‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 44 sur 205 · GH. I. AYANT LES TROIS ROTAUMES · texte numérisé non relu

GH. I. AYANT LES TROIS ROTAUMES

par Wylie "Notes on chinese literature** p. 48, qui contient une série de 16 (sic) plans de la ville et de la banlieue de Nankin, depuis Tan 1.000 av. J.-C, jusqu'à Tépoque des Afing, et qui a été publié en 1516. Nous aurions reproduit un de ces anciens plans.» (Odoric de Pordenone).

Plus heureux, il nous est donné de reproduire (légèrement réduits ou émondés sur les bords) ces 16 ou plutôt 17 plans, d*aspect informe, de proportions défectueuses, au fur et à mesure de nos résumés historiques. Ils serviront à illustrer les phases importantes des vicissitudes de Nankin (1). Quant à l'exactitude topographique de ces pièces, elle est celle des travaux chinois de ce genre : qu'on s'imagine un enfant tenant en main une carte imprimée sur une membrane de caoutchouc, et la déformant à son gré, au hasard de son caprice !

Les légendes explicatives aimexées à ces cartes, les observations que nous y ajoutons, enfin et surtout notre Plan du Nankin Actuel, permettront d'introduire dans ce chaos géographique un peu de l'ordre qu'il comporte, rarement hélas, avec la précision rigoureuse, si désirable en matière historique.

Carte xvïï — Voici ce que nous glanons dans les explications qui servent de **légende** à cette carte au temps du Tc/i'oen-^s'ieou (722-481).

A. A cette époque, la région était occupée 1*^) par le royaume de OUj 2**) par le royaume de Tch'ou, 3®) par le royaume de Yué, Kin-ling (Nankin) était encore à naître. Yé tch'eng existait seule au sud-est de C/ie-t'eou tch'eng. L'endroit nommé Tch'ao-t'ienhong serait celui que la tradition désigne comme l'emplacement de la fabrique d'armes de Fou-tch'ai ^ H, roi de Ou (2) (495-473).

B. Au sud du Kiang-ning fou, à environ 120 li (un li = 644™ 40^ soit 705 yards 24) entre les deux sous-préfectures actuelles de Li-choei et de Li^yang, se trouvait Kou tch'eng @ ^(^^ S.E. de Ts'ing-long chan), fondée aussi par les rois de Ou, et appelée anciennement Lai-tchou hien }|^ ^ J|^*

(1) ^ ®^ w ' H ^ réédité dans le !•' volume des annales de Nankin, Kiang-nng fou tche.

(2) Remarquer que la carte, qui prudemment s'abstient de figurer aucun cours d'eau, étend le lit du Yang-tse jusqu'à la rive droite du canal qui borde aujourd'hui la muraille à l'ouest*

$ II. CARTB xvn — tch'oen-ts'ieou. 25

C. La 4® année de Tcheou King wang ^:|tl, le roi Tch'ou Lin Wang J&9LÏ vainquit l'armée du royaume de Ou et détruisit Kou tch'eng. Alors le roi de Ou transforma Lai-tchou hien en Ling^p'ing hien ^ .<[i jj^, au sud du Li-yang hien actuel. Cette ville avait 7 H de tour. Après une nouvelle victoire du royaume de Tch'ou, son nom fut changé en celui de P'ing-ling hien,

D. Ensuite Ou Yuen jj p, général du roi OuHo-liu [î^l^ attaqua le royaume de Tch'ou et brûla Kou tch'eng, à jamais disparue.

E. — 472 avant J.-C. — La 4® année de Yuen v:ang tc 3E ^^^ Tcheou, Keou-tsien ^ J^ du royaume de Vue, grâce aux conseils et aux efforts de son général Fan Li ^ ^, vainquit le royaume de Ou, puis établit sa domination sur les rives du Kiang et de la Hoai (1). Ce môme roi bâtit une ville de 2 li et 80 pou (2) au village actuel de Tch'ang-kan ^ ^, situé en dehors de la porte du sud TsiU'pao men (plus connue sous le nom de A' an men), à l'endroit appelé aujourd'hui Y'ué^t'ai j^ ^. C'est l'origine de la ville de Nankin.

