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CHAPITRE II

Des noms des parrains

Nous nous occuperons d’abord des divers noms des parrains et ensuite de l'extension donnée à ce mot.

ARTICLE I

Des divers noms donnés aux parrains et aux marraines

Les termes de parrain et de marraine dérivent de patrinus et matrina, que nous ne voyons apparaître qu’à partir du vin siècle (x). On n’est point d'accord sur l’étymologie de ce dernier mot. On l’a fait dériver de parartus, caution, répondant (2), de pater divinus, père divin (3), de patrimus, nom qu’on donnait chez les Romains àcelui qui, ayant encore son père et sa mère, était chargé de conduire et d’accompagner l'épouse dans la cérémonie des noces (4). Le plus généralement, on y voit un diminutif de pater, parce que le parrain contracte une espèce de paternité spirituelle avec l’enfant : aussi est-il appelé parfois tout simplement père ou père spirituel, tandis que la marraine est appelée mère (5). Les mots de compère et de commère (6) expriment

(1) Conciles de Metz (753), de Calcut en Northumbrie (787), de Paris (829); Wal. Strab., De Reb. eccles., c. xxvi ; Ivo Carnut. Serm. s. arar. dedicat.

(2) Bachelet et Dezobry, Dict. des Lettres et des Beaux-Arts, v9 Parrain.

(3) Conf. eccles. du diocèse de Troyes, 1848, p. 147.

(4) Claude de Vert, Cérém., t. Il, c. 11, p. 308.

(5) Césaire, Serm., Lxvur, n. 5 ; Domnisus, Vif. Mathildis, c. 1, Aimoin, Hist., 1. I, c. vi; Actes de S. Epiphane de Salamine, de sainte Rictrude, de sainte Gudule, etc.

(6) Concile de Mayence (813).

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encore mieux le partage de la paternité, idée qui s’est perpétuée dans

la plupart des langues et des patois (1).

Beaucoup d’autres expressions ont été usitées antérieurement pour désigner les parrains, On les appelle suceptores, susceptores, suceptrices, àvaddyor (2), ävadéyoum, parce qu’ils recevaient les néophytes

au sortir des fonts sacrés ; gestantes, parce qu’ils portaient dans leurs

bras les enfants qu’ils présentaient aux fonts ; adducentes, porrigentes, afferentes, offerentes, paranymphi, mposuyovres, parce qu’ils amenaient et présentaient leur filleul à l’évêque ou au prêtre; fiderjussores, fideidictores, fidediciores, sponsores, vades, parce qu'ils se font les répondants et les cautions de leur pupille spirituel; #”#atores, parentes initiales, arbitri initiationis, duces viæ, fidet ductores, fidei doctores, parce qu’une de leurs missions était de l’initier à la foi; testes, protestantes, paprwpss, parce qu'ils devaient témoigner des bonnes dispositions des Catéchumènes. Au moyen âge, on trouve encore : curalores, nutricii, patres lustrafi, paires ex layvacro, parentes lustrici, parentes mystici, profilentes, promissores, propatres, patritii, sanctuli, etc.

Les filleuls sont appelés suscepti, filir, filiæ, profil, filioli (3), filiastri; filit initiales, spirituales, lustrici, etc.

Dès le vri° siècle, le parrain et la marraine, considérés dans leurs rapports mutuels, sont appelés compatres, commatres, compères, commères. Dans le centre de la France, le mot parrinage s'applique collectivement au parrain et à la marraine.

On peut distinguer six genres de parrains : 1° les parrains de catéchuménat, qui avaient pour fonction de préparer le récipiendaire à la foi et d’être son présentateur et son répondant auprès de l’évêque (4) ; 2° les parrains de cliniques, c’est-à-dire des adultes malades qui se trouvaient dans l'impossibilité de répondre eux-mêmes aux interrogations ; 3° les parrains d’adultes valides, baptisés soit aux époques liturgiques, soit, par nécessité, en d’autres temps ; 4° les parrains

(x) Allemand, Godsib (parent en Dieu); anglais, God Father, God Mother; italien, Patrino ; catalan, Padri; espagnol, Padrino, Madrina; portugais, Padrinho; provençal, Pairi, Mairina; roman, Parrin, Marrine. À

(2) Les Grecs modernes disent encore dvédoxos, dans le langage liturgique ; mais, dans le style familier, on dit plus communément vouvès ou xouuTatpos. À

(3) Concile de Leptines (783).

(4) Raoul Glaber, dans sa Chronique, nous dit que le roi Bérenger fut parrain de son fils pour le catéchuménat, et que plus tard sa femme en fut la marraine pour le baptémess

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