CHAPITRE V
Des Figures du baptème
« Dans l’ancienne Loi, dit saint Justin, tout était images, figures, signes, prédictions de ce qui devait arriver non seulement au Christ, mais encore à tous ceux qui croiraient en lui. » Ce vaste ensemble de faits et de monuments figuratifs ne pouvait pas laisser dans ombre les sacrements qui sont le principe et l'aliment de la vie chrétienne, ni surtout le baptême qui en est l’origine. Nous ne saurions nier que les commentateurs du moyen âge n'aient trop multiplié ces figures dans des comparaisons parfois un peu forcées ; maïs les principaux types, ceux surtout que la Liturgie a consacrés dans ses prières, ont été reconnus et signalés soit par les écrivains évangéliques, soit par les Pères les plus éminents des premiers siècles, tels que saint Justin, Tertullien, saint Cyprien, saint Jérôme, saint Cyrille et saint Augustin. Nous allons classer par ordre alphabétique les principales figures du baptême, en laissant les commentateurs nous en expliquer la mystérieuse signification.
ASPERSIONS JUDAÏQUES. — Les diverses aspersions purificatives de l’ancienne Loi figuraient la purification par excellence. Quand Moïse, dit Théophylacte (1), aspergeait le peuple avec de l’hysope trempée dans de l’eau et du sang, c'était la figure du sang que le Seigneur devait verser sur nous et de l’eau régénératrice qui devait effacer la tache originelle. « Si l’aspersion de l’eau mêlée avec la cendre d’une génisse, dit saint Paul (Æebr., 1x, 13), sanctifie ceux qui ont été souillés, en leur donnant une pureté extérieure et charnelle, combien plus le sang de Jésus-Christ purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes, pour nous faire rendre un vrai culte au Dieu vivant ! »
Circoncision. — Etablie par Dieu, comme le sceau de l’alliance qu’il contractait avec la race d'Abraham, la circoncision était naturellement la figure de l'alliance qu’il devait sceller avec l’Église au moyen du
(1) n Epist. ad Heb., c, 1x.