‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 4 sur 205 · PREMIERS TEMPS · texte numérisé non relu

PREMIERS TEMPS

Ses débuts sont légendaires ; nous rapporterons cependant ce qui en est écrit (*).

La maison royale de Tch*ou prétendait descendre de Tchoan-hiu jgg ï^. fils de Tch'angi g jgf, et petit-fils du premier empereur chinois, le fameux Hoang-ti ^ ^ ou l'Empereur jaune.

La généalogie serait ainsi qu'il suit: Tchoan-hiu, appelé aussi Kao-yang ^ ^ (1), eut un fils nommé Tch'eng j^ ; celui-ci fut père de Kiuen-tchang ^ ^, appelé encore Lao-tong ^ Jf; qui eut deux fils^ Tchong-li ^^ et Ou-hoei ^ 0.

Tchong-li fut grand-officier de l'empereur Ti-k'ou *j§ ^ (appelé aussi Kao-sin ^ ^, du nom de sa principauté). Son emploi était «le soin du feu, houo-tcheng ^ jE » ; on disait aussi «nantcheng ]^j jE», parce que le feu, la chaleur, la lumière, viennent du sud. Tchong-li était l'officier principal de la cour, comme le soleil est l'astre le plus important du ciel. Il parait que notre dignitaire remplit parfaitement ses fonctions, et que l'empereur lui accorda le titre de tchou-yong jjjj ^, c'est-à-dire Esprit qui préside au feu, à l'été, au midi (2). Aucuns disent <[ue tchou est mis pour ta ^, grand, et yong pour ming Bfl, lumière; d'où le sens serait la grande lumière. D'autres prétendent que ce caractère, au lieu de tchoii, doit être che j^, commencer: d'où le sens serait, il commence à briller, à se distinguer!

Lors de la révolte de Kong-kong Jt J^, l'empereur Ti-k'ou envoya Tchong-li la réprimer; il ne put y parvenir; c'est pourijuoi il fui mis à mort, le jour appelé Kcng-yn j^ H ; son office avec son titre pa§sa à son frère Ou-hoei.

Celui-ci eut pour fils Lou-tchong |^ j^ qui eut six fils, dont la naissance fut grandement laborieuse; voici leurs noms : K'oenou S §. Ts*an-hou ^ jg, P*ong-tsou ^ jg, Koei-jen f[ A,

(•) Voyez le recueil de Se-ma ts'ieii ^ ^ ^i c'est-à-dire le Che-ki R BB' ». http. 40, Histoire de Tch'oii ; et encore le Tonfî-kieii kang-inou jfi S |P| 0 ? Ts'ien-pit'ii HJ :|Bi vol. I, p. 24.

(\) Ce noin de Kaoyang avait été donné ù Tchoan-Hiu i\ cause de ba capitule et de sa principauté, qui s'appelaient ainsi; la ville était h 25 li à l'ouest de K'ai-fon|^ fou PB ^ JS^ FHo-nanl. (Petite f^éoKr., vol. 12, p. 3).

(2) Voyez, Couvreur, p. 833.

Tsao-sing Ig j^, Ki-lien Ç jjj, nommé Mi ^ l'ancêtre de la famille royale de Tch'ou.

Ki-lien eut pour fils Fou-tsiu ^ JH.; celui-ci eut un fils nommé Hiué-hiong ^ ]|| (l'ours de la caverne), dont les descendants ne se sont illustrés en rien, et sont restés dans l'oubli ; ils habitaient, soit les pays chinois, soit les pays sauvages. Fou-tsiu eut sans doute d'autres enfants plus remarquables; car, en 1130 avant jésus-Christ, nous voyons un descendant de Ki-lien, nommé Yu-hiong JjJ ]^, se distinguer au service de l'empereur Tcheou Wen-wang jq| ^ ï; malheureusement, il mourut jeune. Son fils Hiong-li ]^ M eut pour fils Hiong-koang ^ ^; et un petit-fils Hiong-i ^| j^, qui vécut sous Tcheou-tch'eng-wang M f& ï (1115-1078). Cet empereur, voulant récompenser tous les officiers qui avaient bien' mérité sous Tcheou Ou-wang ^ ;^ J et Tcheou Wen-wang ^ ^ 3£, leur fit une distribution de fiefs. Hiong-i reçut le titre de Tse ^ (vicomte) avec le fief de King-man ^jj gf, d'une étendue proportionnée à son rang, c'est-à-dire de cinquante li en carré. Sa résidence était Tan-yang

