'un avec le Tong-ting.
Enfin, le Tong-ting ^ j^, pris seul, a une circonférence de 360 li ; uni aux autres, il a un pourtour de 900 li ; sa plus grande largeur est alors de 700 li. Si on le traverse du nord au sud, pour aller à Tch*ang-cha-fou -^ tp J^, ^\ y sl 200 li ; de l'est à l'ouest, pour aller à Tcb'ang-té-fou, il y a 250 li ; du sudouest au nord-ouest, pour aller à Li-tcbeou Jg ^, il y a 200 li. Ses eaux sont limpides; mais en été, quand la fonte des neiges au Thibet fait monter le Yang-tse-kiang, celui-ci y déverse une bonne partie de ses flots jaunâtres, quoiqu'il soit appelé le Fleuve bleu. Au milieu du lac se trouve la montagne de Kiun-chan ^ lll, dont la circonférence est de 60 li.
Nombreux sont les défilés, les rapides, les cascades, les cataractes :
C'est d'abord Han-k^eou ;§| P, c'est-à-dire le confluent du fleuve Han ^ et du Yang-tse-kiang, à l'ouest de la préfecture Ou-tchang-fou ^ ^ /JÏ ; il a encore reçu d'autres noms dans les livres; par exemple: Hia-k'eou 3[ P' Mien-k*eou ^ p, Lou-k*eou i§L p ; soit à cause de la rivière Hia-choei 3[ if^^ qui ne coule qu'en été, ou de la jivière Mien ^iÇ ; soit à cause de la montagne Lou-chan ^ jl] ; celle-ci n'est autre que la
(1) On l'a encore appelé Tchong hou S 3ï» c'est-à-dire : les lacs réunis, les lacs enfilée les uns aux autres.
montagne Ta Pié-chan ; elle fut ainsi appelée parceque le fameux général Lou-siao ^ ^ y avait un temple magnifique (1).
C'est ensuite la passe de King-men-chan ^J f^ llj= Cette montagne se trouve à 50 li nord-ouest de Y-tou-hien ^ ^ J||i dans la préfecture de King-tcheou-fou ; elle barre le chemin au Yang-tse-kiang ; ses rochers se dressent sur les deux rives comme les montants d'une porte gigantesque ; ces murs naturels sont en pierre rouge ; il y a des raies blanches qui ressemblent aux dents d'une mâchoire immense ; c'est pourquoi on appelle aussi cette montagne «Hou-ya-chan J^ :5F lÛ' '^ montagne aux dents de tigre». L'eau se précipite dans cette passe avec une violence extrême ; c'était là une bonne barrière pour protéger la capitale yng-tch'eng ^ JjJ [actuellement King-tcheou-fou] (2).
Viennent ensuite les défilés de Si-ling "g ^, avec leurs «rapides», dans la préfecture de Y-tchang-fou 3Ë ^ /iï> ville qui au temps du royaume de Tch'ou s'appelait Si-ling (3).
Le l®*" est nommé simplement Si-ling-koan, à 25 li à l'ouest de Y-tchang-fou ; il a une longueur de vingt li ; les rochers s'y dressent à une hauteur de mille jen ^, c'est-à-dire mille fois la taille d'un homme.
Le second est appelé Hoang-nieou ^ ^, «le bœuf jaune» ; il est à 90 li à l'ouest de Y-tchang-fou. Ce nom lui vient .de ce que la montagne ressemble à un homme conduisant un bœuf; l'homme est noir, le bœuf est jaune, ou plutôt roux. Les rocs se dressent à une hauteur vertigineuse. Les méandres de ce défilé sont nombreux; on met deux jours à les franchir. Le dicton populaire est ainsi : «parti le matin de Hoang-nieou, le soir je suis encore à Hoang-nieou ; pendant trois matins et trois soirs, c'est toujours le Hoang-nieou». Des trois défilés de cette région, c'est le plus dangereux.
