GA. II. LB8 TROIS ROYAUMES BT LES TSIN
Au IV' siècle, par raison stratégique, peut-être autant que par crainte des inondations, la jeune capitale, bien que pressée par un afflux constant de population, ne se hasarde que timidement à quitter les buttes, tertres et collines, pour descendre dans la. plaine et s'y dilater. Si nous en croyons les anciens plans, elle formait, au milieu d'annexés ou bourgs fortifiés, un quadrilatère (le médiocre étendue, régulièrement percé de portes, et d'environ trois kilomètres de côté à Test et à Touest. Les fronts nord et sud paraissent avoir été plus courts encore. Elle employait la brique pour ses murs, renforcés d'une douve large de cinq pieds sur sept de profondeur, au pied de la muraille. D'autres prétendent (sur quels documents?) que des murs de terre, ou même de simples palissades en bambous les défendaient. Au dire des Chroniques, le palais impérial bâti sous les Tong tsin JK ^ au nord-est de TR^ing-liang chartj probablement sur la butte du Kou leou ^ ;^, comprenait 3.500 appartements, chambres ou travées chinoises. Cf. le plan, p. 51.
Quelques lignes sur la succession des Tsin orientaux fixés à Nankin:
Tsin Yuen ti (317 — 323) fondateur des Tong-tsin (1) et doué des plus enviables qualités, y avait établi sa résidence; devenu empereur, il y resta, et s'empressa d'y faire élever le Che^tsi i'an H^ K c. à d. ''Tautel-terrasse du génie de la terre et des grains." De temps immémorial, les sacrifices, ou mieux les offrandes qui s'y font, sont, à la capitale, réservés au souverain. En 319, ce Tsin Yuen ti^ y sacrifia au Ciel et à la Terre au iVan-feiao j^* jjjj, à la 3* lune (2).
Aux premiers jours de 322, le général Wang Toen J Jj^, révolté à Ou^tch'ang (Hou^pé), descendit sur CheM'eou tch'eng, qu'il emporta. Yuen ti lui opposa d'abord Tcheou Tcha ^ ;){„ qui se rendit, puis Heou Li ^ jj^, tué dans le combat, ensuite Wang Tao J ^, finalement défait. Le vainqueur mit à mort les généraux Tiii Yuen |S }^ et Tcheou K'an )g ^^ avant de retourner jouir de son triomphe à Ou-ich'ang. Tsin Yuen ti en mourut de chagrin , à 47 ans, dans sa capitale de Nankin , ravagée alors par un ouragan désastreux, puis par une épidémie de peste (322). Le défunt fut enterre à Kien^p'iiig ling ^ ^ |^. (Ling ^ est le terme générique des tumulus ou mausolées impériaux). Trois ans plus tard, son fils et successeur Tsin Ming ti (Se-ma Tchao fj ^ ftj 323-326; le fut à Ou-p'ing ling gÇ ^ |^. Ces tombeaux sont indiqués au coin N.E. de Nankin sur les anciens plans. Les pentes sud du haut massif de Tse-kin chan, semblaient tout naturellement offrir, auprès du lac fort important jadis de
(1) Voir dans le n° 8 des Varittès .sinologiqut's, p. 2211, mie piquante allusion à oe 'Tain Yuen ti, bâtard qui professait descendre de Se-ina I, souche illustre de la dynastie disparue des Tjï/u occidentaux.
(2) De Mailla (IV, 184) mentionne un sacritico impérial au Nan kiao en 282.