‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 61 sur 205 · CH. II. LE8 TROIS ROYAUMES ET LES TSIN · texte numérisé non relu

CH. II. LE8 TROIS ROYAUMES ET LES TSIN

Tsin Mou ti commence à gouverner en personne à la l^^e lune de 357. Au printemps, il offre le sacrifice ofTiciel à Confucius. Il meurt trois ans après dans le palais de Hien-yang tien (1). Le prince Lang^ya wang ou 8e-ma P'ei "^ JH ^ le remplace incontinent. Ce Tsin Ngai ti ^^^, iils de Tain Tch'cng ii § jjR ^ (6° empereur) promet au pays un excellent souverain : il s'empoisonne bientôt (365), comme beaucoup trop de monarques de ce temps et des suivants, avec un soi-disant breuvage d'immortalité, confectionné par des taoïstes (2). Se-ma I ^l^^fLang-yé wang) monte sur le trône (365). (On ne lui accorde que le titre de liai si Kong f^HS parce qu'il fut ensuite détrôné par Hoan Wen ;Êfl|)- 11 creusa, près de Tchong c/ian, le canal K'iu clioo.i ^ ;^(366). Une terrible inondation envahit le T'ai miao JCJ^* '^ Temple des ancêtres impériaux, et entraîna jusqu'au Yang-tse trois des grandes jonques nommées Tchou-tsio hayig, amarrées dans la capitale. lloan Wen y vient détrôner l'Empereur, le réduit au titre de Tong^ hai wan</ JK fft ï et lui substitue Se-ma I ^^ ^ â, '^ Prince Koei-ki Wang "^ ^ ^, Lui-même, après avoir habité treize jours la salle centrale, quitte le palais impérial pour regagner sa résidence de KoU'Chou j^ ^.

L'empereur légitime Tsin Kien^v^en ti § ftfj 3!t 'J^ meurt dans la salle orientale (3), et son fils Se-ma Tch'ang-ming "^ M ^ HjJ recueille la peu enviable succession (Tsin Hiao-ou ti, 373-397). Hoan Wen reparaît à la Cour et l'empereur envoie des mandarins h sa rencontre pour le saluer. Après une visite h la sépulture KaO'p'ing Hng "J^ Z!^J^i\ va mourir h Kou-chou j(^^. L'impératrice-mère, Tch'ou T'ai'heou saisit les r(!'nes du Gouvernement (373).

A l'automne. de 375, Tsin IIioo-ou ti explique dans la pagode T'ong-Vien hoan 58 ^'f^, le Hiao-hing ^j^ (ouvrage de Yen Tche tfi^ des Han, livre de piété filiale). Un incendie détruit les pavillons de la porte Chcn-hou men ffjji f^ f^ et l'empereur offre le sacrifice usuel à Confucius. Il pénètre pour la première fois dans le T'ai wiao i^f^, le temple de ses Ancêtres, *'i l'ouverture de l'année 376 et prend en main l'administration de ses états. Il fait ensuite sa visite ofïicielleaux quatre sépultures impériales, Ki(*n-p'i)ig ling,^ etc.

Tremblements de terre en 376 et 377 ; cette année-là on en ressentit plusieurs, accompagnés de violents orages. En pleine ville, on trouva même des poils végétaux, produit spontané du sol! Le phénomène se renouvela en 389. Iliao-ou ti ^ "^ ^ fait construire la porte Tchou-tsio men ^ ^ f^ (378) et quitte le palais du prince Koei^hi wavif/ '^ ^ 3E pour occuper celui qu'il venait de se faire bâtir.

(1) EiiteiT^ au Yong-p^iug ling ^^ ^

(2) Kntorré {lUji]) au Ngnn-p'ing liurj ^ ^ 1^. Yi( lloang-hcou I^ ^ ^ «a feuiTuo, morte en .3<îG, le fut au King-p^ing ling §)([ ^

(3) Enterré au Kao-p^ing ling ^ ^

{ m. INTRODUCTION DU BOUDDHISME. 59

La foudre frappe, en 380, quatre colonnes de la salle Hantch'ang tien -g- ^ ^, tuant deux officiers de la Cour. L'impératrice reine Wang Hoang-heou ^ ^ ï Jt meurt sur ces entrefaites. On l'enterre au Long-p'ing ling ^ ^ ^. Uiao»ou ti ^ ^ ^ avait visité les sept tombeaux du Kien-p'ing ling ^ 2p [J^ etc, en 379, et le Kao-p'ing ling ^ ^ ^ l'cinnée suivante.

A la première lune de 381, Tsin Hiao-ou ti ^ |êC S& (373- 397) fait disposer une sorte de vihara (ou pi^hcAo, sorte d'oratoire ou couvent bouddhique) en son propre palais. Puis il y installe un chapitre de bonzes (1).

Supposé exact, le fait, que rien de positif n'autorise à contester, fournirait une date précieuse pour l'histoire documentée du bouddhisme en cette région. Il y prit vite un ascendant presque incroyable, dû à d'autres causes que celle, mise en avant et prétendue adéquate, d'aspirations Vers un idéal religieux, supérieur à la théorie confucianiste, si étroite et si mélangée déjà de taoïsme.

Toutefois, nous admettons pleinement que la morale sensualiste et utilitaire de K^ong Fou^tse, privée de base et de sanction, sans échappée sur la vie future, devait fatalement laisser inassouvie cette soif innée de surnaturel. Le bouddhisme, qui venait à point combler partiellement une énorme lacune, fut accueilli faute de mieux. Ainsi, certains païens chinois de nos jours accueillent, leurrés, les enseignements- diminués et mutilés du protestantisme. Alors, comme aujourd'hui, le changement de croyances marquait un progrès relatif; mais il faut se garder d'en exagérer la portée.

Le rapide succès de cette propagande doit être attribué aussi, croyons-nous, à l'esprit d'ardent prosélytisme qui animait ces prédicateurs hindous, au savoir-faire, k la science, aux vertus même de ces ascètes instruits, artistes, entreprenants, insinuants et convaincus. Ces avantages multiples, outre le renom de la haute culture civilisatrice de l'Inde, leur conquirent, à l'arrivée, une considération hors pair, une influence inouïe, un prestige indiscuté, à la Cour aussi bien que parmi les lettrés et le peuple.

Sans présenter le récit du R'^ Mil ne comme parfaitement avéré, nous avons rapporté plus haut la fable relative à la relique ou chêli (shelitze) pour laquelle Ou Ta ti aurait, vers 2i0 de notre ère. élevé à Nankin la *' première" tour de pagode.

(1) Ou les a nommés s'rarnanas, ou chaiiianes, ou samauéens. Cf. dans le Chinese Becorder (1894— vol. XXV. p. 224 vt aeq.) le résumé que M' E.-H. Parker a fait de l'ouvrage des PP. Pierre Uoang et André Taiang. L'article en question est intitulé aEarly bucUihiarn in Chinai. Nous lui faisons quelques emprunts çà et là. Elisée Reclus (cf. T. VII) y apprendrait qu'on ne fait point unanimement dater du VI* siècle la propagation du Bouddhisme au sud du Yang-tse. Il reste vrai pourtant que cette secte dut surtout son expansion vers le N. O. à l'influence tartare et tibétaine.

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