Le troisième s'appelle Ming-yué §9 M ' Clair de lune ; il est à 40 li nord -ouest de Pa-tong-hien £ ^ IK W-
Voici encore «La chute d'eau grondante (Tch*e-t*an 5(j H^»;
(1) Mien=est au Bud du Yaug-tse kiaug; cette rivière vieut de Mien-yang tcheou Î9 ^ W » à 400 li au sud de la préfecture Han-yang fou M ^ iSf « [Hou-péJ .
(p. Fa. vol. 20, p. 8 et suiv.. — vol. 21, p. 7.)
(g. Fa. vol. 75, p. 20 et suiv..— vol. 77, p. 21.)
Voyez la monographie de la montagne Ta Pié-chan, vol. 4, pp. 24 et suiv.
(2) p. Fa. vol. 21, p. 23.— g. Fa. vol. 78, p. 31— vol. 75, p. 25, où il y a beaucoup de détails sur ces chutes d'eau.
(3) Si-Ung hia W @! WJ =0n dit encore Si-ling chan H fê iJj) ou Si-ling koan fS K B8 > car le mot Hia fK indique un resserrement comme un défilé, une gorge, où se forme le «rapide».
(p. Fa. vol. 21, p. 36).— (g. Fa. vol. 78, p. 27).
(4) p. Fa. vol. 21, p. 37. — g- Fa. vol. 78, p. 38, où se trouvent encore décrites d'antres gorges, d'antres montagnes.
c'est là qu'il y a le plus de naufrages. Klle se trouve à trois li de Koei-tcheou ^ ;Jfj, qui elle-même est à 350 li à l'ouest de Ytchang-fou. Le massif de montagnes d'où elle s'échappe est très haut; tous les passages, par terre et par eau, y sont très dangereux. D'ailleurs, depuis la province de Se-tch*oan Q )\\ jusqu'à Koei-tcheou, ce ne sont que montagnes abruptes, sur une longueur de six à sept cents li (1).
La jonction du lac Tong-king avec le Yang-tse-kiang se nomme king-kiang-k'eou ^J Ûl P ? ^^^® s'opère à 15 li nord-ouest de Yo-tcheou-fou dont nous avons déjà parlé. Là se trouvait et se trouve encore le grand passage du Yang-tse-kiang.
Il y a encore d'autres montagnes et d'autres ileuves. qui mériteraient une mention spéciale : nous en parlerons dans le cours de cette histoire, à propos des guerres et des entrevues qui s'y rapportent.
Finissons ce chapitre par un mot sur la «géographie céleste» du royaume de Tch'ou. Pour exprimer cette idée, les Chinois emploient l'expression «Fen yé ^ J^^» : c'est-à-dire : diviser (et distinguer) les zones. Le caractère Yé ^ désignait l'étendue de pays qui se trouvait autour de la capitale, jusqu'à une distance de deux cents li ; nous dirions: la campagne, par opposition à la ville. Ensuite^ ce même caractère a signifié zone, en général ; c'est-à-dire les parties du ciel correspondant aux divisions du globe terrestre. La zone du royaume de Tch'ou était donc la constellation I J^, c'est-à-dire la Coupe (Couvreur, p. 193), ei la constellation Tchen ^, c'est-à-dire les étoiles ^8, S, tj.v, du Corbeau (ibid., p. 779).
A la carte politique de cette terre correspond au ciel une carte céleste : toutes les variations au ciel entraînent des changements correspondants sur la terre, les perturbations célestes précédant et indiquant nécessairement des troubles dans ce bas monde (2). Là on trouve les principes, ou plutôt les ridicules alïirmations sur lesquelles se fondaient et se fondent encore les diseurs de bonne aventure, et tous ceux qui prétendent lire dans l'avenir. Inutile de traduire ces rêveries qui existent depuis longtemps dans l'histoire de la Chine. Le fameux ouvrage Tsouotchoan ^ ^ du grand historien Tsouo-k'ieou-ming 2£ H ^ ^^^ est lui-même farci. Les plus fortes têtes d'alors y croyaient fermement: celles d'aujourd'hui y croient-elles moins?
(1) (p. Fa. vol. 20. p. 2).
(2) Voyez le recueil Clu-ki st»uo->ii ^ |Ë f^l^) cliap. Tehen^-i JEH» V- H». K- Ftt. vol. 130, p. 7.