‹ Histoire du royaume de Tch'ou, 1122-223 av. J.-CChapitre 62 sur 205 · CH. II. LES TROIS ROYAUMES ET LES TSIN · texte numérisé non relu

CH. II. LES TROIS ROYAUMES ET LES TSIN

Il reste toutefois établi que déjà à plusieurs reprises, et vainement, le Bouddhisme avait tenté de sMmplanter en Chine, et cela avant l'évolution religieuse qui le différencia nettement d'un abject brahmanisme. Il est vrai, remarque de Lacouperie, les ascètes venus, en 305 avant J.-C, n'étaient peut-être que des marchands, bien que SiLi, l'un d'entre eux, ait exhibé des images bouddhiques. L'on cite plusieurs noms d'étrangers, partis comme eux au 2® ou 3" s. avant notre ère, pour le céleste Empire; mais il est malaisé de prouver qu'ils étaient bouddhistes, non taoïstes ou surtout brahmanistes. En 221 (av. J.-C.) arrivent de l'Ouest, au S.O. du Kan-sou, douze hommes de haute taille : l'empereur fit faire leurs statues en bronze, chacune de 1.500 kilogrammes. L'an 189 de notre ère, on les transforma en monnaie. Quelques auteurs y ont vu, sans preuves, des idoles bouddjiiques. Telle aurait plutôt été la statue d'or prise l'an 121 av. J.-C. par//o/C*ii«- P^^G 1Ê, i ^^ général de //an Ou ti ^JÇ'^i ^"^ Hiong-nou ^jg^^ du Si Yu S i^ (Turkestan) qui Tadoraient, et apportée à Tch'angngstn (Si-ngan fou) ( De Lacouperie, Western Origiiij p. 127).

Terrien de Lacouperie (1) assigne les années G80-642 avant notre ère à l'arrivée (de l'Océan indien) de navires étrangers dans la baie de Kiao-tcheou ^ jt| au sud du Chan-tong. Y venaient-ils intentionnellement, en étendant peu à peu, vers le nord, leur hasardeux cabotage, ou bien la tempête, les moussons et les courants les avaient-ils poussés dans cette baie, malgré eux? Des établissements, entre autres Lang-ya ^ îfR ^^ TsUmo |p ||, se formèrent sans retard; un nouvel apport de civilisation s'implanta dans la presqu'île, et nous en retrouvons d'incontestables traces archéologiques (2). De Lacouperie signale de nouveaux arrivages en 641, 600, 565, 525. Koci-hi ^^ dans la baie de Hang^tcheou tt W (peut-être le Chiw-hing fou $g S^ d'aujourd'hui) fut occupé vers 473; des marchands étrangers commerçaient à Nii^g-po $^ en 327. Notre auteur donne les années 220-217 av. J.-C. comme ja date de la première arrivée de ''missionnaires" bouddhistes.

(1) Terrien de Lacouperie, Wfstrni Oriffin..., passiin. Inutile de prévenir le lecteur que nous n'admettons point sans de nombreuses réserves, hs dates fourui(îs par l'aventureux auteur, encore moins les tli/'orirs surprenantes (ju'il pntronne ou improvise.

(2) Outre les vestij;«»s numismatiques {([iw de T.acoiipcrie nu-ntionne) des deux ettqtffrid éta})lis au Chnn-tong, en (îSO av. J.-C'., par des étran^'rrs venus de l'Inde, j'ai fn vue les bas-relirfs (?) de //m<)-/''//i<7 rZ/rtn ^ ^ [Ij, remontant au II<" S. avant notre ère, et ceux du Ou-îiang ne |^ |2^ îppj, temple ancestral A 12 kil(»ni. au sud de Kin-siaug hien j^ ^ jÇp. Ces derniers datent du second siiVle après J.-C. M. Kdouard Cbavanne, qui dans son magnifique ouvraf<e : "La S(rulpture sur piern» en Cbine" Paris, 1803, les repri)duit, nie l'inspiration êtran^'èrr de ce;^ b.is-relirfs cbîint'Uiais, vi s'appuie sur M. i*aléolu.:^'ue (TArt i liinois» pour combattre lK»iii',lîis «t «If Larouperie. Inote do l'éditeur.]

