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bots de commerce et navires de guerre. Ce village populeux, auquel peut sourire un prochain avenir, sert de principal avantport à Nankin. L'entrée du canal profond de 30"^ (sondages de la Comète, mai 1897) et le passage du Yang^tse, large d'un bon kilomètre (Ph. VII et VIII), y sont commandés par les deux ou trois forts, à batteries rasantes, de la rive sud. La rive nord, plate et nue, est dégarnie ou à peu près (1).
Un fort plus en vue remanié en 1895, assis sur le "mont du lion*' Che-tse chan ^^ ]l\ (Ph. VIII et IX), dans Tenceinte même des murailles, prétend en défendre les approches immédiates. Il croise les feux de ses 7 ou 8 pièces, par dessus un ouvrage auxiliaire, avec ceux de la douzaine de canons, étages en aval, sur les crêtes des collines voisines de Mo-fou chan ^ jj^ lU (2) et Lao-hou chan 5g;^ lll, falaises dominant un faux-bras du fleuve (eut of Ts'aokiai^kia).
Trois ou quatre autres pitons, émergeant de l'enceinte, rivalisent de hauteur avec celui de Che-tse chan |fli -^ llj. Du pont même des steamers qui sillonnent le Yang-tse, on distingue surtout deux collines, dont le galbe est plus familier aux Nankinois. D'abord celle de Ts'ing-liang chan JS î^ lU^ '*^^ montagne de Tair frais et pur" (3), célèbre avant les temps mérovingiens et
(1) Pauthier (Chine moderne^ vol. I, 62) qui cite lo P. Trigault et le P. Le Comte, blâme A tort ce dernier d'avoir écrit que le Kiang passe à Nankin. Pauthier veut qu*il en soit éloigné d'une lioue. Le missionnaire jésuite savait K quoi s'en tenir sur ce détail topographique. Voici quelques remarques sur le régime du Yang-tse inférieur :
Le Yang-taey comme le Nil, est sujet à uue crue annuelle d'une remarquable régularité. Les vents chauds de mars fondent les neiges à la base des montagnes de médiocre hauteur et il se produit une crue temporaire de 4 pieds A Han-k^eou i\ 9G0 kil. de la mer, (600 milles). Les eaux baissent d'un pied ou deux, et en avril elles commencent îl monter de nouveau pour la crue d'été. Elles atteignent leur plus grande hauteur (environ 34 pieds anglais) en juillet; elles baissent il partir d'août et le niveau le plus bas se mesure en décembre. En descendant le Yiing-tse de Han-k^eon, la crue annuelle se fait moins sentir, al cause de l'élargissement progi'essif du lit du fleuve ; ainsi elle est de 22 piecîs ;\ Kieou-kiang, de 12 pieds à Nankin, et auprès de la mer, la différence est insensible. » Sydney Skertchly, ''Thf future of thc port of Shang-hair — N, C. Du il y News, 22 fév.
lS9t. '
Ailleurs je lis: «Le ^yrt«j7-/s^ monte de 12 à 1.5 pieds durant les mois d'été. La crue et la descente de la marée est d'environ 6 pouces il Nankin.» Dennys : The trcaty ports of China and Japaii, p. 429.
Il a 1400™ à Ott-hoUj 1000 ou 1200 tl Nankin, moins à Tchen-kiang^ encore moins
plus en aval.
(2) La carte hydrographique anglaise attribue 036 pieds (197") aux collines de
Ho- fou chan.
(3) TsHng-liang chan est aussi l'un des noms de Ou-t'ai chan ^ K UJ "la montagne aux cinq sommets" (tong, ffi, ?mn, pé, tchong jR » H ^ W Mu » t' » le centre et les 4 points cardinaux), sise dans le Ou-t'ai hien {latit. 28** -tô' N. — lougit. 123" 24' E.), district de Tai-tcheou fÇ T\ (Chan-si). A Nankin, c'est le plateau voisin de Ta'ingliang-chaUj à quelques centaines de mètres h, l'est, qui porte le uom de On-Vai chan.
