CHAPITRE
Des sujets aptes au baptême
ARTICLE I
Des enfants en général
Le baptème a été institué pour les enfants aussi bien que pour les adultes. Le précepte qui le rend nécessaire au salut n’en excepte personne, puisqu'il est dit que quiconque ne sera point régénéré par l’eau et par l'Esprit n’entrera point dans le royaume du Ciel (r); en sorte que, si les enfants étaient exclus du baptême, ils seraient privés du bonheur éternel et se trouveraient, sous la Loi de grâce, dans une condition inférieure aux enfants des juifs sous l’ancienne Loi, pour lesquels la circoncision était un rite de justification.
Les enfants, n'ayant pas l’usage de la raison, ne peuvent point, comme les adultes, adhérer à la doctrine de l'Église ; mais celle-ci leur prête son cœur et sa bouche, et, comme ils ont été blessés par le péché d’autrui, dit saint Augustin, ils sont guéris sur la parole des autres. Le père et la mère, le parrain et la marraine contractent au nom de l'enfant, et, par suite de la solidarité qui est l'essence même du Christianisme, c’est comme si l’enfant avait contracté lui-même.
Les théologiens catholiques, en développant à ce sujet la doctrine du concile de Trente (2), invoquent : 1° le précepte général et universel
(1) Respondit Jesus : Amen, amen dico tibi, nisi quis renatus fuerit ex aqua et Spiritu sancto, non potest introire in regnum Dei. (Joan., m1, 5.) (2) Sess. VII, De Baptismo, n. 13.