‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 77 sur 283 · LIVRE II, — INSTITUTION DU BAPTÈME CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

LIVRE II, — INSTITUTION DU BAPTÈME CHRÉTIEN

qu’elle recueillit, à l'exception de la rémission du péché qu’elle ne contracta jamais, elle mérita de très hauts degrés de grâce, par l’humilité avec laquelle elle reçut le sacrement qui fut établi pour la purification des âmes; de sorte qu'il lui arriva à peu près, relativement au mérite, ce que j'ai dit ailleurs de son très saint Fils, quoiqu'elle ait reçu seule l’augmentation de grâce dont Jésus-Christ n’était point susceptible. Elle fit ensuite un cantique de louanges avec les saints anges pour le baptême qu’elle avait reçu, et, prosternée devant son adorable Fils, elle lui en rendit de très humbles actions de grâces. »

On demanda à Catherine Emmerich si elle n’avait rien entrevu dans ses visions, relativement au baptême de la Vierge ; elle répondit que la plupart des apôtres avaient été baptisés par saint Jean-Baptiste à Ainon, que beaucoup de femmes l’avaient été à la piscine de Bethesda; qu’elle croyait que Marie l’avait été dans ce même endroit par l’apôtre saint Jean, après l’ascension du Sauveur, mais qu’elle n’en était pas bien sûre (1). ; |

Les théologiens qui admettent le baptème de Marie, disent qu’elle le reçut, non point pour obtenir la rémission d’aucun péché, mais par humilité, pour faire profession de la foi chrétienne et pour obtenir une surabondance de grâces. Suarez (2) va jusqu’à dire que le précepte du baptême était obligatoire pour la sainte Vierge, afin qu’elle fût unie à l'Église, soumise à sa juridiction et apte à recevoir les autres sacrements.

D’autres théologiens, beaucoup plus nombreux, n’admettent point ce baptême qui leur paraît injurieux pour la Vierge sans tache, complètement inutile pour celle dont la conception fut immaculée. Ils font remarquer que cette tradition orientale repose sur les témoignages d'écrivains dont l’autorité historique n’est pas d’une haute valeur.

ApPÔrres. Les apôtres ont-ils été baptisés ? Cette question est controversée. Nicéphore (3) nous a conservé le témoignage suivant d’Évode, successeur du prince des Apôtres sur le siège d'Antioche : « Pierre est le seul que Jésus-Christ ait baptisé de ses mains. Ensuite, Pierre baptisa André et les fils de Zébédée. Ceux-ci baptisèrent les autres apôtres. Quant aux soixante-dix disciples, ils furent régénérés par Pierre et par Jean surnommé le « théologien ». Sophrone, évêque de

(1) Op. cit., Vision du 4 juillet 1821.

(2) Quæst. LXXI, art. 4, disp. XXXI, sect. I, CEST 1 X, Cour.

Jérusalem, dit que Pierre baptisa de ses mains la sainte Vierge et André, qu’ensuite André baptisa Jacques et Jean, et que ces deux derniers conférèrent le sacrement aux autres apôtres (1).

Saint Augustin (2) voit un témoignage rendu par Jésus-Christ au baptême de ses Apôtres lorsqu'il dit à saint Pierre : « Celui qui est lavé n’a besoin que de se laver les pieds. » (Joan., xur, 10.) Une dame nommée Seleucienne avait été en rapport avec un Novatien dont l’opinion était que saint Pierre n’avait point été baptisé et que les apôtres s'étaient souvent contentés d'imposer une pénitence aux nouveaux convertis, sans les baptiser. Saint Augustin, consulté à ce sujet par Séleucienne, lui répondit que saint Pierre, quand il renia son divin Maître, avait reçu le baptême d’eau, mais non pas le baptême de l'Esprit-Saint dont les grâces l’inondèrent, comme les autres apôtres, au jour de la Pentecôte (3).

Tertullien (4) dit que, saint Paul excepté, les apôtres n’ont reçu que le baptème de saint Jean, et que Jésus-Christ leur a accordé une justification immédiate sans recourir au sacrement qu’il avait institué. Saint Chrysostome (5) a cru que les apôtres n’ont été régénérés que dans le Saint-Esprit, au jour de la Pentecôte. Mais les théologiens les plus autorisés (6) font remarquer que le silence de l’Écriture ne prouve rien, parce qu’elle n'avait pas à entrer dans ces détails et que les apôtres, connaissant le précepte de Jésus-Christ, ont dû s’y conformer.

Les Rois Maces. — D’après une ancienne légende qui avait encore cours au moyen âge, les rois Mages auraient été baptisés dans l’Inde ou dans la Perse et auraient ensuite évangélisé ces contrées.

NiconÈme. — Une autre tradition nous raconte que cet ancien pharisien qui défendit Jésus-Christ dans le Sanhédrin et qui partagea avec Joseph d’Arimathie le soin de l’ensevelir, reçut le baptême chrétien. Chassé de Jérusalem par les Juifs, il reçut une généreuse hospitalité chez son parent Gamaliel, et fut enseveli dans le tombeau de saint Etienne.

(1) De Bapt. apost., ap. Patr. gr.,t. LXXXVII, col. 3371. (2) Lib. II1 De anim., c. 1x.

(3) Epist. CCXCV ad Seleuc.

(4) De Bapt. c. xur.

(5) Hom. III in Act.

(6) Saint Thomas, Scot, Tolet, Bellarmin, Tournely, etc.

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