OÙ Ton vénère une sorte de Minos hindou-chinois (1), Ti-tsang poussa JE ^. Puis vient le mont du Pé-ki ko 4t ;^ ^, " Tobservatoire de l'étoile polaire (Ph.X). Du 14® au 17® siècle, plus anciennement peut-être, il portait un tribunal astronomique, remplacé naguère par une mesquine pagode taoïste, flanquée d'un camp au nord. Un misérable kiosque en bois, à triple étage, relève sa silhouette et la signale aux regards. (Réparé en briques par le bas en 1897, il a été incendié ainsi que le camp adjacent dans la nuit du 21 au 22 mars 1898. La stèle de K'ang^hi a été assez avariée). Un peu plus à l'est, des buttes arrondies et pelées, Fou^tcheou chan S ^ llj et Long^koang chan H j^ iLj encadrent la porte de T^ai'P'ing men >JC ^ P^ î cette dernière colline, enclavée dans l'angle aigu du rempart et couronnée de deux pièces Armstrong sur pivots (1895), et de 4 pièces à tir rapide (1898), se transforme également en ouvrage militaire (Ph.XI). Au sud, mais e.x^ra muros, la butte du Fu-Zioa t'ai ^ ^ ^ (Ph. XII) en voie d'armement (2) complète pour l'instant le système défensif de la place de Nankin. L'horizon est borné à l'est par un mur de collines escarpées, striées ça et là de traînées rougeâtres et verticales : carrières de marbre et pierre à chaux, longtemps en exploitation, presque abandonnées, recouvrant des gisements d'anthracite (3) et de cuivre. Enfin au nord et à toucher l'enceinte, la croupe du Mont 8* Michel, ou la sierra harmonieuse de Tse-kin chan, haut de 445 mètres (4), domine tout le paysage immédiat. Il désigne au loin, et précise pour l'œil, la position exacte de la capitale déchue (5).
(1) Panthier (Chine moderne, 2« vol. p. G4), parle de la "montagne de l'Indien, Tien-tchou chan'* ainsi nommée par suite de la retraite qu'y occupa un bonze indien en 675 de notre ère (?)
(2) EUe porte quatre canons à tir rapide, en barbette. — Le bas Yang-tse est défendu par une trentaine de forts et plus de deux cents pièces de gros calibre, éparpillées sur un parcours de mille kilomètres !
(3) L'anthracite affleure dans toute la périphérie de Nankin, notamment il TsHngliang ehan, Koan-yn meriy Si-hia chaUj où l'on vient d'inaugurer (1897) des embryons d'exploitation par des procédés indigènes. Un assez vaste bassin houillier pourrait exister sous les collines qui bonrsoufflent la région de l'est. Le fer existe un peu partout, le cuivre au sud-est et au sud. Cf. N. Ch. Daily News du 12 mai 1896 et les Lettres de Von Richtoflfen. On a ouvert des mines de cuivre îl Kou-ling tsen au delà de Meau-teou chan. — Voir aussi la carte de la p. 377, Elisée Reclus, Asie orientale VII. Les deux rives du Yang-tsCy à la hauteur de Nankin, y sont figurées "terrain carbonifère."
(4) Ce chiffre 445 à 450 résulte d'observations barométriques que j'ai pu effectuer à diverses dates. Von Bichto£Fen, page 10 de la 5" de ses Letters to the General Chamber of Commerce de Changhai, donne 1.000 pieds anglais à Tse-kin chan; nous jugeons que c'est trop peu.
(6) Dans les collines de l'est, les voyageurs admirent encore une énorme pierre, demeurée dans la carrière, et destinée jadis, afflrme-t-on, àl orner la sépulture de Hong-ou.
Une autre curiosité est un aérolithe (?) de 100 pieds cubes, tombé du ciel, au dire des paysans qui vénèrent ce bloc de minerai ferrugineux.