F. — 333 av. J.-C. — La 36® année de Tcheou Hien wang J^ ]p 3Ei ^^^ v;ang j^ ]J, roi de Yué, reconquit le territoire du royaume de Ou ; il campa auprès de la colline Che-Veou chan (Ts'ing-liangchan), pour commander le Yang-ise, et par lui l'Océan (à la hauteur de ses embouchures). Il y fonda Kin^ling i ^ ^ g^, appelé ensuite CheA'eou tch'eng. Aussi, trouverait-on peut-être aujourd'hui des souvenirs de l'ancienne cité entre le Han-si men et l'fong men. L'auteur a en vue la partie vallonnée et boisée que longent les remparts actuels (entre les deux portes mentionnées) suivant les bords orientaux de la Ts'ni hoai |^ fj^, canalisée jusqu'aux rives du Yang-tse.

Dans le tableau inséré en tète du tome III de V Histoire,,, du P. de Mailla, figure le précis de l'aAnarchie ou division de la Chine après la dynastie impériale des Ts'ûi;» c. à d. que sous Eul'-che hoang^ti, le successeur du grand empereur Ts'in Che hoang^ti, on vit «les différentes provinces de la Chine se détacher de l'obéissance de ce Prince, élire des rois particuliers, et faire revivre les anciens noms de Tchao, de Ts'i, de Yuen, de Wei, de Han, etc.. L'an 206 av. J.-C, la Chine se trouve ainsi partagée en 20 royaumes, dont 3 grands et 17 petits.»

Sur la liste détaillée qui suit, je relève :

«I. Royaume de Tchou. L'an 209 (av. J.-C.) Tching-ching, envoyé par l'eunuque Tchao^kao pour apaiser une sédition dans le Kiang^

(1) Le Rd Et. WUliams (5* article) dit que les Yué (537 à 334 a. c.) dont la capitale est au Tché-kiangy entourèreut d'un mur Ma-ling hien (site de l'Arsenal) ayant 2 li et 8 pas de tour.

(2) Vnpou est un "pas" et équivaut à l™ 79«- (5 pieds : le pied compté A 0"», 358. La brasse marine = 1" 62). Cette ville aurait donc mesuré un peu plus de 1.400"; moins d'un kilomètre et demi.

26 Gtt. I. AYANT LB8 TROIS ROYAOMBfi.

nan, donna le signal de la révolte et prit, sous le titre de Yn-ouang la qualité de Roi de Tcliou, royaume situé dans le Hou-kouang.n

«IV. Royaume Lin^liang : Fondé l'an 206 av. J.-C. par Kong'» ngao, dont la Cour était à KiangAing, dans le Hon-kouang.»

nV. Royaume Kieou'kiang ou lïoai-nan,... fondé aussi en 206 av. J.-C. Cour à Lou, territoire de Fong^yang fou.n Cette dernière ville est au nord de Nankin, dont on ne fait pas mention à cette époque; les événements saillants se produisaient autour de Si-ngan fou, et d'après les vieilles relations, le sort des batailles se décidait à grand renfort de charriots. rarement employés, semblc-t-il, sur les rives méridionales du Yang^tse kiang (1).

L*an 210 avant notre ère, Ts'inChe hoang-ti Jfffifi^ ^f!^{2), le destructeur du particularisme chinois et de son système féodal, le monarque autocrate, une sorte de Louis XI asiatique, par certains côtés, dut passer en vue de Hia-hoaiiy lorsqu'il se rendit, par Tan-yang j^ ^, du Ilou-koang JSfl Jj| au Tché^hiang j^ fl;, puis au Chan-long |.lj^. En cours d'inspection des provinces méridionales de son Empire, dont le siège était à Tch'ang^mjan ^ ^ (Si-ngan fou "jg ^ Jff), il allait visiter le tombeau de l'Empereur Choen jj^ et celui du grand Yu ^, enterrés depuis 20 siècles (3). Son voyage vers l'est le menait à l'ancienne ville de Koei-lii -^ H, peut-être le ChaO'hing j^ ^ actuel, ou Hang-tchpou fjji ji\, tous deux au Tché'kiang (4).

