CHAPITRE II
De l'époque du baptème par rapport à l’âge des sujets
ARTICLE I
Des Adultes
Par suite d’un abus qui se répandit surtout à la fin du m° siècle, le baptême était volontiers différé jusqu’à un âge fort avancé. Souvent on se contentait de faire inscrire l’enfant nouveau-né au nombre des Catéchumènes et de lui faire recevoir le sel sur les lèvres et le signe de la croix sur le front. Beaucoup de parents chrétiens croyaient devoir différer le sacrement pour leurs enfants jusqu’après l’âge des passions, afin qu’ils fussent moins exposés à le profaner par leurs chutes. Ce fut ainsi que sainte Monique en agit à l'égard de son fils. Augustin, se trouvant en danger de mort, s'était empressé de demander le baptême. « Mais, nous dit-il (1), je revins tout à coup en santé et on remit. à un autre temps la purification de mes souillures, sous ce prétexte que si je vivais, je ne pourrais manquer de pécher de nouveau et que les offenses commises après le baptême sont et plus grièves et plus dangereuses… Je voudrais bien savoir, Ô mon Dieu, si c’était votre bon plaisir, et sur quel fondement on différa mon baptême, et si c'était mon bien qu’on lâchât ainsi la bride à mes passions ? Et peut-on dire qu’on ne l'ait point fait ? Ce refrain qu’on entend partout ne le prouve-t-il pas assez : Laissez-le, dit-on, qu'il fasse ce qu'il voudra, il n’est pas encore baptisé ? »
(1) Confess., 1. I, c. xr,