‹ Histoire du royaume des Pays-bas depuis 1814 jusqu'en 1830Chapitre 42 sur 70 · SON ARMÉE · texte numérisé non relu

SON ARMÉE

« Bruxellois! le roi, notre auguste père s'occupe, de concert avec les représentants de la nation, et de la seule manière qui soit compatible avec leurs serments, d'examiner attentivement les vœux émis par vous.

« Cependant l'ordre est sans cesse troublé dans vos murs; tandis qu'avec un zèle et une activité dignes des plus grands éloges, vous veillez à la défense des propriétés publiques cl particulières, un petit nombre dt: factieux, cachés parmi vous, excite la populace au pillage, le peuple à la révolte, l'armée au déshonneur; les intentions royales sont dénaturées, les autorités sans force, la liberté opprimée.

« Conformément aux ordres du roi, nous venons apporter à et état de choses qui ruine votre cité et éloigne de ptas en plus,

pour cette résidence royale, la possibilité' d'être le séjour du monarque et de l'héritier du trône, le seul remède véritable et efficace, le rétablissement de Tordre légal.

« Les légions nationales vont entrer dans vos murs, au nom des lois, et à la demande des meilleurs citoyens, pour les soulager tous d'un service pénible et leur prêter aide et protection.

« Ces officiers, ces soldats, unis sous le drapeau de l'honneur et de la patrie, sont vos concitoyens, vos amis, vos frères, lis ne vous apportent point de réaction ni de vengeance, mais l'ordre et le repos. Un généreux oubli s'étendra sur les fautes et les démarches irrégulières que les circonstances ont produites.

« Les auteurs principaux d'actes trop criminels pour espérer d'échapper à la sévérité des lois, des étrangers qui, abusant de l'hospitalité, sont venus organiser parmi vous le désordre, seront seuls et justement frappés, leur cause n'a rien de commun avec la vôtre.

« En conséquence, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit, en vertu des pouvoirs à nous confiés :

« Art. ier. Les troupes nationales rentreront dans Bruxelles .

« Art. 2. Tout obstacle à leur marche sera enlevé par les soins de l'autorité municipale, de la garde urbaine, de la commission de sûreté et de tous les bons habitants.

« Art. 5. Les postes de lagarde urbaine seront successivement remis aux troupes nationales.

« Nous statuerons ultérieurement sur le mode de service de ladite garde.

« Art. 4. Les individus armés, étrangers à la ville, se retireront sans armes dans leurs foyers. Toute troupe armée, appartenant à d'autres communes, qui se rendrait a Bruxelles, sera invitée à se retirer et au besoin dissipée par la force publique.

« Art. 8. Les couleurs adoptées, comme marques distinetives, par une partie de la garde urbaine, seront déposées.

« Nous nous réservons de déterminer les signes de ralliement qu'elle sera autorisée à porter.

« Art. 6. L'administration municipale, le comité de sûreté, le conseil et les chefs de la garde urbaine, veilleront a l'exécution des dispositions qui précèdent, en ce qui les concerne, ainsi qu'au maintien de l'ordre, jusqu'à ce que les troupes aient effectué leur entrée.

« Art. 7. Les membres de ces corps sont déclarés personnellement responsables, à dater de la notification des présentes, de toute résistance qui pourrait être apportée à la force publique, comme ausssi de l'emploi illégal des deniers publics ou municipaux, armes et munitions.

« Art. 8. La garnison sera, le plus tut possible, casernéeou campée, de manière à ne point être à charge aux habitants ; elle observera la plus exacte discipline.

« Toute résistance sera repoussée par la force des armes, et les individus coupablesde cette résistance, qui tomberont entre les mains de la force publique, seront remis au juge compétent pour être poursuivis criminellement.

« Fait à notre quartier général à Anvers, le 21 septembre 1850.

« Fkédéric, prince des Pays-Bas. »

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