Les chroniques de Nankin veulent même qu'il ait fait creuser la terre, dans les collines entourant Tchong chan ^ llj (Tsekin chan f^ ^ llj), en 222, pour dégager **rair impérial", probablement pour donner essor h des eflluves imaginaires, intéressant la prosi)érité de son règne. Ces travaux seraient l'origine présumée du Canal appelé Ts'in hoai^ff^. devenu de bonne heure nankinois, dans une portion notable de son cours.

En 208, disent encon; les Chroniques, Nankin était soumis à Iliang-iiii J^ jj^. Quelques documents, saus autorité sutlisante, ont également prétendu que des bonzes étaient venus des Indes auprès de Ts'ni T'/ie hoanfj-ti. Au reste, ils ne nomment point Nankin dans leur hypothétique itinéraire.

L'an 202 av. J.-C. une bataille se livre, dans ces régions nankinoises, entre Koan^yng m ||, général de LiQOu^pang ^J ^ (bientôt empereur sous le nom de Kao hoang-ti ^ ^ 'Jjf) , commandant alors les troupes du royaume de Ilan ]^, et son compétiteur Iliang^yu (nlihs Pa \<'an(i ^ J), qui, défait, se tue non loin de là. Le théâtre de la lutte est ainsi désigné par le P. de Mailla:

(1) Cf. lioymnne de Ou... Var. 8i)i. n" 10 p. 115. Los chroniques parlent de chefs et nionarques pouvant équiper OCM) et 800 chars de ^Mierre, au Chcui-fong et au nord du Kiatifj-soii quatre ou cinq siècles avant notre ère.

(2) Vide "Hoyaunie de 7'.s'//t" du V. Alhert Tschepe, ( hap. 0, an 210.

(3) Cf. de Mailla, II, p. 403.

(4) Royaume de Ts^in ibid., note sur Koeiki.

I H. DBUXIBMB BiÈCLB AV. J.-G. i^

«A la montagne Sé-hoei chnn, à 70 li au 8. 0. de Kiang-pou hien de Kiang^ning fou, autrement Nankin (1).»

Une cinquantaine d'années après (l'an 154 av. J.-C), le prince du premier royaume de Ou (siège à l'ang-tcheou) se révolte, sans succès, contre les Han occidentaux (2) : en réalité, ces Han, ces soi-disant empereurs par décret des historiens olficiels, ne pouvaient guère produire de meilleurs titres que leurs ** vassaux", au rang suprême, à Thégémonie politique. En quoi ces princes de Ou et leurs collègues se trouvaient-ils inférieurs à leur suzerain? En nombre, en puissance, en culture, en ressources financières, commerciales ou militaires? Il serait téméraire de l'afïirmer. Leur civilisation, au sens moderne du mot, et toute question de droit mise à ])art, les autorisait à convoiter, aussi justement que d'autres, les honneurs de la suzeraineté au Céleste Empire.

Qu'on veuille bien considérer pourtant qu'à cette date, notamment en 137 av. J.-C, les Yué J^ du Koang-'tong ]ff m et du Tché'hiang n'étaient encore que virtuellement incorporés à la fédération chinoise. Mais 45 ans plus tard, les Han les soumettent, passent le Pleuve Bleu au Kiang-'Si ou plus haut; son delta, avec sa triple embouchure plus extravasée qu'aujourd'hui, leur interdisait probablement de tenter ce passage au voisinage immédiat de la mer.

En résumé, d'après les Chroniques ou Annales de Nankin, que nous annoterons à l'occasion, l'on distinguait, sur le sol actuel de cette ville et de sa banlieue (3) :

« T'ai tch^eng ^ J||, assise au nord du Chang^yuen hien t 7Cf^ (4), sur des collines bordant le Hoa^lin ^ :^, Parc impérial, h côté du grand lac heou hou ^ j^, encore existant, C'est le pays approximativement occupé aujourd'hui par le Pé-ki /lo 4t ^ Û ®' la pagode Ki-ming se ^ ^J^ ^. Tout auprès, le mur moderne, au point où. il se détache du vieux mur monumental pour se diriger vers Chen-ich'è men Tflf $^ f^^ est percé d'une poterne en plein cintre (aujourd'hui condamnée), dénommée encore, en souvenir du passé, T'ai-tch'eng men ^^f^ Porte de T'ai tch'eng {b).»

(1) De MaiUa, II, p. 482, note 3.