6 APERÇU HISTORIQUB ET aiOftEAPHIQUE .
Ce nom de Tse-kin chan fj^^ \il "la montagne d*or empourprée", remonterait à Tempereur Yuenyi^^ (317-323) des Tsin 9 qui éiablit la Cour impériale à Nankin au 4* siècle de notre ère. Il aperçut cette colline dans une brume rougeâtre et violacée. Indigènes et étrangers témoignent que par un jour clair, tranquille et ensoleillé, Tse^kin chan revêt les tons changeants d'une nuance violette ou lilas (Ph. XIII) (1).
Les plus étranges contrastes caractérisent la physionomie intérieure de la ville. Au sud-est, c'est la cité chinoise moderne, avec ses rues commerçantes, étroites, encombrées, malfleurantes ; ses boutiques à multiples enseignes dorées ; son luxe d'inscriptions; ses masures indigentes; ses demeures retirées et enchevêtrées, sans air, ni vue, ni eau, ni verdure; son animation bruyante et affairée; ses flâneurs assidus, picaresques ou élégants; ses pousse-pousse (jinricshas) cahotants, décrépits avant d'être vieux (2); ses convois d'ânes, de palanquins ou de porteurs. A Test, s'étale la ville tartare (Ph. XIV) démantelée sur ses fronts nord et ouest; ville quasi inhabitée, où s'alignent, sans économie de terrain, les demeures silencieuses, négligées, des 3 ou 4 mille conquérants : prétoriens désœuvrés et hautains, entretenus, sur l'impôt, par l'Empereur, dont ils forment la famille et la garde. Un Tsiang-'kiun Hf [ft, ou Maréchal de camp, de leur nation, représente le Fils du Ciel, les régente et surveille le Vice-roi lui-même, dont à l'occasion, il dénonce au Trône les écarts d'administration.
Le ya-men (Tribunal, Prétoire, Hôtel) de ce dernier, s'élève, ou plutôt s'étend à quelques centaines de mètres du sien, vers le sud-est, au milieu des camps où se caser^ 4a milice chinoise, que tout Gouverneur-Général' lève et entretient.
Au centre de la ville tartare, l'œil mesure avec surprise la morne enceinte rectangulaire de l'ancienne ''ville rouge interdite", Tse^kin tch^eng ^ *| JJjJ, jadis au milieu de la ''ville impériale", Hoang^tch'eng ^ ^^ Hoang^kong ^ '^, qui renfermait le Palais des Empereurs, Kong-tien '^ JQi ou "Palais des Ming" Bfl ^,
(1) Plus loin (à roccasion de renterremeiit à^ Hon(j-ou) nous expliquerons l'origine des autres noms de ces collines. Tsiaiigivang miao Sr ï W doit son origine à Ou Ta Ti ^^ y^ ^ (222-257) alors gouverneur de Nankin. Tsiang-ivdïtg lui apparut en songe et le menaça d'une grande perte s'il ne lui bâtissait une pagode il l'entrée du village qui est au nord. La route passe sur le petit pont "de la Longévité" (Inscription tracée sur la clef de voûte de l'arche. -- Octobre 189G).
(2) Ces voiturettes, qui envahissent tout l'Extrôme-Orient, furent inventées au Japon en 1870 et pénétrèrent li Nankin ï\ l'automne de 1896, lors de l'achèvement de la première section de la route macadamisée. Quelques jinricshas portent des caractères (2 mots) mandchous en pendant des caractères chinois (mai 1897).
irrémédiablement ruiné en 1864 (1). L*œuvre d'inconscient vandalisme s'aggrave et s'achève d'heure en heure : il reste à peine quelques vestiges, dépecés chaque jour (2). De larges avenues, de marbre arraché aux collines de l'est, relient ces ruines, oubliées et lamentables, aux divers quartiers de la ville proprement dite. Ça et là, sur les rives des canaux envasés, recoupés d'une cinquantaine de ponts en dos d'âne, se profilent les toits retroussés des pagodes, aux murs rouges ou orangés, aux tuiles parfois vernissées en jaune : pourpres par endroits, leurs tons chauds s'harmonisent à souhait avec la verdure des bouquets d'arbres, qui signalent surtout les temples funéraires, les kong-koan (hôtels) des familles riches et des personnages officiels, dominés par les portiques en charpente et les mâts à hune des ya-men de quelque importance.
