‹ Histoire du Sacrement De Bapteme (volume 2)Chapitre 76 sur 283 · LIVRE II. —— INSTITUTION DU BAPTÈME CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

LIVRE II. —— INSTITUTION DU BAPTÈME CHRÉTIEN

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Vincent Ferrier (1), ne mettent pas en doute l'échange de baptême fait dans le Jourdain. Ce fait est raconté de façons différentes dans les visions de diverses extatiques, comme la bienheureuse Véronique de Binasco, Catherine Emmerich, et Marie de Jésus d'Agréda. Cette dernière nous dit dans sa Cité mystique (2) : « Le grand Baptiste fut baptisé par le Rédempteur lui-même. Quoique l'Évangile dise seulement qu'il a demandé le baptême, il ne nie pourtant pas qu’il l'ait reçu, parce que sans doute Notre-Seigneur Jésus-Christ, après avoir été baptisé, aura donné à son Précurseur le baptême que celui-ci lui demandait, et que sa divine Majesté institua dès lors, quoique la promulgation et l’'application générale de cette loi n’aient eu lieu que plus tard, quand le Sauveur, après sa résurrection, prescrivit aux apôtres de conférer ce sacrement... J'ai également appris que saint Jean fut le premier-né du baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de la nouvelle Église qu'il établissait à l’ombre de ce grand sacrement, et que ce saint Précurseur reçut aussi le caractère de chrétien et une grande plénitude de grâces, quoique, ayant été justifié par le Rédempteur avant de naître, il n’eût pas besoin d’être purgé du péché originel. »

D’après les visions de Catherine Emmerich, saint Jean-Baptiste aurait été baptisé d’une manière miraculeuse, avant d’avoir commencé à baptiser les autres. « Je vis saint Jean-Baptiste, dit-elle (3), près d’une fosse desséchée dans le désert. C’était alors un homme robuste et parvenu à l’âge viril. Il paraissait prier, et il descendit sur lui une clarté, comme une eau lumineuse, qui me sembla venir de la hauteur où sont les eaux sur la montagne des Prophètes ; c'était comme un courant d'eaux lumineuses qui tombait sur lui et de là dans le bassin. Pendant qu’il regardait cette effusion, je ne le vis plus sur le bord du bassin, mais dans le bassin même; il était inondé de l’eau lumineuse, et le bassin en était tout rempli ; je le vis ensuite de nouveau se tenir sur le bord,comme au commencement. Je ne le vis pas descendre ni remonter, et je crois que c'était peut-être une vision qu’il eut pour lui faire connaitre qu’il devait commencer à baptiser, ou bien un baptême spirituel qu’il reçut dans sa vision. »

La tradition de saint Jean baptisé par Notre-Seigneur a été parfois accueillie dans l’iconographie du moyen âge, par exemple aux fonts du

(1) Serm. inoct. Epiph.

(2) Part. IL, IL. V, c. xxrv, n° o8r.

(3) Brentano, Vie de N.-S. J.-C., d'après les visions d'Anne-Cath. Emmerich, trad Cazalès, t. I, c. vi, p. 242.

baptistère de Florence, sculptés en 1470, et dans une miniature du x siècle d’une Bible conservée à la bibliothèque de Turin, où l’on voit Jésus enfant et saint Jean encore jeune dans les eaux du Jourdain, avec cette légende explicative : Wbi Christvs et Iohannes in lordane

flymine tincti fvervnt (1).

La Sanre Vierce. — Plusieurs écrivains orientaux, comme Évode, Sophrone, Nicéphore, Euthyme, ont prétendu que Marie avait été baptisée, soit par Jésus-Christ, soit par saint Pierre ou bien par saint Jean l’évangéliste. Des théologiens du moyen âge (2) et des temps modernes (3) ont soutenu la vérité de cette tradition. Le Père Menochius va jusqu’à préciser l’époque même de ce baptême qui aurait eu lieu sur les bords du Jourdain, cinq ou six mois après les Noces de Cana, alors que la Mère du Sauveur avait environ quarante-cinq ans.

Les Légendes apocryphes de Notre-Dame placent son baptême immédiatement avant la dispersion des apôtres. Marie de Jésus d'Agréda expose ainsi (4) la révélation qu’elle eut à ce sujet :

« Marie pria son très saint Fils de lui donner le sacrement de baptême qu’il avait institué et qu'il lui avait déjà promis. Pour le célébrer avec la solennité digne d’un tel fils et d’une telle mère, une multitude innombrable d’anges descendirent du ciel par la volonté divine sous une forme visible. Et en leur présence, Jésus baptisa sa très pure mère. Alors on entendit une voix du Père éternel qui dit : Voici ma fille bien-aimée en qui je trouve mes complaisances. Le Verbe incarné ajouta : Voici ma mère, que je me suis choisie el que j'aime tendrement ; elle m'accompagnera en toutes mes œuvres. Une autre voix, celle du Saint-Esprit, dit: Voici mon épouse et mon élue entre mille. Marie ressentit en même temps des effets si divins, et son âme recut tant de faveurs et tant de lumières qu’il n’est pas possible de l’exprimer; car elle fut plus élevée en grâce, la beauté de son âme très sainte eut un nouvel éclat, toutes ses excellences furent rehaussées, et le divin caractère dont ce sacrement marque les enfants de Jésus-Christ en son Église, brilla en elle de toute sa céleste splendeur. Indépendamment des autres avantages que le sacrement communique par lui-même et

(1) Codic. mss. biblioth. reg. Taurinensis, t. IL, p. 26.

(2) Albert le Grand, saint Antonin, saint Vincent Ferrier, Scot, Soto, etc.

(3) Vasquez, Th. Raynaud, Suarez, Sarnelli (Lettere eccles., t. IX, let. 21 et 22), M. le charoine Philip (Confér. théol., t. II, p. 307), etc.

(4) Op. cit., c. xxx, n. 1030.

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