(2) Ibid. p. 571, note.

(3) Cf. carte Vir-

(4) La ville de Nankin est partafi^ée administrativcment eu deux districts ou bouspréfectures : Kiang-niug hien Ql m IK «t Chang-yuen hien JL JQ fSk- ^^ canal de la Ts^in-hoai ^K ffl en forme la séparation.

(5) D'après le Pé-hia-souo-yen H P j^ S publié la 25« année de Tao-koançy 1a petite porte murée au nord du Ki'7ning se est à la place de la porte 'Wan-tch^oen men S ^ \4 de T^ai (ch^eng. Le tronçon de mur, et celui entre Ki-mivg se et Fou-teheou cha7t serait l'ancien mur de T^ai tch^eng (sous les 1«" Song, et sous les Lou-tchao). Sous les Yueii^ il était probablement en ruines, et Hong-ou l'aurait réparé et utilisé. V. infra ch. IX § III.

28 CH. I. ATASTT LES TBOIS AOTACMKS.

Cett( ville, devenae Mo^ïing ft i|. fut ruinée soas le règiie de Hu^n^^n |^ ^ ?22-2h0 . En 317 ap. J.-C.. soos les 5î 9 9 et les Torvy Tjfin % ^. Tfin de l'O. et de lE.. elle fut faîte et élargie 1 . Là s'ouvrait jadis le Pé-i men 4k X R* ^ "porte nord du palais" //oa fin ||| ^. le "Parc lmpérial*\ était au X.O. construite en 465 de notre ère. sous Sonj U>n ii ^ ^ ^. sur la colline King^yang jK |g probablement Pê-fti ào loim^me : Siuen^yang men ^^f^ et Tchou-Uio men ^^fl étaient deux autres portes du parc, et des pavillons les ornaient i\

Non loin de là existaient deux petites villes ou bourgs : Cftereou tch'eng jQ^jf^ ^ l'ouest et Tong^fou tckeng )|[J|^J|K à Test. D'après le Kien^k'ang iche S 01 ^ on rapporte que le prince de Kff^i^ki ^ |§ nommé Se-nia Tao-t^ ^ ^§t 'f' aimait à se promener aux environs de Tong^fou j|[ Jj^. Comme aujourd'hui, Im rivière canalisée ou régularisée, la Ts'in hoai, affluent méridional du Ynng'tJfe, longeait Che-t'eou tch'eng. Sous les Lou^tchao ^ 1|| l'ennemi venu du sud aurait eu d'abord à attaquer les deux villes sus nommées, puis T'ai ich'eng, la première exposée, au contraire, si l'armée assaillante arrivait de Tchpu^kiang, à l'E.X.E.. par les deux routes actuelles de Yao-fang men et K'i-Ung men portes de la grande Ceinture contournant le mont Tsiang 'Tchong chan ou Ti^e-kin chan. M- .S^ Michel;.

Che^t'eou ich'eng, à l'ouest du Chang'ijuen hien. On l'appelle vulgairement Koei-lien ich'eng j^ Ht Jlfi ville à la face diabolique). Elle marque l'extrémité de la muraille ancienne, due au roi de Ou Suen-k'iuen ^ i^ K 1^ ï"* année de son règne 238 ap. J.-C.) Le Ktan// en défendait les approches, ajoutant à la force de ses remparts et de sa position. La ville représente l'antique Mo-ling-tche, ainsi nommée par T^-iri Che Hoang-ti, avant la dynastie antérieure des

il; PIii=» I"irj no»is r*-\i*:,iàjrfV.<y k loisir ^ur ces données. Jadis on dê>i;:naît U Cour im^i^ri*!': par le raracl^r** T'oi J[f : d'où le nom de T'ai trJrfug ^ j|| p?s<-rvé i cette vïUh HfjU'. \*r*i Lo'itrhno /•^ ^. l'rs "âii dynasties succfr-ssivcs", .S'i"»!-!'* Tp ^. Tong T*'n }K §. Sony ^. Tii S. A tnfj ^, Tch'en JS- Vf^i P§.

