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LIVRE X. — DE L'ÉPOQUE DU BAPTÊME

Ravenne, Autant aurait-il valu dire qu’on faisait ses Pâques pendant l'Avent, parce que ce même Concile recommande aux pasteurs d’insister à cette époque sur l’obligation de la communion pascale.

Le baptême conféré aux adultes, hors des temps solennels de Pâques et de la Pentecôte, était partout administré ordinairement le dimanche; il en est encore souvent ainsi aujourd’hui pour le baptême des enfants, tantôt par un motif religieux, tantôt pour condescendre à la convenance des parents, plus libres généralement ce jour-là que pendant la semaine.

Les Arméniens ne baptisent jamais les enfants que le dimanche, excepté en danger de mort (1).

Chez les Luthériens, les Calvinistes, les Anglicans, les Mennonites, etc., les baptêmes ont presque toujours lieu le dimanche, à la suite du prêche, parce que, l’assemblée des fidèles étant alors plus nombreuse, il y a plus de témoins de la profession de foi que les baptisés font par eux-mêmes ou par la bouche de leurs parrains. Divers synodes calvinistes (2) interdisent de baptiser dans un autre temps qu’un jour de prêche ou de prières publiques. Le synode de Charenton (1631), plus tolérant à cet égard, s’en remet aux coutumes particulières de chaque église. Celles de Suisse conservaient la discipline calviniste dans toute sa rigueur. Un ministre de Berne, nommé Samuel Hueber, avait cru pouvoir baptiser pendant la nuit un enfant moribond. Accusé de rébellion religieuse par le Sénat, le ministre invoqua l’excuse de la nécessité. L'affaire fut débattue devant Théodore de Bèze, par les pasteurs de Bâle et de Zurich, et Hueber, convaincu d'insubordination, fut déclaré déchu de ses fonctions pastorales (3).

ARTICLE II

De l’heure de Ll’administration du baptême

La veille de Pâques, les Élus se rendaient vers midi à l’église baptismale pour y subir les dernières épreuves du scrutin. Au bout d’une

(1) Tournefort, Voyage du Levant, lettre xx.

(2) Aymon, Synod. nat. des églises réformées de France, t. IL, p. 359, 404, 486. (3) Florimond de Raymond, Hist. del Hérésie de ce siècle, 1. VIII, ch. x,

heure ou deux, ils retournaient chez eux et revenaient à l’église vers minuit. Ils assistaient à la lecture des Prophéties, à la bénédiction solennelle du cierge pascal ; ensuite avaient lieu les cérémonies préparatoires du baptême. La longueur des offices de Pâques n'aurait point permis de placer dans le jour cette longue-solennité. Le mystère de la nuit la rendait plus auguste, et rappelait mieux que c’est pendant l’obscurité que les enfants d’Israël ont traversé la mer Rouge et échappé à l’esclavage de Pharaon, image de la tyrannie du démon dont le baptême nous délivre. Cet usage a persévéré dans quelques églises jusqu'à la fin du xr° siècle (1) ; mais ailleurs, et dès le rv° siècle, on trouva sans doute trop fatigantes ces veilles prolongées, et la cérémonie baptismale de Pâques eut lieu le samedi saint, à l'heure de none, c’est-à-dire vers trois heures, comme c'était déjà l’usage pour la Pentecôte. Les Liturgistes, en le mentionnant (2), font remarquer que c'est le moment où l’Ange apparut au centenier Corneille pour lui apprendre que ses prières étaient montées jusqu’au trône de Dieu, et que c’est aussi l’heure de la mort de Celui qui par son sang a communiqué sa vertu à l'onde régénératrice.

Quand le baptême des enfants se fit quelques jours après leur naissance, ce fut dans la matinée pour que, selon l'antique tradition, le prêtre fût à jeun (3). Au xvi° et au xvu° siècle, certaines familles riches choisissaient une heure avancée de la nuit pour se donner le luxe d’une marche aux flambeaux (4): c’est ce qui nous explique les défenses portées par divers conciles de baptiser avant le lever et après le coucher du soleil (5). La plupart des Rituels recommandent de ne point procéder à l'administration de ce sacrement pendant les offices publics, les sermons et les catéchismes. Dans diverses églises paroissiales, les heures de baptême sont fixées par une affiche : ainsi, à Saint-Michel de Bordeaux, ils ne sont administrés que de midi à deux heures, les dimanches et fêtes, et de deux heures à quatre, les autres jours de la semaine.

Le baptême des Enfants de France se faisait vers les cinq heures du soir, de façon à ce que la cérémonie religieuse fût suivie immédiate-

(1) Rupert, lib. VI Divin. offic. c. xxrv.

(2) Amalaire, De Eccles. offic., 1. IV, c. xxvrrr ; Jean d’Avranches, Expos. div. offic. (3) Conciles de Paris (829), de Mayence (1547), de Cologne (1540), etc. (4) S. Franç. de Sales, Constit. synod., tit. VII, n. 12.

(5) Concile de Rouen (1581); Statuts d’Avranches (1600); Statuts de Rouen (1618); xme conc. de Bénévent (1656); etc,

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