f III. BOUDDHISME EN CHINE, 67 AV. J.-C. 61

Ces chamanes, au nombre de 18, apportèrent, des Indes à Lo-yang ]^ |^, les enseignements de Chakyamouni. Il les nomme (p. 389) nTze Kao, Tcheng Peh kiao, Tsi-li-fang...» et mentionne IMnsuccès de leur propagande religieuse. Le professeur Douglas (China, p. 318) va jusqu'à afïirmer que le récit des tracas et diflicultés qu'ils éprouvèrent «rappelle singulièrement celui de l'emprisonnement de S. Pierre,» un siècle et demi auparavant. D'autres sinologues ne voient là qu'une altération des légendes relatives à Che Li-fang '^ ^ M (^) ï^'a" ^^^ ^^ notre ère, 148 émissaires bouddhistes arrivèrent en Chine du pays des Parthes, selon T. de Laeouperie.

On l'a vu, les rivages du Chan-iong virent aborder des barques étrangères bien avant Tannée de l'Incarnation. Et pourquoi ces hardis caboteurs étrangers, Indiens, Malais, ou Arabes, remontant la côte de Chine, par Canton, Fou-tcheou et Ning-po, jusqu'à la baie de Kiao-tcheou, ne seraient-ils pas entrés dans le Yang^tse ? Par la triple bouche de son estuaire, ils ont pu venir jusqu'au pays de Nankin, alors moins distant de l'Océan. La navigation fluviale du delta, sur les canaux, les arroyos et les lacs, ne réservait point à ces jonques de mer plus de difTicultés que leur interminable cabotage maritime.

On accorde à peu près unanimement que ce serait l'an 58 ap. J.-C. que la Cour chinoise aurait d'abord entendu parler du Bouddhisme (2). Yng :^, Prince de Tch*ou ^, jeune frère de l'empereur //an Ming ti, prit un vif intérêt a cette doctrine, en vue de la comparer avec celle de Hoang Lao ^ ^ ou Ecole taoïste. (Doal, Buddhist literature in China, p. 3). Puis, l'an 62 ou 63, Ming ti eut son rêve de la ''statue d'or yolante", que Fou / '(^ ^ lui expliqua comme on sait. Pour se mieux renseigner, on députa une commission impériale aux Indes, à la fin de l'an 64 de notre ère, ou au début de Tan 65. «En 67, la commission revint, ramenant deux chamanes, nommés Kasiap Ma-tang (c. à d. Kasiapa Matanga) et Gaplan (Gobbarama), qui se fixèrent à Lo-yang ]^ |^, au Lan^t'ai fï ^

(1) On consulterait utilement aussi : China lieview (1885-1880. p. 189.) «Histoire des étrangers en Chine» aux premiers siècles de notre ère : article do J. Chalmers.

On a dit que k* honze Che li-fang (S' li vang ^^\ ^} vint eu Chine sous Tsin Ch^ Hoang-ti. Ce n'est guère probable, estime M. E. IL Parker, Chin. ilecorder, 1804. p. 224. D'aju-ès lui, bonze vit-ndrait de voiid^ d'autres; écri\ent hout^ ou Boudha, en japonais bo-dz-

(2) De Mailla fixe l'introduction du bouddhisme j\ l'an 65 ; mais, pour lui, ce ne serait qu'j\ la huitième année de H<in Ming ti «qu'on éleva la 1*" statue à Foé et que sa doctrine commença à se répandre.» III, p. 357 et scq.

« Les premiers monarques fauteurs du bouddhisme paraissent avoir été ceux des f^ (Tchao) et ^ ( ma i.i) empereurs de la Chine septentrionale au IV« siècle. L'hindou Boudhôichenga résidait \ la cour des premiers et les Tsin Ç entretenaient des relations étroites avec les bouddhistes renommés du Cachemir et du Suât.» E.H.Parker, — Préface (p. XXI) du Dictionn. chinois-anglais d'H. Giles.

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(Galerie des Orchidées), où l'on compléta pour la première fois les Soutras (livres hindous), en 42 sections. Pour ces nouveaux venus, on éleva le Pé-ma se ^ B| ^, '^Monastère du Cheval blanc'', à l'O. de la Capitale, terminé l'an 71. Quelque temps après ils y moururent» (de Lacouperie, op. cit. p. 209).