«2f Ju.vju»' v-»us l*-s Song. le mur extérieur de T'a* trh'rug était percé de huit ji^irte» : Tu-t^/na y^ ^ J|| ou M'ini) au sud: — Pf'-i JfU lïc 'oa Koiingmo j^Si au nord; - To/'^-i JIL ^ '^ ^''-^'' - •*>^-' H ^ a l'ourst. S..u5 .S. m*; W^n-fi 5^ jX ^? au n'.îd d*- Tongi «-t de .S"/ i, on ajouta W nn-trh'ot-n J^ Ç, et Tri* n-tt'irou "f* ipt? aJii'm Pnig trh'nng ^ Q. Sous LinugOu /« S^ PC W ''''H ap. J.-C '. aux deux côtés de Ta-ne-uuj, on ouvrit l*-s d<-ux portes de Tonghoa "ffi |^ à lest, et de Si-hoa W ^

à ronest.

Le mur intérieur, enfermant le palais, comprenait cinq autres portes : Au sud,

Tffon fi et Trh^ang-ho p] HQ, ouverte sous Song Wni ti ; — Ts^ingming ^ ^

at«. S. E.; — Yong-long \ l'est: — Chrn-ou jf^ ^^ ù l'ouest. Il parait que l'on rencontrait

deux ji^irt'-s encore, sur la route, sans murs, au-delà do l'tnceiute extérieure : Au sud,

Siurn-yang Jg, ^, puis Tchou-Uio TJC "fK plus loin. Sinenyang devait être au Lou-

fei hiang actuel, à l'ouest de Yu-ming-fang.

s III. CARTB xvn-TSiN, 249-206. 29

Han. Au temps du Tch'oen-ts'ieou, le regulo Tch'ou, qui avait établi cette bourgade fortifiée (oppidum), la nommait Kin-ling. Elle s'étendait au sud jusqu'à l'endroit où la Ts'in hoai entrait dans le Yang^tse dont par conséquent elle dominait la rive. L'histoire mentionne souvent que le grand fleuve vint inonder les parties basses de cette ville et ronger les assises rougeâtres de la forteresse. La plaine toute d'alluvion et submersible de Kiang" long men reste immergée, les cartes en font foi, pendant encore les longues années qui suivent.

Tong^fou tch'engy^J^^, qui avec Che-t'eou tch'eng protégeait les abords de T'ai tch'eng, devait se trouver vers le Tong~tsi men actuel, et avait été bâtie sous les Tong Tsin, la première année de Ngan ti, 414 ap. J.C.

Yé tch'eng (^ ^ était un autre bourg (dans le Chang-yuen hien, à l'ouest), construit par Ou Suen-k'iuen (222-251) pour servir de fabrique d'armes. On le place communément vers le TchaO" t'ien kong. C'était, sous les LouAchao (6 dynasties), une annexe ou dépendance de Che-t'eou tch'eng ; car, dans la suite, cette dernière ville est mentionnée, et le nom de Yé tch'eng n'est pas même prononcé.

Yuè teh'eng j^jj^L (al'^s Fan-li tch'eng f^^^) au nord du Kiang-ning hien, entre le Ta-tch'ang-han'li :^ -^ ^ ^ à l'est de Yé teh'eng, et le Siao-tch'ang^kan-li à l'ouest. Les uns disent que Ytié teh'eng aurait existé sur le futur emplacement du Pao-ngen se, monastère célèbre par la ''Tour de porcelaine", où est aujourd'hui le Kiang-ning hien^teh'eng, à l'endroit appelé YuéM'ai. Ce bourg remonte au moins au II* siècle av. J-C, car Fan Li, qui lui donna son nom, était le général de Keou-tsien, prince de Yué, pour lequel il combattit la principauté de Ou, dont il triompha en 473 av. J.-C. Le dernier prince de Ou se nommait Fou-teh'ai.

Carte xyii — J'emiTunte les détails suivants à la Glose accompagnant le croquis géographique de la sous-préfecture Mo-ling ^ p^ sous la dynastie Tsin (249-206).

A. — 222 av. J.-C. — La 25® année de son règne, l'empereur Tsin Che Hoang^ti, après la ruine du royaume de Teh'ou, partagea l'empire en 36 Kiun fp. Chacune de ces divisions (marche ou circuit?), plus grande qu'une préfecture actuelle, moindre qu'une province, était administrée par un préfet, Cheou-vcei^kien ^ jg^^. Kin-ling dépendit de Tchang ^iun|[gJ5et son ancien nom de Kin-ling i (porté sous les Teh'ou), fut changé en Mo-ling hien (1).