Vers le nord, à partir du Pé~ki ko et de Ts'ing-liang chan, le panorama change de caractère. C'est, en ville, la campagne et ses aspects riants, ses bosquets et taillis, ses bambouseraies frissonnantes, ses champs de riz, dindigo, de céleri, de gingembre, de piments, d'ail, de concombres, d'arachides, de patates, de fèves et pois oléagineux (3), de légumes innommés, de maïs, de blé, de sésame, de millet ou de colza, voire même de pavots à opium (4)-, de thé ou de tabac, parmi les cultures maraichères, les quinconces de mûriers, les tertres embroussaillés et herbus, les étangs envahis par les nénuphars, et les mâcres (5), les collines boisées ou mamelonnées de tombes innombrables.
Ville trop spacieuse pour ses habitants, même à l'époque de sa splendeur!
(1) Pour l'intérêt de la comparaison, rappelons que Pékin se décompose ainsi: 1*») ville chinoise au sud (15 kil. 900 de tour). — 2*) ville tartarc au nord (23 K. 720 de tour). — 3"*) Cette dernière comprend : A) le Hoang tch^eng ou ville impériale (10 kil. 350 de tour), au milieu de laquelle on trouve : B) le Tae-kin tch^eng, la "ville rouge interdite." Elle mesure 1006» du nord au sud, et 786"» de l'est à l'ouest. (M«'Favier,-P<?Ariw,p.337).— A Nankin, la ville rouge, aussi large de Test jI l'ouest, a 200"™ do moins du nord au sud. — Dans les deux Capitales, cette ville (tch^eng J$), aux murs habillés d'un crépi rouge {Ue f^), était réservée (kin ^) à l'Empereur.
(2) Les briques des murs de la ville tartare ont dû servir à bâtir, après les Tchangmaoy les maisons tartares.
(3) Imbault (L'île Formosa p. 208) range aussi la ramie parmi les produits des environs de Nankin. Bhea bœmeria nivea, le grass-cloth des Anglais, le sou-mo (Tch^onma ^^ HP) des Chinois, sert il ces derniers pour tisser leur hia-pou ^ 4p étoffe d'été dont on fait un grand commerce à Hari-k^eou. Cf. Mesny's Miscellany, I, n" 855.
(4) La culture de Vopium persiste et gagne môme. J'en ai vu l'an dernier sur Out*ai eharif même dans les terrains de la pagode du Ti-tsang poussa^ sur les flancs du TaHrig-lian chan. 11 mai 1898.
(5) Ces mâcres comestibles, ou châtaignes d'eau, ling-kio 5C ^, eleocharia tuhero9u» (ou mieux trapabicomis) peuplent surtout les étangs qui font en partie la richesse de la plaine aUuvionnale de Kiang-tong men. Cette plaine endiguée borde tout
Plume et poil, la chasse s'y pratiquerait sans mécomptes. Naguère on y tuait blaireaux, loups, porcs-épics et chevreuils (hidropotès); ils s'abritent parfois sous ses murs. Au dedans, faisans et bécassines abondent encore, parmi les canards et les oies sauvages. Sauf des amas de briques (cf. fin de Tlntroduction) vernissées, quelques pans de murs plus substantiels et des ruelles aux pavages défoncés, — témoins, preuves et débris d*un passé plus prospère, — rien n'y signale l'ancienne capitale, la glorieuse Métropole du Sud (1).
On ne peut s'y méprendre pourtant, si l'on tente de sortir. Une puissante enceinte continue, crénelée, mais non bastionnée, de 38 kilom. de développement, détours compris, l'étreint de toutes parts. Elle lui permet de rivaliser avec Paris dont le périmètre mesure neuf lieues, et de dépasser toutes les villes murées de Chine, sans excepter Pékin, en superficie (2). Neuf portes sur treize ou quatorze donnent encore accès dans la campagne. Quelques-unes sont de longs tunnels voûtés (Ph.XV), renforcés de trois ou quatre arcades intérieures, ou défendues au dehors par de spacieuses barbacanes.