Sous //an Ngai ti ^"J^^ ( — 6+ 1) les enseignements oraux du bouddhisme, sinon les livres canoniques de cette secte, furent communiqués à un membre du Collège des Sacrifices, nommé Ts'ing King, par / Ts'iien'-keou, envoyé des Gêtes. «A cette époque, disent les historiens chinois, les sectateurs de Bouddha étaient répandus partout sur nos frontières, leur doctrine était connue dans l'Empire, mais on n'y croyait pas» (1).

En définitive, le rôve étrange de //an Ming ti (58-76) est le point de départ de l'influence bouddhique au Céleste Enpire; il y a rendu possible la diffusion des doctrines de Chahyamouni. Les annales des //an relatent ainsi l'aventure : «Au pays de THentchou 5c ^ ^" Chen^tou ^ ^ (Sindhou) existe une secte qui observe les règles établies pas Feou-t'ou j^ Q|, Bouddha. Or, d'après une tradition, Ming ti vit en songe une statue dorée de plus de 10 pieds de haut, dont la tcte brillait d'une vive clarté. A son réveil, il en demanda l'explication à ses ministres, et Fou / ^ j^lui apprit que dans les contrées de l'Ouest on adorait, sous ces traits, un dieu appelé Fou. L'empereur envoya aussitôt Ts^ai Yn ^flf aux Indes, prendre des informations sur cette divinité et étudier sa doctrine. Telle est l'origine des statues de Fou dans TEmpire du Milieu».

Ce récit des Han suggère deux réflexions : le cerveau de Ming ti était, comme celui des Mages d'Orient, travaillé de soucis religieux ; puis le bouddhisme, au moins la connaissance sommaire de ses enseignements, devait couver encore en Chine comme un feu caché sous la cendre. Sinon Fou I, pris à limproviste, au dépourvu, aurait-il pu produire à point nommé une information aussi précise?

Pourtant, nous n'aurons garde d'omettre ici une judicieuse observation de M^' E.H. Parker, qui, d'accord avec plus d'un sinologue, estime qu'ultérieurement on confondit ces vagues traditions avec le fait certain de la première arrivée des Juifs en Chine. (Elle se produisit l'an 72 de notre ère, au S.O., d'après de Lacouperie). Plusieurs idées chrétiennes, et quelques allusions confucéennes au Saint Homme de l'Ouest,» reposeraient sur ce fondement (Cliin. Recorder, loc. ci.). J'ajoute que nombre de croyances taoïstes sont dans le même cas, quant à leur genèse et origine.

(1) E. Landrefisi', Intro<luction il la traduction d'Abel Kéiimsat « ]ieIa>iio7i drs royaumes bouddhiques.» — Taris, 183G. — Cf.E.H. Parker, Chîncsc Jiccordifj 189i, p. 224 et suq.

f III. BOUDDHISME, BN CHINE. 63

Voici quelques unes des dates précises qui jalonnent les étapes de cette difTusion du bouddhisme dans la Chine moyenne : L'Empereur Hoan ti (147-168) honore Bouddha dans son palais. Sous Hien ti (190-221), Tso Yong, préfet de Koang Ling (aujourd'hui Yang-tcheou h 20 lieues ENE de Nankin) élève un vaste monastère et propage la foi en Chahyamouni. Puis, en 220, sous les «Trois- Royaumes», on tolère que des indigènes embrassent la profession de bonzes. Un siècle après (335), le peuple chinois y est pleinement autorisé. On avait apporté et traduit les Soiitras (livres hindous) en Chine (1). De nombreux monastères surgissent partout, et l'on conserve les édits relatifs à ces fondations religieuses. (Cf. E.H. Parker, Chin-Recorder, p. 228, 1894).

Le pays de Nankin, dès lors foyer de culture civilisatrice et centre politique important, subit ou précipite l'entraînement général. Le constater à loisir nous mènerait trop loin : retournons aux événements locaux qui concernent cette ville au IV® siècle.

Une inondation, suivie de famine, avait désolé l'année 381. A l'automne, le général Sié Ngan D| ^, une célébrité de cette époque, passe l'inspection d'une flotte assemblée auprès de C/ief^eou tch'eng. Ce détail révèle l'importance de ce confluent (Yang^ tse et Ts'in hoai), comme station navale à la fin du IV° siècle.

De cette année date le Tong-yé t'ing ^ Je ¥ (^" Pavillon) servant à héberger les mandarins voyageant pour raison de service.

