‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 72 sur 283 · LIVRE II. — INSTITUTION DU BAPTÈME CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

LIVRE II. — INSTITUTION DU BAPTÈME CHRÉTIEN

reçut la vertu de régénérer en donnant la vie spirituelle. Au reste, une grande preuve de cette vérité, c’est qu’au baptême de Notre-Seigneur, la sainte ‘l'rinité tout entière, au nom de laquelle on confère le baptême, manifesta sa présence. La voix du Père fut entendue, la personne du Fils était présente, et le Saint-Esprit descendit en forme de colombe. De plus, les cieux s’ouvrirent, comme ils s'ouvrent pour nous par le baptême. »

Quelques théologiens (1) se sont abstenus de préciser une époque déterminée et placent vaguement l'institution du sacrement entre le baptème de saint Jean et la mission donnée aux apôtres. D’après quelques autres (2), il faudrait chercher l'institution partielle et successive du baptème dans diverses circonstances réunies. Le Sauveur aurait indiqué la #atière dans l’ablution du‘Jourdain ; la forme, dans la mission donnée aux apôtres ; le but, dans l'entretien avec Nicodème ; la vertu, par l’effusion de l’eau et du sang qui, sur la croix, découlèrent

de son côté; l'effet, dans le dernier discours qu’il adressa à ses apôtres. (Marc, xvr, 16.)

(1) Scot, Gabriel, etc.

(2) Alex. de Halès, Albert le Grand, Melchior Cano, etc.

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Époque de l'obligation du Baptème

Les théologiens ont émis des opinions très diverses sur l’époque où le baptême institué par Notre-Seigneur devint obligatoire. Selon un très petit nombre, c’aurait été après l'entretien de Nicodème ; selon les uns, quand Jésus en eut donné l'exemple; selon les autres, quand il eut ordonné à ses apôtres de baptiser les nations; d’après ceux-ci, après le Consummatum est de la Passion ; d’après ceux-là, après la Résurrection ou après la descente du Saint-Esprit.

Hugues de Saint-Victor (1) établit trois périodes dans les temps apostoliques : l’une où la circoncision justifiait sans le baptème ; l’autre où la circoncision et le baptème justifiaient également, parce que la première n'était pas abolie complètement et que le second n'était pas suffisamment promulgué; la troisième où le baptème seul justifiait sans la circoncision. Mais l’auteur n’entreprend point de préciser les limites de chaque période.

Un anonyme du xrr siècle avait prétendu qu’à partir du moment où Jésus-Christ avait révélé à Nicodème la nécessité du baptême d’eau, personne n'avait pu être sauvé en dehors de ce sacrement, si ce n’est par le martyre. C’est en partie pour réfuter cette fausse opinion que saint Bernard composa son Traité du baptême qu’il adressa sous forme de lettre à Hugues de Saint-Victor. L'abbé de Clairvaux n'eut pas de peine à démontrer qu’une instruction faite en secret à un seul personnage n’a pu avoir immédiatement force de loi dans tout l'univers, et qu'une loi positive ne saurait être obligatoire quand elle n’est pas suffisamment promulguée.

D’après saint Thomas (2), le baptême eut toute sa vertu après l’immersion de Jésus dans le Jourdain, mais ne fut obligatoire qu'après la

(1) Lib. II De Sacram., part. VI, c. 1v.

(2) Part. III, q. 66, art. 2.

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