La muraille, qui épouse servilement le relief du sol (Ph.XVI), est formée presque partout de deux murs solides, bâtis généralement
le front occidental de l'enceinte, et se prolonge plusieurs lieues au sud, vers San-chan *•*- [U colline il triple sommet, baignée par le Yang-tsc.
Le Pé-hiao-aouo-yen raconte qu'à la suite d'un incendie, sous Siuen-té [Sinentaon^fj 1426-1436) des Ming divers métaux or, argent, cuivre, fondirent et composèrent un alliage merveilleux dont on fit de beaux bronzes (il y en a de faux).
(1) La meilleure branche de son industrie locale, la plus productive comme la plus artistique, consiste en tissages de soie, velours, satins, unis ou Instoriés, brocards d*or et étoffes lamées. Les saines traditions techniques du passé se transmettent encore vaille que vaille parmi les artisans nankiuois, dévideurs, teinturiers et tisseurs. Pour reprendre un brillant essor, le commerce de la saie n'attend peut-^tre qu'un peu de sécurité, de richesse et d'épargne, d'esprit d'initiative, d'émulation et de solidarité, avec Tadoption de procédés mécaniques à vapeur, l'association des capitaux, quelques débouchés et facilités de communication. La concurrence que l'on voit poindre dans les villes du littoral sera-t-elle heureuse ou fatale pour Nankin ?
A Nankin, comme îi Sou-tcheou et à Hang-tcheou^ un haut mandarin tartare occupe le poste de Directeur des Soieries impériales, à charge de faire tisseur annuellement, et expédier i\ la Cour de Pékin, un nombre invraisemblable de pièces de soie.
(2) Du Halde l'affirmait déjA T. I. p. l;>5. On donne à Pékin 6. 341 hectares de superficie, soit les */« de Paris, avec un périmètre de 33 kil. i/a (25 milles carrés, dit le "Guide for tourists to Peking and its environs," Hong-kong, China vwih 1879.
Le parc de Nan-hai tse^ au sud-est de Pékin, enclos d'un mur de G5 kil. de tour, est trois fois grand comme cette dernière ville. Le terrain circonscrit par la grande enceinte de Nankin équivaudrait sensiblement à celui de ce parc impérial, de 100 i\ 200 kil. carrés de superficie. Le périmètre des nouveaux forts de Paris mesure 120 kilomètres.
La superficie exacte de Paris est de 7,802 hectares, intra 7)iuros. Celle de Nankin peut donc être évaluée à 7. 000 hectares.
IV Faubourg do Nan meti.
V Ts'iii lioai fi l'intérieur des murs.
en grandes briques (43^ x 21^ x 12«). L'interstice est bourré de terre tassée. Au sud, ces deux parements consistent en belles pierres de taille, soigneusement appareillées. Le rempart, large de 6 à 8*m. au sommet, conserve ses 10 à 12 mètres de hauteur moyenne; il atteint même au sud près de vingt mètres, avec largeur proportionnée. Un remblai intérieur Tépaule souvent en plaine. Cette muraille serpente, au N. 0., le long de collines escarpées, les contourne ou les gravit au besoin, et parfois un fossé, au moins des lagunes, en flanquent les approches extérieures. En outre, une digue de terre, route militaire et stratégique, ligne gigantesque de circonvallation permanente, représente une sorte de '^grande ceinture" de 25 lieues (180 H) de développement, distante parfois de 9 kilom. à compter des murs (1). La géographie locale perpétue encore la destination primitive de cet ouvrage avancé, dans les dénominations de ses 16 portes. Ce travail date de 1391, et fut exécuté sur Tordre de Hong-ou, le fondateur de la dynastie des Ming. Prétendait-il reproduire en miniature la colossale Grande Muraille? Pratiquement, au point de vue défensif, les deux ouvrages extravagants se trouvèrent aussi superflus l'un que l'autre (2).