C'est alors (383) que Fou-Kien :^ g (353-385) souverain du royaume septentrional de Ts'in ^, vint menacer Nankin, où règne une poignante terreur. L'empereur se rend à Tchong c/ian^ ^[j dans une pagode en renom, dont il supplie le poussah de protéger son empire. Le général Sié Yuen |j|7Ë défait les troupes du royaume de Ts'in ^ à la lO'* lune. Un décret impérial félicite de ses victoires le général Sié Ngan ^ ^ luttant à Kin tch'eng ^ jj, et le rappelle à la capitale (384) (2).

Établissement d'un Gymnase impérial g |^ au sud du T'ai miao (385). Sié Ngan ^ ^ se rend a Koang ling ^ gf (Yang-tcheou ^ Wl pour pacifier le pays. L'empereur va lui ofl'rir un grand banquet d'adieu à Si-tehe U ^. Le général meurt quelques mois après. De nouveau, grande inondation, suivie de famine. Ces sinistres donnent une peu favorable idée de l'état des travaux hydrauliques autour de Nankin, toujours menacé par son turbulent voisin, le Yang-tse kiang.

(1) De Groot, p. 1106, "Knmaradjiva, célèbre apôtre qui vint en Chine h la fin du 4* siècle, aurait traduit un des plus fameux Soutras.

(2) Mort de l'impératrice-mère Tchou T'ai-heou f§ "^fc ^ enterrée au Tch'ongp'ing liiig ^^J^. L'Empereur visite les quatre tombeaux Kieyi-p'ing ling,. etc.. L'année suivante, il visite toutes les sépultures impériales.

64 GH. II. LES THOia ROYAUMES ET LES TSIN.

Seconde visite générale de toutes les sépultures. Un tremblement de terre signale Tété de 386. On en compta trois en 390, un en 392, deux en 393.

Au sud-est de la ville préfectorale Tan-yang kiun on bâtit un Temple de Confucius.

Les chroniques signalent gravement qu'en 388, après le sacrifice offert aux ancêtres impériaux dans le T'ai mfao, un lièvre se promena dans le temple. Cette année se termina par un désastre; dans un ouragan, la Salle Yen^hien t'ang JE R ^ P^* ^®" et l'incendie se continua le lendemain. En 389, nouvel incendie au pavillon de la porte Siuen-yang men ^ |^ P^. Alors aussi Se-ma Tao-tse ^ ^ ^ ^ (prince Lang-ya wang î^ ^^ '£) transporta vers l'est la résidence préfectorale de Yang^tcheou ^ ji\,

Siu Koang ^ Jf chargé de dresser l'inventaire de la bibliothèque particulière de l'Empereur (391), y trouva 36,000 volumes. Reconstruction du T'ai miao -j^ Jj^. Lors du tremblement de terre de 392, l'inondation couvrit les parties basses de Che^t'eou tch*eng et fut suivie d'une extrême sécheresse. A l'ouest du T'ai miao, on bâtit (395) le temple funéraire de l'impératrice, mère de Kienwen ti fg 35c î&> nommée Siuen T'ai-heou ^ >jc ^ après sa mort. On venait d'élever (392) le palais du prince héritier, Se-ma Té-

t^ong 'a .11 fS ^•

Une comète parut alors au firmament et terrorisa le pays (395). L'Empereur alla prier dans le jardin Hoa-Un yuen ^ )^ }j^, sis au N. O. du Pé-hi ko, afin de conjurer le sinistre que présageait ce météore.

La Salle Ts'iiig-chou tien ^ ^ KSi Gt le palais Yong^ngan kong yj^ ^^ remontent à cette date (396) (1). A la neuvième lune, une concubine impériale, nommée Tchamj Koei^jen '/§ J|;A étouffa Ilino-ou li :^ 5(i ^ (2). Dès le lendemain, Sp-ma TéMsong, son fils, monta sur le trône et confia radministration du royaume à Se-ma Tao-ii^e pi ^ ^M, 'f' prince Koei-ki wung ^ ^ ï- L'empereur débauché (Tsin Xgan ti § ^ ♦j^^ commença à administrer en personne quelques mois après, c. à d. h la U® lune de 397.

Il eut bientôt à réprimer la révolte de Wang Kong ^ ^. gouverneur du Chan-tong (^ jtj ^ ^) et mit à mort ses complices Wajig KouO'pao ]£ ^ S et Wang Siu J |g.