S'il faut en croire les historiens, c'est à partir de cet empereur Tch'eng-wang que commença le fonctionnement régulier et parfait de la dynastie Tcheou ^. Il y avait alors parmi les vassaux treize grands états ; leurs princes portaient un des cinq titres en usage à cette époque; à savoir: Kong ^ (duc), heou g| (marquis), pé f|§ (comte), tse ^ (vicomte), nan ^ (baron). Les petites principautés se comptaient par milliers. Il parait que, malgré leur nombre, tous ces princes étaient de vrais modèles de vertu: très soumis, très fidèles envers l'empereur; très bons, très paternels envers leurs sujets: c'était l'âge d'or de la Chine!

Après Hiong-i se succédèrent de père en fils Hiong-ngai ^ 3t (1078-1053) (2), Hiong-ta ^^B (1052-2002), Hiong-cheng ^ |p (1002-946); mais nous n'avons pas de détails sur leur compte.

A Hiong-cheng succéda son frère Hiong-yang ^ ^ (946-887). Celui-ci eut pour fils Hiong-kiu ^ |g (889-877), qui eut trois fils.

C'était l'époque de la décadence pour la maison impériale de Tcheou jg . Sous le règne de I-wang ^ 3E (874-878), les princes vassaux, jusque là si soumis, ne se préoccupaient plus de l'empereur; ils se révoltaient même ouvertement, et se faisaient la guerre entre eux.

Quant à Hiong-kiu 'f^ p^^ il gouverna son pays entre le Yang-tse-kiang jft ^ 2!C ®^ ^^ fleuve Han ^ ; il sut lui procurer une grande paix, une sage administration ; chaque jour il devenait

(1) Tan-yang= Nous avoua dit plus haut que cette ville était à 7 li sud-est de Koei-tcheou ^ jH1 1 à 306 li à Toucst de I-tch*ang fou 5lt |M /^f [Hou-pé] .

(2) Hiong-ngai (ou Hiong-i) = est encore appelé Hiong-won ff^ jSC ptur quelques «ateors.

plus fort. C'est ainsi qu'en peu de temps il fut assez puissant pour lever une «armée et attaquer la petite principauté de Yong fjjf (1), qui, habitée par des sauvages (Man ^), se soumit au vainqueur.

Fier de ce premier succès, Hiong-kiu conduisit son armée contre le pays de Yang-yué jjj^ ^, et s'avança victorieux jusqu'à Ngo ^ (2). C'était en 887. «Je suis un sauvage (Man-i ^ ^), disait-il, je ne veux aucun de ces noms, aucun de ces titres que les chinois donnent aux vivants et aux morts». Sur ce, de sa propre autorité, il établit son fils aîné, K'ang J^, roi de Kiu-tan {7 @; le second, Hong ^, roi de Ngo ^; le troisième, Tchetché ft ggÉ, roi de Yué-tchang jg ^ (3).

Sous le tyrannique empereur Tcheou Li-wang ^ S î (878- 841), Hiong-kiu commença à craindre pour ses récentes conquêtes; il renonça bien vite à son titre de roi, et ordonna à ses fils d'en faire autant; il fallait enlever à l'empereur tout prétexte d'invasion. L'aîné dut désormais se contenter du nom de Hiong-ouk'ang ;^ j^ J^ ; bientôt il mourut sans postérité. Hiong-kiu donna la succession à son second fils, Hong, mais le troisième en fut jaloux ; il tua son frère et s'empara de la couronne sous le titre de Hiong-yen ^ 5Ê (876-848). Son fils aîné lui succéda; il s'appelait Hiong-yong ^ ^^ ; il mourut au bout de dix ans (847-837). Le second, nommé Hiong-yen ]^]^) prit la succession, mais il ne régna que dix ans (837-827). H eut quatre fils; le premier s'appelait Pé-choang fj^ ||*, le 2^'"^' Tchong-siué fljf g, le 3^^'- Chou-k'an ^ ^, le 4^''.»« Ki-siun ^ fgj. C'était sous l'empereur Siuen-wang ^ J .

