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LIVRE XII. — DES PARRAINS ET MARRAINES

d'ondoiement ou de baptême privé; 5° les parrains par procuration, c’est-à-dire délégués par les véritables parrains, pour remplir leur

office ; 6° enfin, les parrains de confirmation, dont nous n'avons pas à nous occuper dans cet ouvrage.

ARTICLE II

De l'extension donnée au mot parrain

C'est par extension qu’on a donné le nom de parrain à la personne qui en présente une autre comme candidat, afin de la faire admettre dans une association, un cercle, une société savante, etc., ou qui sert de témoin dans certaines cérémonies religieuses ou civiles.

Les Juifs modernes admettent un parrain (pater fœderis) et une marraine pour la circoncision d’un enfant. La marraine est chargée de le conduire à la synagogue et de l’en ramener. Le parrain tient l'enfant sur ses genoux pendant l'opération ; mais c’est le m#ohel ou circonciseur qui, en général, lui impose le nom choisi par les parents.

Il y avait des parrains pour l'engagement que prenaient dans les abbayes les enfants en bas âge dont les parents faisaient l’oblation. Ces jeunes novices, qu'on appelait perits religieux, étaient revêtus d’un costume particulier ; voici, d’après M Félicie d'Ayzac (1), comment se pratiquait l'engagement à l’abbaye de Saint-Denis : « En cette occurrence, l’un d’entre les frères était désigné pour servir de parrain à l’enfant, c'est-à-dire pour tenir la place de sa famille, s'engager à Dieu en son nom et le présenter à l’autel. Au moment de l’offertoire de la grand’messe, l'enfant présentait l’hostie posée sur la patène d’or et le calice étincelant où était versé le vin sacré. Comme au premier jour de son oblation, on enveloppait sa main de la nappe qui couvrait l’autel ; ensuite on le revêtait de la coule, après qu’elle avait été bénite par l'abbé. À ce moment, une voix grave, celle du parrain de l'enfant, s'élevait dans le sanctuaire. « Moi, frère... remplaçant ici les parents, « j'offre à Dieu et à ses martyrs, saint Denis, saint Rustique et saint

(1) Hist. de l’abbaye de Saint-Denis, t. I, p. 10.

« Éleuthère, dont les reliques y reposent, cet enfant dont la main « chargée de l’offrande et de la cédule est enveloppée de la nappe de cet « autel. Je le donne aux mêmes martyrs, en présence du père abbé et « de ceux qui nous environnent, pour garder la stabilité et vivre soumis « à la règle, de sorte qu’il ne lui soit plus permis de se dérober à son « joug, mais qu’il sache qu’il la doit suivre. » Cet engagement prononcé, le jeune oblat se trouvait lié pour toute sa vie ; il cessait irrévocablement de s’appartenir ; il ne pouvait plus rentrer dans le siècle; mais la règle était désormais l'âme de sa vie et les injonctions des constitutions son unique loi. Néanmoins la bénédiction solennelle de toute sa personne était ajournée jusqu’à ce qu’il eût atteint l’âge de quinze ans. Ce jour arrivé, l'abbé lui donnait la bénédiction de novice, mais il ne bénissait point de nouveau sa coule, et l'enfant n’était ni dépouillé ni revêtu d'aucune partie de l’habit, puisqu'il avait déjà tout reçu. »

Dans les ordres militaires, un parrain assistait le nouveau chevalier dans la cérémonie de sa réception. On trouve un reste de cet usage dans le parrain décoré qui, au nom du Grand Chancelier, remet aujourd’hui la croix de la Légion d'honneur au nouveau chevalier de cet ordre.

Dans les combats singuliers, il y avait des parrains qui réglaient les conditions de la lutte et étaient les témoins du duel. Il en fallait quatre dans les jugements de Dieu et dans les tournois. Cet usage s’introduisit plus tard dans les carrousels, où chaque quadrille devait avoir au moins deux parrains.

On appelle également de ce nom celui que choisit un soldat condamné à mort pour lui tirer le premier coup. A Goa, on désignait ainsi les membres d’une confrérie qui accompagnaient les condamnés à l’échafaud.

En Picardie, on appelait parrain à chandelle celui qui portait le cierge dans un cortège baptismal; c'était souvent un frère du nouveau-né,

On a donné le nom de marraïnes à certaines grandes villes qui, par des traités spéciaux, avaient pris sous leur protection quelques petites localités. Ainsi Bordeaux, dès la fin du xrv° siècle, était la marraine d’une espèce de république fédérative, composée de Bourg, Blaye, Saint-Emilion, Libourne, Castillon, Saint-Macaire, Cadillac et Rions : ces petites villes s’appelaient les Fi/leules de Bordeaux (1).

(1) O’Reïlly, Hist. de Bordeaux, p. 537.

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