Deux barques impériales furent incendiées en 398, et peu après, Wang Kong rentra en campagne, entraînant dans sa révolte Iloan Yuen i^ jQ, gouverneur de Koang-tcheou ^ jii\, au Koang^ long. Ce dernier dut abandonner Che-feou tch'eng, quand Lieou

(1) On remarque parmi les anciens monumeuts, \v palais du T'ai-ki ou premitT principe des clioses V. Ttii thiiig-touff-tche, (K. 39 f" 14 verso,) situé au nord du Chang youoi, et construit de 370 i\ 3U7 de notre ère : il fut reconstruit de nouveau en 513, brûlé ensuite par des soldats, puis reconstruit en .558. l'authier. Chine moderne p. 66.

(2) Enterré au Long-j/i?ig ling |g| ^ R*

{ III. FIN DES tsin; ngan ti. 397-419. 65

LaO'tche |B| ^ ^^ commandant Tavant garde, eut mis à mort Wang Kong et fut revenu victorieux auprès de Tempereur.

Les brigandages et les séditions n'en désolèrent pas moins les abords de la capitale à lafîn de 399. Le souverain, ne sachant où donner de la tête, fit présent d'une hache jaune ^ |^ (honneur insigne) à Se-ma Tao-Ue 'Si S^ M -F^ prince Koei-ki uang. Il accorda à son fils le titre de généralissime ^ 4> 3C ^ 9' Deux tremblements de terre la 1" année du V® siècle. L*Impératrice Li che ^ JB^^ grand'mère de Tempereur, mourut alors. On Tenterra au Sieou-'p'ing ling j^ Z|i ^.

Nankin fut attaqué, en 401, par le rebelle Suen Ngen ^ ^. Se-ma Chang-tche ^ ^ ^ ^, prince Ts'iao wang H 3E> le repoussa.

Se-ma Yuen-hien '^ ^ 7C S (^Is de Se-ma Tao^tse nommé plus haut) prit le commandement des troupes impériales (402) et marcha contre Hoan Yuen jp^ jf^- A son départ, Tsin Ngan ti § ^ «J^ lui offrit un banquet d'adieu. Hoan Yuen le défit pourtant; les princes Ts'iao wang || ]J (Se^ma Chang-tche ^ j|| t^ i,) et Ts'i -wang ^ 3E (Se-ma Jeou-tche ^ J^ ^ ;^) périrent dans la déroute. Lieou Lao-tche §1) ^ i lui-même embrassa le parti de Hoan Yuen, qui culbuta les troupes du gouvernement, entra dans Nankin et y mit à mort Se-ma Yuen-hien, fils du Koei-ki wang, A la 4® lune de 402, le vainqueur (Hoan Yuen) quitta la capitale et se rendit à Kou^chou j^ ^ (T'ai-p'ing fou). Il pressa Tsin Ngan ti d'habiter le palais Yong-ngan kong ^ ^ ^. Mais à la fin de 403, il monta lui-même sur le trône et imposa le nom de Tch'ou ^ à sa dynastie. L'empereur, réduit au titre de prince P'ing-kou wang Z^ @ 3E' fut relégué à Sin^yang ^ ^, au Kiang^si, Le nouveau souverain prit possession du Kien-k'ang kong, puis d'un autre palais, celui de l'est ^ §; il ouvrit les portes Tong-i ^ 49ti P'ing-tch'ang ^ ^ et Koang-mou J| ^.

L'on peut se représenter sans erreur ce Suen Ngen comme une sorte de pirate ou d'écumeur des mers du littoral, qui étendit le champ de ses opérations vers les frontières méridionales du royaume, puis jusque vers la capitale. A son approche, le peuple de Nankin avait failli massacrer le premier ministre Se-ma Tao-tse avec son fils Fuen-Ziien. Ce dernier avait fait transporter de force à Kien-k'ang, puis enrôler dans les troupes impériales, des centaines de domestiques et d'esclaves, appartenant aux familles opulentes de la principauté [Koei-ki, préfecture de Chao-hing) qu'il administrait tyranniquement pour le compte de son père. Suen Ngen, exploitant le mécontentement populaire, avait enlevé Koei-ki et les huit villes qui en dépendaient au Tché-kiang (de Mailla, IV, 511). La Chine avait dès lors ses pirates côtiers, ses «Normands», qui remontaient les estuaires des fleuves pour ravager les plus riches cités; mais ils étaient originaires du sud, en général.

Vers cette époque entre en scène un aventurier, un soldat

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