(1) La capitale Chan^'-yon^ tch'en^ JL US *5R «»' trouvait ù H) li à l'est de Tchou-chan bien HT lU JH» j\ 380 li siul-ouest de Yun-.\aiij< fou MB ^ Jiï [Hou-pé]. C'est dans cette contrée que se trouvait la forteresse FanK-t*clien{< JJ j|j|^ dont nous avons parlé précédemment. — La (Jrande j^'éo^raphie, vol. 7Î), p. 35, doinie un résumé de toutes les f^erres qui ont été faites pour prendre ce pays si important. (Petite géof^r., vol. 21, pp. 33 et suiv.)

(2) Ngo était à 20 li sud-ouest de Ou-tch*ang fou !PC s /Jï [Hou-péJ . Les limites géographiques de ce paya de Yang-yué ne nous sont pas connues; il devait être situé entre la préfectun; de Yun-yang fou et le sud de celle de Ou-tchang fou.

Il y a encore une autre ville de Ngo ; mais U semble peu probable que Hiong-kiu se soit aventuré si loin de son pays. — (Grande géogr., vol. 76, p. 7) — (Pt^tite géogr., vol. 21, p. 3; vol. 12, p. 41).

(3) On ne peut pas identifier Yué-tchang. Le commentaire dit seulement que c'était sur le cours supérieur du Fleuve bleu (Yang-tse kiang). — Se-ma-ts'ien ajoute que c'était dans la région des sauvages (Man-i). Tout cela est bien vague.

Quanta Kiu-tan, c'était au nord de King-tcheou fou ^J jHi JUJ. (Petite géogr., vol. 21, p. 20).— (Grande géogr., Vol. 78, p. 5).

Le second fils de Hiong-kiu est encore appelé par les auteurs Tche-hong fjfil Jtî et le troisième est aussi nommé Yen j^- — (Li-tai t'ong-ki-piao JH f^ ft JB ^* vol. 2, p. 22).

Hiong-yen étant mort, Taîné, Pé-choang, lui succéda : * mais on 8:^1 il mourait sans postérité. Aussitôt la division se mit |.»;irmi les frères ; chacun prétendait à la couronne ; le second ne tarda pas à mourir; le troisième s'enfuit (1): ce fut le quatrième qui prit la succession, avec le nom de Hiong-siun ^{S| : il régna jusqu'en l'année 800. àSon Hls et successeur fut lliong-ngo ^ ^ (800-701).

A celui-ci succéda son (ils iiiong-i ^ ^, qui prit le nom de Jo-ngao Iliong-i £ DC AS fli ('701-764). Son fils et successeur fut Siao-ngao Hionf?-k'an |6^ jiC ^ ^ (764-758). Après celui-ci régna son Dis Ken-mao lliong-hiu J^ ff ^ 0^, (758-741). A sa mort, la succession revenait de droit à son fils aîné ; mais il fut massacré par son oncle Iliong-t^ong )f| jj qui s'empara de la couronne sous le nom de 'l'ch'ou Ou-wang ^ ^ I (741-600); c'est le premicT roi des temps vraiment historiques.

Il) Il Ki'iifuit Hii pii.SM «11- l'on iHî Hpptîlé eiicon* Pé-Pou W 2|| (les cent pays (If ''«Mil, !*»• Kimn: vu piim. v«>l. I, p. 23, dit quo c'était le territoire actuel de Tclianj^lê fmi 'H^ 'fld )ff v\ ilf 'r«.li*eii-t<:heou ]^ TH [Hoii-iiaiiJ ; mais, de fait, on n'en est piK liji M MU : «Hi It'H uiiIruiM nr sont pas d'accord sur cette question.

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