‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 44 sur 283 · LIVRE I. —— PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

LIVRE I. —— PROLÉGOMÈNES

un jour la joie de son époux, la consolation de ses parents. » Pendant cette cérémonie grotesque on chantait une hymne, qui se terminait par ce refrain :

Dieu bon, d’un crime imaginaire Pourrais-tu punir un enfant (1)?

Versailles est l’une des villes où persista le plus longtemps ce culte bizarre; établi en septembre 1777, dans l’ancien Reposoir, aujourd’hui temple protestant, il ne disparut qu’en 1800. « A la naissance, dit M. J.-B. Le Roi (2), on apportait le nouveau-né à la chapelle : il avait un parrain et une marraine. L'officiant le prenait et, l’élevant vers le ciel, disait au parrain et à la marraine : « Vous promettez devant Dieu « et devant les hommes de tenir lieu à cet:enfant, autant qu’il sera en « vous, de ses père et mère, si ceux-ci étaient dans l'impossibilité de « lui donner leurs soins? » Ils répondaient : « Nous le promettons. » « Puis, se tournant vers le père, il lui disait : « Vous promettez devant « Dieu et devant les hommes d’inspirer à cet enfant, dès l’aurore de sa « raison, la croyance de l'existence de Dieu, de l’immortalité de l'âme, et « de le pénétrer de la nécessité d’adorer Dieu, de chérir ses semblables « et de se rendre utile à la patrie? » Le père répondait : « Je le promets. »

TempLiers. — Les Templiers modernes ont une espèce de baptême qui fait partie de leurs rites secrets : c’est pour eux le symbole de Ia nécessité d’être sans tache aux yeux du Seigneur.

Francs-Maçons. — La Franc-Maçonnerie parodie le baptême dans ce qu’elle appelle l'adoption des jeunes louvetons ou baplême maçonnique. Le louveton ou jeune enfant reçoit un nom nouveau par lequel il sera désormais désigné dans la loge, comme Bienfaisance, Philanthropie, Indépendance, Progrès, etc. Le parrain prend pour lui en ces termes de sérieux engagements :

Le Vénérable : — F.:. parrain, vous connaissez l'agitation et les maux qui troublent le monde profane; on vient de vous rappeler l’œuvre de la maçonnerie; on vous a dit aussi quelles sont les qualités du vrai maçon; persistez-vous à demander l'entrée dans notre ordre pour le jeune louveton que vous nous présentez?

Le F,:. Parrain. — Je persiste, très Vén..

(1) Mag. pitt., t. XXIX, p. 197.

(2) Hist, de Versailles, t, I, p. 09.

Le Vénérable. — Promettez-vous de le suivre avec une vigilance constante dans le monde profane comme un bon et digne fils de maçon et de lui inculquer de bonne heure les principes et les vertus de notre institution ?

Le F.:. Parrain. — Oui, très Vén.'. ?

Le Vénérable touche successivement les paupières et les oreilles du louveton, lui met du miel sur les lèvres et lui plonge la main droite dans un bassin (1).

CarBonarI. — Dans un certain nombre de sociétés secrètes, par exemple chez les carbonari d'Italie, l'initiation comprend un baptême suivi d’un serment de fidélité aux lois de l’association. On donne le nom de fonts baptismaux à un tronc d’arbre qui est en même temps l’emblème du ciel et de la rotondité du monde. Le chandelier, la chandelle et l’'éteignoir représentent le Père, le Fils et l’Esprit-Saint. Le catéchumène est présenté à la vendita par deux parrains qui lui bandent les yeux et lui posent la main droite sur l'épaule. Le Président ou Haute Lumière baptise le candidat en lui jetant de l’eau au visage et en lui imposant un nouveau nom. Ces rites secrets ont été révélés dans le procès de l'Unité italienne, qui eut lieu à Naples en 1850 (2).

BAPTÈMES RADICAUX. — Dans certains départements du Midi, les libres penseurs radicaux ont essayé de remplacer les cérémonies du culte catholique par d’ignobles parodies. A Nimes, on a imaginé des baptêmes civils au Cercle de la Maison-Carrée. En 1873, à Toulon, on présentait des nouveau-nés au Cercle républicain et on les consacrait dévotement à la République. Dans les Bouches-du-Rhône, quelques enfants ont été baptisés soit avec du vin, soit avec du pétrole et voués au rouge. On lit dans les Droits de l’Homme (n° du 7 sept. 1876): « Hier soir, raconte l'Égalité de Marseille, a eu lieu la cérémonie civile par laquelle notre ami le citoyen Malaucène a voulu remplacer pour son dernier-né le baptême religieux. Notre collaborateur Clovis Hugues a été parrain, mademoiselle Louise Tardif a été marraine. Cette petite fête de famille s’est admirablement passée. Le poète de

(1) Ragon, Rüituel d'adoption des jeunes louvetons ; A. de Saint-Albin, les Francs- Maçons et les Sociétés secrètes, 2e éd., p.108.

2) Bresciani, Lionello, c. x; Constitution du Carbonarisme, pp. 51 et 62; les Sociétés secrètes et la Société, t. I, p. 220,

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