(1) La ville de Mo-ling aurait élé il 60 /t (38 kil.) sud-est du Nankin d'aujourd'hui, auprès du canal Mo-ling p^oxi^ très probablement, comme ce nom semble l'indiquer, au village actuel de Mo-ling tchen.

30 CH. f. ATA3IT LES TA018 mOTAUlfBS.

B. — 210 av. J.-C\ — r*'in C/k^ Hoanç-ti, U ??• ann^ de son r^ene. passant à giië le canal Kv^ng^h^ng p'ou f£ ff^ ^, pour entrer dans le Kv-ïng^heng hien i , visita le territoire de Ou (Kisng^ iw»/y et le pays de Koei-ki ^ ^^Tch^-kiang}. Il statua que, depuis le Kiartg-^h^ng p'oi», jusqu'à la sous-préfecture Kiang-cheng hien, la r^firion dépendrait de Tchang kinn J? .

C. — L'Empereur sur la parole des devins affirmant que ces collines ^ ||j retenaient sous leur masse "l'air impérial", y Ht creuser de longues et profondes tranchées pour le mettre en liberté. Telle est l'origine du canal appelé plus tard r*'ni Hoai *3).

S ni

Carte ^lyn — Glose du croquis géographique sous la dynastie des Han «'—206— 2.V — Nankin s'appelait alors Tan-ijang hiun.

A. — Vers 20 ap. J.-G. — Le premier empereur de la dynatie /5*j des Han, ayant renversé celle des TsUn |^, partagea le Kiang-nan (c. à d. les territoires du bas Yang-tse) entre ses trois généraux : a) Han^ftin ^^ devint roi de Tch'ou; b) Licou^kiA ^ J(. roi de King : c; Lieou-hi 9) )K de Ou. Ces territoires formaient des principautés d'une certaine étendue.

'1) Ktnny-ch^n/f i d'aprt-H l*-.s Ki* n-kang tchi f^]^ ^. aunales de la capitale de la dynasti*: de-, Tong tf.nt d*-vait m: trouver à 17 fi <11 kil.» au N.O. de la ville actuelle. I>.H aiiiial'- < d»- y^f' Si't tfheoii f^ ^ 7T| pu >'«?xpriment ainsi : ail existe un canaj h 2 /' à iVîjt de la prés*^nte «K)us-préfecture ; il part de Che-Vtou. icolline de pierre, ou Tn^inff-Unng rhnu)f-X verse «*-«'• eaux h l'est dans le Ynrtg-lurkiang. Un certain .S/M-/cli*eiip f^ ^ d*-» O// ^ 'xoii-trui-it uik- enceinte allant de Chr-t^eou \ Kiangcheng." Cette d*-mi*Te ville doit donc «'tr^- au N. E. de Ch^-tfou et au S. O. de 3/o-/(»m rhan. Or, d'aprAs la Carte ^}~^ ell«* «'-tait au «îud-est d*» la butte de Hia-Jciyan.

(2) On ijrnore le «rte précis de la ville Tchang kiun. Les uns la placent auprès de Che-Veou tch'eng ; l'histoire awure qu'elle était h l'ouest de Onhing kiun. En fait, Kinling conHtituAit U partie occidentale de Ou-hitig kiun.

(S) Ce canal, qui draine le pavb de iî-c/i oc/, coule à l'Ouebt de la colline Fang chan, païae su Outng-fnng men, arrive à Nankin au Tong-tsi men, bai^'ue les pieds de la batte de Tê'ing-liang chan, et «e décharge h Hia-koan dans le Yaitg-tsc kiaug.

Notons qur- la carte -5^, est la première qui porte cette rivière canalisée. Elle fif(urera déHonnais sur 1»-h 15 cartes subséquentes: ses rives, de plus en plus sinueuses, se meubleront pro^rressivement d'indications précieuses pour Ihistoire et la jjéographie. «L'empereur 2'«'<n Cht hoangti fit creuser le canal Klu-ho qui allait de Trheng-kiang à Tan-yang,\ims si la porte ouest 'de TrVinuj-frlirou fou ; c'est maintenant le canal imiwrial.» Var.nin. 10; p. 1C4.

