‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 36 sur 205 · PRODUITS. — MURAILLES · texte numérisé non relu

PRODUITS. — MURAILLES

Un coup-d*œil même furtif, jeté sur notre Plan du Nankin actuel, fait saisir la configuration d'ensemble, la situation relative et l'assiette topographique de cette ville fameuse.

Bien qu'indigènes et étrangers lui concèdent encore, plus par routine que par déférence, son nom retentissant de Nan^king, '*Cour ou Capitale du Sud" (1); celui de Kiang-ning fou "la préfecture de Kiang-ning", représente pourtant son vrai titre officiel et administratif (2). Le vocable emphatique et pompeux de Kinling, * 'Colline d'or", la désigne poétiquement en style littéraire (3).

(1) Dans les documents officiels, on évite ce nom de Nankin, depuis que le Gouvernement ne reconnaît plus qu'une seule Capitale. Chronicle and Direct. 1900 p. 226.

Le transfert officiel de la capitale à Pékin date de 1420. v. infra ch. XI. § I.

(2) Notre vocable de Nan-king daterait de 1401. Celui corrélatif de Pé-king remonterait à 1403 ou 1409. Les deux seraient donc h peu près du môme âge. inf. § III. Les Liao appelèrent d'abord leur Capitale Nankin, en opposition avec leur autre capitale située au nord dans le Liao-tong. En 1013, ce nom fut changé en celui de Yen-king. (C'est le Pékin actuel) U" Favier, Pékin, p. 8.

Notons toutefois que Trhoang-taong ^ jj; des TUing f^ @ établit sa Cour à T^ai-yuen fou 'JS^M* Jn (Chan-ni) en 907 et l'appela Pé-king "capitale du Nord" en 923.

(3) Nous constaterons plus loin que Kin-livg est un des noms antiques de Chet^eoH tch^eng^ ou TsHng-liang chan^ butte enfermée dans l'enceinte depuis six siècles, non loin du Han-ai inen. De Mailla (I. p. (iO) fait môme remonter ce nom à la période, à peine historique, dcB Tcheou, Vide etiam § IIl., noms anciens de Nankin.

Son périmètre s'inscrirait en un polygone des plus irréguliers (1). Elle se développe Uu sud-est dans une plaine basse, et englobe, au nord-ouest, une ligne de mamelons boisés, dominant le canal qui longe les remparts (fort sinueux sur ce front), pour relier, commercialement et par eau, la grande cité au Yang^tse kiang (2). La ville en effet, ne peut aujourd'hui briguer ce nom que dans la partie méridionale, où la population se presse, s'entasse aux environs du Nan men (Phot. II et III), et un peu aux

(1) Voir notre "Plan de Nankin", Var. sin. n'' 1(5.

Voir aussi los "48 vues de Nankin", petit album photolithopraphique chinois (en réduction) ^ ^ EB + A :^ H» 18« ann. de Koang-siu.

(2) Position géofçrapliiquc de Nankin ( l-foug inen) : latitude 32° 4' 30", longittide comptée de Pékin : 2° 18' 34" or. (Le méridien de Paris est distant de celui de Pékin de 114° 0'. — La liste des positions relevées par les jésuites cartof,'rapliea et insérée au Tome XII p. 181, de l'ouvrage du P. de Mailla (item, du Halde, IV p. 47r>.) donne: Nankin (observatoire ? Mission Catholique ? ) :

Nan-king : la t. 32° 4' :iO" long. or.

Fong-yang fou : „ 32° 55' 30"

Tai-p'ivgfou : „ 31" 38' 38"

Povkcou : „ 32° 8' 0"

Li-choci : „ , 31° 42' 50"

Lai-yigan hien : „ 32° 25' 10' „

Tien-wang se : „ 31° 44' 43"

Le Dictionn. de Perny (supplément p. 239) indique pour Nankin : Int. 32^ 4' 40'

l^ng. 116° 27', comptant Pékin j\ 114- 7' 30' de Paris. Il détermine ainsi la ville de

Kiu-yojxg : lat. 31° 58', lovg. 116° 49'.

Le North-China d^sk hong liât place Nankin i\ 93 lieues de C//r/w<7-//rti, par eau;

soit do Chang-hai i\ Tchen-kiang 156 milles (2S9 kil.), c^t de Trhen-kiang A Nankin 45

milles (86 kil.). Total 201 milles ou 375 kil.

Pauthier (Chine moderne) place Nankin j\ 240 lieues de Pékin. — Il donne au

Kiang-nan, E-0 163 lieues : N-S 170.

