‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 57 sur 205 · CH. II. LES TR0I8 ROYAUMES ET LES TSIN · texte numérisé non relu

CH. II. LES TR0I8 ROYAUMES ET LES TSIN

On avait improvisé des espèces de ponts de bateaux, avec 24 claies, barrages ou estacadcs de bambous, sur le canal de la Hoai, pour la fermer aux irruptions soudaines des flottilles ennemies. La plus forte de ces estacades et la plus fameuse était auprès de la porte TchouAsio men (aujourd'hui Tchen^hoai k'iao i||f{l9, auprès de .Van men). On l'appelait Tchou^if^io fiang ^ ^ )||.

Une des particularités de cette carte est que le lac Yuen^ouyQ JÇ (en comn)unication avec le lac Tsio -^. fait assez probable) se décharge par plusieurs émissaires au nord, au sud, à Touest, et au sud-ouest. Nous admettons malaisément qu*il ait jamais communiqué par le nord avec le Yang-tse, comme l'indique pourtant la carte. A moins que le cours déformé en S du canal qu'elle dessine ne soit autre que Tarroyo franchi par le pont à pagodin conique, pao-fa k'iao^ j^ ^, au nord-est de Hia-koan, sur la rive sud du fleuve. On rappelle Yun-liang ho j^ iff^ ^ [V.

Le centre actuel de la ville, au sud dcPè-men k'iao 4b PI US' ^^^ pentes nord de l'u-hoa t'ai^i le midi de Tch'ao-l'îen kong paraissent avoir été les principaux sites peuplés alors. L'ancien Nankin, ' 'faisant tache d'huile," envahit progressivement son assiette définitive.

L'empereur r.sin Ou ti (265-290), qui mit fin au Royaume nankinois de. Ou, avait eu 15 fils, dont on trouve la liste dans une note du P. de Mailla, vol. IV, p. 191.

Les trois derniers furent empereurs :

Se-ma Tchong 3 H ^ devint Tsin Hoei ti # Jg ^ (290-307).

Se^ma Tche % M ^y Tsiji Hoai n' § <g Çfî (307-313).

Se^ma Yè ^ % %, Tsin Min ti # S^ ^ (313-317).

L'exposé détaillé des péripéties de ces règnes, intéressant médiocrement Nankin, déborderait en outre de notre cadre.

En 307, le Prince Lang-ya wang 3|5 J}|5 1 Sf-ma Joei ^ Jg| §, fut envoyé k notre Yang-tcheou, en qualité de généralissime. Il occupa militairement Kien^yè J$||r dont il répara les ruines (2).

Tsin Hoai ti avait été pris dans cette ville, en 311, par le Tartare Lieou T.^^ong ^|g, roi de i/a/i 310.318 (de Mailla, IV. 265). Conduit à la Cour, c. à d. à P'ing-yang Zp ^, il y fut tué en 313 {ibid. p. 272).

Se-ma Yé, salué alors empereur à Tch'ang^ngan ^ ^ ('Singan fou) sous le nom de Tsin Min ti, veut transporter sa capitale à Lo^yang. Il y mande Se-ma Joei % ^ ^ (313) qui, de Nankin, administrait les Provinces au sud du Kiang. Mais nourrissant dès cette époque quelque ambitieux projet, ce général refuse d'obéir sous le prétexte assez plausible que, lui parti, l'ordre serait compromis dans l'ancienne capitale.

(1) Tao-yr Ton (aupri-s du Kiao t'an) au N.O. de Tanyaiui kiu)i. au confluent des

deux canaux i9c JR iK*

(2) Cf. de Mailla IV p. 211 et seqq, .^^ur la révolution que tenta Sr-Wd Luen ^} ^ jSi pour renverser Tsin Hoei ti l'an l\00. Ce dernier fut rétabli &ur son troue* de Lo-yang et le rebelle périt assassiné.

g III. SI TSiN, 265-317. 53

Le souverain, assiégé bientôt (316) dans Tch%'ing*ngan, se rend au général LieouYao ^\ |^, qui le fait mener à P'ing-yang, à la Cour de Lieou Ts^ong, roi de Han, lequel prend plaisir à l'humilier, avant de le tuer aussi en 317 [ibid. IV, 290).

En tombant aux mains de ses ennemis (317), Tsin Min. H avait chargé Se-ma Joei, toujours à Kien-k'ang, du ''gouvernement général de l'Empire" en son nom.

On pressait l'administrateur en chef des affaires publiques pour le compte du dernier des Si Tsin, de se déclarer empereur. Après de longues résistances, peu sincères sans doute, il s'y résigna à Kien'-k^ang même, en 318 (3® lune). Il est connu sous le nom posthume de Tsin Yuen ti §7t2 ^ (317-323). (Deux Nien^hao: ^ fj 318-322, et^^ 322-323). Il s'était contenté en 317 du titre de Roi de Tsin sous le Nien^hao ^ "^ (1).

Dès la fin de 317 fut élevé un Collège d'Instruction publique, ou T'ai hio ij^ ^,

L'on créa, à Tchong-'Chan hiang @ il] ^ (320), la sous-préfecture Hoai^tè hien «gl^ m, transformée bientôt en Fef hien^^.

Puis l'on installa dans le nouveau Temple ancestral les tablettes des aïeux impériaux.

Le vaste lac Pè hou 4t jjSfl (Heou hou, au nord-est du Pé^ki ko) fut régularisé. On y construisit notamment une longue et robuste digue. C'est l'origine probable de celle qui unit Ki-ming chan fj^ l|^ il] à Fou^lcheou chan l^t "^ \ii^ bien qu'une levée en terre ait dû préexister à ces travaux, notamment au nord de T'ai tch'eng, (Cf. Muraille de Nankin (en préparation).

Le transfert de la Capitale à Nankin explique pourquoi les Souverains de cette nouvelle branche des Tsin, qui ne régnait qu'au midi du Kiang en 318, sont qualifiés de Tsin orientaux. La ville avait pendant environ 40 ans perdu son titre de capitale. Le palais impérial du premier souverain (nous ne parlons point des autres édifices impériaux) s'élevait sur les hauteurs du Tchonghou leou, formées de conglomérats, à l'endroit, dit-on, où gisent encore (ouest de la "Porte rouge") d'énormes bases de colonnes, dont plusieurs sont si curieusement couplées (2).

(1) De Maillafexpose (IV. 292 et 295) comment Se-ma Joei se trouva appelé au trône par les vœux de plusieurs princes du nord. Les Tartares eux-m^mes admirent en partie son autorité.

(2) Écrite avant 1895, ma phrase est devenue inexacte. Ces bases sinfnili^res furent» }\ cette date, ineptement débitées et transformées en rouleaux pour macadamiser le premier tronçon de la nouvelle route européenne « Ma-lou^ route à chevaux» que le vice-roi intérimaire Tchung Trhe-tong 7R J2 11? ^^ passer par l'arcade centrale du Kmileou. Ainsi s'allonpje quotidiennement la liste des antiques choses, des vieux souvenirs, à jamais disparus !

L'on sait que cette route "carrossable," continuée en octobre 1805 par /y/<'o»/ K\ic»-i JlJ J^ — ' relie It^ Tunuj'tHi mcu JJ 8if P^ ^ T-fonij men j^ )/H, f^ par un ruban d'environ 12 kiloniètrts.

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