‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 36 sur 283 · LIVRE I. — PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

LIVRE I. — PROLÉGOMÈNES

Il doit asperger l'enfant et tous les assistants. Le plus ordinairement il l'oint d'huile et le plonge trois fois dans l'eau d’une rivière, en disant : « O Dieu pur, unique, invisible, éternel et parfait, nous offrons cet enfant issu d’une tribu sainte, oint d’une huile incorruptible et purifié avec l’eau. » On fait goûter au nouveau-né du miel et du beurre, puis on l'offre à Ganesa, déesse des obstacles. Cette cérémonie est suivie, dans la famille, de trois jours de fête (1).

Dans l'antique religion des Aryas, les lotions avec de l'eau jouent un grand rôle purificatoire dans toutes les circonstances de la vie. « Eaux purifiantes, dit l'hymne védique (2), emportez tout ce qui peut être en moi de criminel, tout le mal que j'ai pu faire par violence, par imprécation ou par injustice. » C'est surtout à certains fleuves qu’on a attaché des vertus d’ablution morale. Nous lisons dans le poème hindou de Valmfki (3). « Les Grahas, les Ganas, les Gandharvas, ayant répandu sur eux l’eau de la Gangä, devinrent à l'instant même lavés de toute souillure. Ceux qu'une malédiction avait précipités du ciel sur la terre, ayant reconquis, par la vertu de cette eau, leur ancienne pureté, remontèrent dans les palais éthérés. » Ainsi donc, c'est à exemple même de leurs dieux que Îles Indous vont se purifier de leurs fautes dans les fleuves sacrés et surtout dans le Gange,ou que du moins, quand ils en sont trop éloignés, ils se procurent un peu d’eau de ce fleuve pour en faire un breuvage d'expiation. Ces lotions sont considérées comme indispensables au moment de passer dans l’autre monde : aussi porte-t-on les moribonds à la plus prochaine rivière sacrée où on les enfonce jusqu’à la gorge. Au moment même où l'on croit qu’ils vont expirer, on les plonge tout entiers sous l’eau; les assistants jettent alors de grands cris et battent des mains, persuadés

‘que l’âme du patient vient d’être complètement purifiée de toutes les souillures de la vie. S'il n'y a point, dans les environs, de rivière sacrée, on se contente de n'importe quel cours d’eau ou même d’une mare qu'un pourohita, par des rites spéciaux, métamorphose, pour la circonstance, en eau du Gange.

Outre ces ablutions solennelles, il en est qui se renouvellent tous les jours, parce que, selon les lois de Manou, toute prière doit en être précédée ; elles consistent à se laver avec de l’eau, les mains, Îles

(1) Lois de Manou, 1. IE, n. 29 et 30; Paulin, Voyage aux Indes orient.,t. Il, p. to Lamennais, Ess. sur l’Indif.,t. IL, c. vir.

(2) Rig-Véda, sect. 1, lect, 2, c.1v, t. I, p. 39.

pieds et le visage. Les brahmanes ont soin de donner l'exemple, et pour attirer sur eux une religieuse estime, ils se baignent jusqu'à trois fois par jour.

Perse. — Le Zend-Avesta prescrit plusieurs genres de purifications : le Padiay est l'ablution du visage, des bras, des mains et des pieds ; le Ghosel est l’ablution complète du corps. Certaines purifications ne pouvaient se faire qu'avec une eau consacrée le jour de l'Abkirkan, c'est-à-dire à la fête de l’eau lustrale.

L'enfant qui venait de naître était lavé trois fois avec de l’urine de bœuf, une fois avec de l’eau. Quand on lui avait imposé un nom, on le portait à l’Afeschgäh où le Mage achevait de le sanctifier, en le faisant passer au-dessus de la flamme de l'autel. A l’âge de sept ans, l'enfant retournait au temple où le Mobed le plongeait dans une cuve pour effacer les dernières traces de sa souillure originelle (1).

Chez les Parsis ou Guèbres, qui ont conservé en partie les rites prescrits par Zoroastre, le Daroo ou devin se rend à la maison du nouveau-né, tire son horoscope, lui impose un nom et le lave dans une eau où l’on a fait bouillir des fleurs odoriférantes. Si l’enfant meurt sans cette ablution, il n’en va pas moins dans le séjour

négligence qui a privé l'enfant d’une augmentation de mérite devant Dieu. Cette première ablution ne paraît pourtant point suffisante, puisqu'on porte ensuite l’enfant au temple où un prêtre le fait passer sous la flamme de l'autel, et verse sur lui une eau très pure avec une écorce de Hom, arbre qui croît surtout à Jezden. En certains endroits, on le plonge dans une cuve, en faisant également des prières pour la purification de son âme (2).

Les Persans attachent une telle importance aux ablutions, qu’ils renouvellent plusieurs fois par jour, qu’on a multiplié les fontaines et les réservoirs dans les rues et les maisons particulières. Quand Peau est courante, il suffit d'en prendre un simple filet pour se laver le visage, les bras, les mains et le bout des pieds ; mais si c'est de l’eau stagnante, il faut qu’elle soit en une certaine quantité requise par les casuistes. On trouve à ce sujet de curieux détails dans le

(1) Anquetil-Duperron, Zend-A vesta, 1, 368; n, 551; Clavel, Hist. des rep ll, Cr. (2) Hyde, Relig. Pers.; Lord, Histoire de la Relig. des anciens Persans.

des récompenses, mais les parents auront à rendre compte de leur

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