Biot, Dictionnaire des villes de l'Empire chinois, art. Kiang-fiing fou, (Iotit-o : lat.

de la ville : 32^ 04' 40", long. lUr 27' 00' (observ. en 188S). La '' Counaissnnrr drs

Temps" pour 1897, publiée par le Bureau des Longitudes, sept. 1897, donne sim])lement :

,T 7 • 1 ± 1 ooc Al ACx0 7 ( <*ii degrés : 11G° 27' 0*

Narikm : lat. nord : 32«= 4' 40" long. ] ^^^ ^^^^^^ . ^^ ^„ ^^,

"Préeis de la Géographie universelle" par Malte-Bi-un nouvelle édition de Huot — Paris, 1835. T. IX, p. 445. (Tableau des positions géog. observées astronomiquement).

Nankin : longit. E. 116° 39' 45" latit. N. 32=^ 15' 0"

D'après les "annales maritimes" — p. 369, on donne 12 lieues de tour à Nankin ("mais la partie habitée n'occupe pas le tiers de Paris") ou plus de 5 lieues d'après Grosier; on vante le Tsing-hai se et le PaO'Vgen «p, tour de 884 degrés, on parle de bibliothèques, viUe savante etc..

Dans la carte du Kiang-nan (Nankin) de l'Atlas de Martin Martini S. J. on lit : (échelle) "stadia sinensia, quorum 250 uni gradui respondent."

Martini dit (p. 97) si propos des instruments du Fé-ki ko, gradués «quod omnia

in sexto gradn supra trigesimum poli elevati statuerentur » « Urbs quii)pe Nanki-

nensia in gradu jacere trigesimo secundo et quarta gradus portione, certius est quam ut in dubium revocari possit.»

deux portes occidentales, C/ioei-si men et f/an-si men. Des faubourgs considérables (Ph. IV, V, VI) s*y disputent le sol aux abords des ponts, envahis eux-mêmes et surchargés; presque partout ailleurs,et malgré de récents progrès, la population reste clair-semée. Les évaluations les plus motivées des Européens, qui ont habité Nankin, élèvent à 300. OUO ou 400.000 le chiffre de sa population totale, qui parait croître assez rapidement ces dernières années (1). Elle comprend 3 ou 4.000 Tarlares (2), peut-être 5.000. (Gundry, Sketches, 1876). Elisée Reclus (VII p. 452) lui donne 50.000 mahométans, chiffre qui parait exagéré. Ils ont en ville une vingtaine de mosquées, h'-pai «e jpj ^ ^ d'extérieur chinois (mais regardant Test). Ils ont leurs mollahs et enterrent leurs morts dans des fosses ou caveaux d'un genre différent de celui des Chinois. Un habitant de Nankin estimait devant moi leur nombre à 25 ou 30.000 (février 1897). Le Chinese Recorder, 1889, p. 71 compte 150.000 Mahométans dans le Kianç'-sou et le Ngan^hoei réunis.

Comme c'est le cas de nombre de villes du Céleste Empire, Nankin touche à peine à Timmense artère fluviale qui le rattache à rOcéan : sa pointe septentrionale, assez efïilée, est seule riveraine du Fleuve Bleu, au confluent appelé Hia-koan 'Y Wl '*^*^ douane ou le faubourg d'aval (3)", là où viennent mouiller paque-

Daiiii le catalogué (final) longitudinum ne latiturJinym locorum :

long. gr. min. l/jf. pr. rain. pars.

Na7i-kiiig „ 1 26 „ 3-> 40

Kiuyong „ 2 0 „ 32 32 Orii^ntalis.

Me»ny'n Chinene miscpllany, p. 315, julj', 1895.

Kiang-7iing fou : lat. 32* 05' long, 118° 47'

Kiu-yong : „ 31* 58' „ 119" 9'

Carte lithogr. du P. Pierre S. .T. (Nankin i\ Tong-lieou) 1889, en partie reproduite par le P. Havret S. J. dans gon ^^Ngan-hoei" donne :

"Longitudes et latitudes d'après la Carte marine anglaise : Nankin (I-fong men) : 32** 6' 35" Par rapport à Paria

Variation de la boussole (m(^me carte) Ouest

plus à rOuest

Mayer*9 "The cities and Towns of China", Hong-kong, 1879.

Nankin : lat. 32* 05' long. 118*- iV

(!) En juin 1896, lors de la grande cherté du riz, les mandarins nous disaient qu'il faut environ, pour noun-ir Nankin, par mois dix wan de fan de riz, soit 100.000 tan. Le tan est de 60*« — Nous donnons ce renseignement sous bénéfice d'inventaire.

Le district de Changhai consomme environ 3600 piculs de riz par jour (juin 1898).

(2) L'élément tartare, à tout prendre, n'a pas tardé à se dissoudre dans sa conquête; et une promenade à Nankin prouve que la dissolution est depuis longtemps presque achevée.

(3) Il y a aussi Chang-koan, la douane d'amont et 2^r^on^-A;oan, la douane dn milieu.

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