LIVRE I. — PROLÉGOMÈNES Gr
Traité de la purification, composé par l’ordre du roi Abas-le-Grand et dont Chardin a publié la traduction (1).
Les deux sectes musulmanes qui règnent en Perse ne sont point d'accord sur la valeur de certaines ablutions. Les Schiites accusent les Sunnites de violer les préceptes de Mahomet : 1° en se faisant verser de l’eau par leurs esclaves, ce qui n’est permis, disent-ils, qu’à ceux qui n’ont plus de bras ; 2° de verser l’eau dans le creux de la main et de la faire couler on au coude en relevant le bras, tandis que, selon eux, il faut jeter l’eau dans la jointure du bras et la faire couler jusqu’à l'extrémité des doigts.
Cine. — Les caractères gravés sur la baignoire du roi Tching- Thang lui disaient : « Renouvelle-toi complètement chaque jour ; fais-le de nouveau, encore de nouveau, toujours de nouveau (2). »
Une magnifique coupe en agate, rapportée des confins de la Chine, par M. Marchal, de Lunéville, représente une scène d'initiation tout à fait analogue à celle de la coupe assyrienne dont nous avons parlé plus haut. Deux pontifes, en regard l’un de l’au:re, versent sur la tête d'un initié, placé entre eux, les eaux pures de la rosée ou de la grâce céleste, comme l’indiquent les HéRReRÈEe interprétés par M. le chevalier de Paravey (3},
Tiger. — Au Thibet, en Tartarie et chez les Mogols, le nouveauné est lavé de la tête aux pieds. Après la récitation de diverses prières, on lui impose deux noms, l’un profane et choisi par un membre de la famille; l’autre, sacré, emprunté aux divinités du pays et conféré par le prêtre (4).
Japon. — Le grand prêtre bouddhiste verse sur la tête des néophytes une eau sacrée nommée Kanro (la rosée douce), en suppliant les dieux de remettre à l’initié ses péchés, de purifier son cœur et de le conduire à la perfection. Cette espèce de baptême s’accomplit dans l'ombre,
loin de tout regard profane.
MaraBar. — Vasco de Gama raconte que lorsqu'il pénétra pour la première fois chez les Malabares de Calicut, il fut introduit
1) Voyage en Perse, t. IV, pp. 55-104.
) Confucius, la Grande Étude, c. n,n.1.
) Ann. de Philos. chr., n. de mars 1853.
) J. Klaproth, Du Thibet, trad. par J. Reuilly, p. 37e
dans le temple par des prêtres qui secouaient sur lui une éponge gonflée d'eau. Pour achever la purification, ils lui mirent de la cendre bien pulvérisée sur la tête et sous les bras; ils en agirent de même à l'égard de tous les Portugais qui l’accompagnaient.