$ III. CARTE 5f^i — HAN, — 206 + 25. 31

B. — La 2* annde de Yuen-cheou x; ^ (^2^1 av. J.-C.) le nom de Tchang hiun, donné à Nankin par les TsHn, fut changé en Tan-yang kiun. Cette ville dépendait de la préfecture de Yangtcheou, située à 2 H de là, au 8.E. de la Ts'in hpai (1),

C. — La 3*» année de Kien-ngan ^ ^ (208 ap. J.-C), Suenk'iuen |g j^ (Général qui devait s'introniser roi, lors de la division connue sous le nom des Trois Ronaumes San-kouo), administrait la préfecture de Tan-yang kiun. Peu affectionné pour la ville de WsLU^ling (Nankin), il transféra de nouveau le siège de la préfecture h Mailing, qui devint ensuite Kien-yé. Tan-yang kiun se trouvait au sud de la Ts'in hoai; Touvrage Ou-yun hi^^^ la place à un li seulement à l'est du pont Tchang-lo k'iao ^ ^ |j|. Ce pont se nomme aujourd'hui Ow-finr; k'iao |ëÇ >È !§• Au sud-est de ce pont, bien connu des nankinois, Ton trouve encore une agglomération de familles appelée Tchang^lo hiang. Aussi la ville de Tan-yang kiun s'étendait de chaque côté des murailles actuelles à l'est (2). Elle mesurait 70.000 meou (arpents) (3) de superficie. On n'y comptait que 3 portes : celles de Test, du sud et du nord (4). Le siège de la préfecture sous les Han reste indéterminé: Il fut tantôt h ChooU'tch'oen H^, à Kiu-o ^ pîj, h Li^yang (5), et plusieurs fois à Kien-yéj appelé précédemment Mo-ling (6).

En dehors de ces particularités de topographie locale, les Chroniques sont fort avares de renseignements. Elles signalent pourtant que Tannée 189 fut très sèche et les eaux du Yang^tse particulièrement basses. Par contre, il déborda pendant les étés de 184 et 180.

L'an 153, révolte de Pié J§ roi de Ou ^ J; son armée vaincue se réfugia à Tan-yang ^ ^ (Nankin) et occupa la ville de Yuè tch'eng j^ ^.

(1) D'autres clocuinents prétendent que le nom de Tan-yang kiun date de 109, Yiien-cheoUj nien-hao de Jfiuo-ou ti des Han. Kien-ngan, nien-hao de Han Hien ti.

La ville elle-mAme de Tan-yang présidait à 17 sous-préfectures dont 7 se nommaient Mo-Iing, Hou-chou nR ^, Yong-p'ing 7^ ^, Kiang-chcng fll ^, Kin-ijong, Li-yang. Elles avaient fait partie de la préfecture précédente Tchang kiun. La dynastie des Tong Han changea le nom de Tan-yang (Nankin) en celui de Wan-Ung 9E ^•

En 105, on installa un haut mandarin, portant le titre de Che-san-jwu tch^r-chc •f* ZZ W Sï £ <^t Tan-yang kiun se joignit avec la ville de Yang-tcheou.

(2) Vers l'Arsenal et la Poudrerie, à l'angle S.S.E. de la ville actuelle.

(3) L'arpent chinois vaut ordinairement 3G0 jiou (pas) = 429*" GO, ou 470 yartis 16. Cf. Var. sin. n** 11. La Propriété en Chine.

(4) La porte ouest se développait sans doute le long du canal, bien que la carte l'en sépare.

(.')) L'ancienne Kou tch^eng^ dépendant de la sous-préfecture actuelle de Li-chori, Kiang-cheng eut V&ucienne Kiang-chnig des Ts'in; m«*me remarque à faire pour le Kiuyong moderne.

(C) La ville de Hou-chou est A 60 H S. E. de Nankin. Au nord de la Tti'in hoai l'on voit encore le village de Hou-chou ichen ^ ^ ip(, reste probable de l'ancienne ville. Celle de Yong-pHng est à 15 ?t, an sud du Li-yang d'aujourd'hui.

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